Indignité successorale en France

En France, le droit des successions prévoit des cas dans lesquels des personnes, qui devraient en principe pouvoir hériter, sont exclues par le jeu de l'indignité successorale.

L'héritier qui a commis une faute grave est exclu, ou peut être exclu selon certains cas, de la succession d'une personne dont il devrait hériter. Selon le cas, la déclaration d'indignité peut être obligatoire ou simplement facultative. Elle est prononcée après l'ouverture de la succession par le tribunal judiciaire à la demande d'un autre héritier.

Cas d'indignitéModifier

L'indigne est automatiquement exclu de la succession s'il a été condamné, comme auteur ou complice :

  • pour meurtre ou tentative de meurtre contre le défunt,
  • pour avoir porté des coups ou bien commis des violences ou des voies de fait ayant entraîné la mort du défunt sans intention de la donner.

Un héritier peut être déclaré indigne de succéder lorsqu'il a été condamné :

  • pour avoir volontairement donné ou tenté de donner la mort du défunt,
  • pour avoir volontairement commis des violences ayant entraîné la mort du défunt sans intention de la donner,
  • pour témoignage mensonger porté contre le défunt dans une procédure criminelle,
  • pour s'être volontairement abstenu d'empêcher soit un crime soit un délit contre l'intégrité corporelle du défunt d'où il est résulté la mort, alors qu'il aurait pu le faire sans risque pour lui ou pour un tiers,
  • pour dénonciation calomnieuse contre le défunt lorsque, pour les faits dénoncés, une peine criminelle était encourue.

Déclaration d'indignitéModifier

La demande de déclaration d'indignité est formée par un autre héritier, ou en l'absence d'héritier, par le ministère public.

Le délai pour former la demande est de 6 mois à compter du décès lorsque la décision de condamnation ou de déclaration de culpabilité est antérieure au décès, ou bien de 6 mois à compter de cette décision si elle est postérieure au décès.

Cas où l'héritier indigne peut succéderModifier

L'héritier déclaré indigne peut succéder lorsque le défunt, après les faits et à la connaissance qu'il en a eue, a précisé, par une déclaration expresse dans un testament, qu'il entend le maintenir dans ses droits héréditaires ou lui a fait une libéralité universelle ou à titre universel.

Droits des descendants de l'indigneModifier

Les descendants de l'indigne ne sont cependant pas exclus de la succession, ils peuvent représenter ce dernier au moment de l'ouverture de la succession.

Voir aussiModifier