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Isabelle (couleur)

nom de couleur de robe de cheval
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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Isabelle.
Ne doit pas être confondu avec Gène dun.
Isabelle

Robe du cheval

Description de cette image, également commentée ci-après
Cheval Quarter Horse isabelle.
Génotype
Notation CRcr
Robe de base Bai
Dilution Gène crème
Phénotype
Corps Tons jaunes, avec bas des membres noir
Crins Noirs
Fréquence
Porteur(s) Rare. Races américaines, Akhal-teke, Henson.

Isabelle est un nom de couleur ancien, désignant une gamme de jaunes-orangés grisâtres.

Il a surtout cours dans le domaine de l'hippologie, où la robe isabelle caractérise un cheval au pelage dans les tons jaune sable, avec les crins et l'extrémité des membres noirs[1]. Le nom « isabelle » est ambigu dans la nomenclature française, car il peut correspondre à au moins trois robes du cheval génétiquement distinctes. Par défaut, cependant, « isabelle » désigne la robe baie diluée par un unique allèle du gène crème, celle issue du gène dun étant nommée « bai dun ». Elle correspond à la robe que l'on nomme « buckskin » en anglais. Elle est assez rare, mais se retrouve fréquemment chez les races américaines et l'Akhal-teke.

En dehors de l'hippologie, on parle aussi de robe isabelle pour les carlins dont le pelage n'est pas entièrement noir.

Étymologie et terminologieModifier

Le nom de couleur isabelle est attesté en français depuis 1595. Son origine est obscure. Pour A. Dauzat[2], elle serait arabe[3].

Un récit légendaire explique comment un prénom comme Isabelle peut désigner une couleur[4]. Une Isabelle, dirigeant les armées durant un siège, aurait fait le vœu de ne pas changer de chemise tant que la place ne serait pas prise. Le siège durant, cette chemise aurait pris une couleur gris-jaunâtre. « En attendant les preuves diplomatiques de cette étymologie, je rapporte l'historiette pour ce qu'elle vaut ; si non è vero, è ben trovato », écrit Auguste Scheler en 1862 dans son Dictionnaire d'étymologie française. C'est que pour certains, à partir du XVIIIe siècle, il s'agit de l'archiduchesse Isabelle d'Autriche, fille du roi d'Espagne Philippe II et gouvernante générale des Pays-Bas espagnols, célèbre pour avoir participé au siège d'Ostende (1601-1604)[5],[6],[7]. Cette version résiste mal à l'examen, le terme étant attesté avant l'anecdote[8]. Une autre version publiée à partir de 1829 attribue la même action à la reine Isabelle la Catholique, lors du siège de Grenade en 1491[9]. Aucune source d'époque n'atteste les faits[10].

« Cheval de couleur isabelle » est attesté en 1631[11], « Cheval isabelle » en 1681[12], « Robe isabelle » en 1825[13] et défini en 1870[14].

Le terme français de « robe isabelle » pose un problème terminologique puisqu'il peut correspondre à plusieurs robes aux génotypes différents, mais aux phénotypes assez proches. Chez les anglophones, la robe des chevaux portant le gène dun est nommée « bay dun » (pour les bases baies) ou « red dun » (pour les bases alezanes). Elle est classée différemment des isabelles porteurs du gène crème, nommés « buckskin ». En France, les chevaux correspondant à « bay dun », à « red dun » et à « buckskin » sont tous trois nommés des « isabelle ».

Robe isabelleModifier

La robe isabelle consiste en un pelage dont les tons vont du jaune pâle au noisette, en passant par le café-au-lait, le sable et le doré. Les chevaux isabelle ne changent pas (ou très peu) de couleur au cours de leur vie. Ils ont toujours la peau foncée, sauf sous leurs marques blanches, où elle est rose. Les crins et l'extrémité des membres sont noirs, sauf si l'animal est un porteur du gène dun, ou gène sauvage, qui lui donne des marques primitives, comme c'est le cas chez les Przewalski et les Fjords. Les chevaux Fjords ont la particularité d'avoir une crinière bicolore, et assez peu de noir au bas des membres.

On distingue :

  • Isabelle, qui est la couleur de base parmi les robes isabelle, correspondant au buckskin anglo-saxon.
  • Isabelle sauvage, avec le gène dun, le cheval a des zébrures sur les membres et une raie de mulet.
  • Isabelle pangaré, quand l'animal présente une décoloration du nez, du contour des yeux, du ventre et de l'intérieur des membres. Cette particularité est fréquente chez les races primitives.

Enfin, certains chevaux porteurs du gène champagne sont très proche visuellement parlant des chevaux isabelle. Ils sont classés comme étant des isabelles en France, alors que l'origine génétique de leur robe est différente.

FréquenceModifier

La robe isabelle est assez rare chez le cheval. On ne la trouve pour ainsi dire jamais chez les chevaux de sang, par contre, elle est commune chez les races anciennes. Les porteurs les plus célèbres sont le cheval de Przewalski (qui ne présente que cette couleur) et le Fjord (90 % de chevaux classés isabelle). Le Henson, issus de croisements avec le Fjord, est lui aussi isabelle. Les Highlands écossais et les Sorraias, chevaux primitifs portugais la portent souvent aussi.

Le Fjord présente de plus des marques sauvages (nommées dun) qui lui donnent des crins bicolores. L'Akhal-Teke, le Criollo, le Connemara, l'Islandais, les Lusitaniens, les Mustang, les Poitevin mulassier et le New Forest peuvent aussi présenter cette robe.

ConfusionsModifier

Les chevaux isabelle sont assez rares, ainsi, ces robes peuvent être confondues avec l'isabelle.

ClassificationModifier

Article connexe : Robe (cheval).

La robe isabelle est rattachée en France au groupe des robes baies avec le bai et le souris. Elle est décrite comme une robe où le corps de l'animal est recouvert de poils ayant une teinte jaune, tandis que les crins et le bas des membres sont noirs[1].

GénétiqueModifier

Selon une étude scientifique, l'isabelle serait causé par un gène dominant[15] localisé sur le chromosome 21 du cheval (ECA21). Ce gène peut agir sur toutes les autres robes équines[16].

Chevaux isabelle célèbresModifier

  • Spirit, l'étalon des plaines dans le film d'animation éponyme, est un mustang isabelle avec des marques sauvages.
  • Cisco, le Quarter horse de Kevin Costner dans Danse avec les loups. [1]

Couleur isabelleModifier

Le nom de couleur isabelle est attesté avant de s'appliquer à une robe de cheval. Furetière la définit comme un « un jaune bien lavé », et commente : « les jupes isabelles ont été longtemps à la mode, parce que c'est une couleur douce[17] ».

En 1861, Michel-Eugène Chevreul l'inclut dans sa liste des « Noms de couleur le plus fréquemment usités dans la conversation et dans les livres », le cote 1 orangé-jaune du 1 au 2 ton et rend compte de la très sérieuse investigation qu'il a faite de la légende de son origine dans le linge souillé uniquement par la sueur, d'où il tire sa cotation de la couleur[18]. « La couleur de la prune de mirabelle, qu'on rapproche de la couleur Isabelle, est le 3 orangé-jaune »   9 10 et 11 tons. Mais isabelle de garance est aussi un nom de couleur de l'Instruction pour la teinture des laines de 1671, qu'il a pu aussi étudier, en tant que directeur de la Manufacture des Gobelins. Ce nom de nuances classées parmi les couleurs de chair, désigne dans la classification de Cheveul des 2 à 5 orangé du 5 au 9 ton, plus ou moins rabattus, c'est-à-dire plus ou moins grisâtres[19].

Isabelle de garance de la Manufacture des Gobelins (sans les nuances rabattues)
ton 2 orangé 3 orangé 4 orangé 5 orangé
5        
6        
7        
8        
9        

Le Répertoire de couleurs de la Société des Chrysanthémistes donne en 1905 quatre nuances entre fauve et pitchpin que suit mastic[20].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Galops 1 à 4, nouveaux Examens D'équitation, Vigot, , p. 137.
  2. Dictionnaire étymologique & historique du français, Jean Dubois, Henri Mitterand, Albert Dauzat. Larousse, 2007[source insuffisante].
  3. L'Intermédiaire des chercheurs et curieux[source insuffisante]
  4. Trésor de la langue française.
  5. Petites ignorances de la conversation, Charles Rozan, Lacroix-Comon, 1856.
  6. La Géographie universelle, Volume 1. Jean Hubner, Jean Rodolphe Im-Hof, 1746.
  7. Catherine Ancelet, Les fondamentaux de l'équitation: galops 1 à 4, éditions Amphora, 2006, (ISBN 2851807072 et 9782851807076), p. 58 ;
  8. D'autant plus que le nom de couleur Isabella, désignant les mêmes teintes est attesté en Anglais en 1600, selon l'Oxford English Dictionnary.
  9. Dictionnaire de l'Académie française, 9e édition, « Isabelle », sur www.cnrtl.fr.
  10. « Nulle allusion à l'origine du nom, touchant l'histoire d'Isabelle la catholique ou celle de l'Infante Isabelle », voir Madame d'Aulnoy et Philippe Hourcade, Contes: Contes nouveaux, ou Les fées à la mode, Société des textes français modernes, 1998, (ISBN 2865032515 et 9782865032518), p. 554
  11. Théophraste Renaudot, « La magnifique entrée de la Reine de Suède en la capitale ville de Stockholm pour son couronnement », Gazette, Paris,‎ , p. 1550 (lire en ligne).
  12. « Le Mercure Galant », .
  13. Recueil de médecine vétérinaire, Paris, Vigot, (lire en ligne), p. 276
  14. Félix Lecoq, Traité de l'extérieur du cheval et des principaux animaux domestiques, Paris, 4, (lire en ligne), p. 466
  15. (en) Introduction à la génétique des robes, Veterinary Genetics Laboratory, consulté le 6 mars 2009
  16. Génétique des robes
  17. Antoine Furetière, Dictionnaire universel, (lire en ligne).
  18. Michel-Eugène Chevreul, « Moyen de nommer et de définir les couleurs », Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France, t. 33,‎ , p. 133 (lire en ligne). La longueur d'onde dominante pour le 1 orangé-jaune est, selon les indications p. 29 et p. 48, λ = 585 nanomètres ; le ton correspond à la clarté en niveaux visuellement régulièrement espacés de 0 (blanc) à 21 (noir) ; 1 ton vient donc L* = 95,2% (luminance Y = 0,882) et 2 ton L* = 90,5% (Y = 0,773) ; éclairant soleil direct (D55)
  19. Chevreul 1861, p. 117.
  20. Henri Dauthenay, Répertoire de couleurs pour aider à la détermination des couleurs des fleurs, des feuillages et des fruits : publié par la Société française des chrysanthémistes et René Oberthür ; avec la collaboration principale de Henri Dauthenay, et celle de MM. Julien Mouillefert, C. Harman Payne, Max Leichtlin, N. Severi et Miguel Cortès, vol. 2, Paris, Librairie horticole, (lire en ligne), p. 309.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • [Tsaag Valren et Népoux 2019] Amélie Tsaag Valren et Dr. Virginie Népoux, Beauté des chevaux, le mystère de leurs robes, Éditions France Agricole, , 256  p. (ISBN 9791090213982)