Guillaume de Capraia

Guillaume de Capraia
Fonctions
Juge d'Arborée
Prédécesseur Pietro II d'Arborée
Successeur Mariano II d'Arborée
Biographie
Date de décès
Père Ugo fils putatif de Guido Burgudione di Capraia
Mère Jacobina
Conjoint Fille de Ildebrandino Gualandi Cortevecchia
Enfants Nicolò
Guglielmino
Religion Catholique

Guillaume de Capraia (mort en 1264) (italien : Guglielmo da Capraia) est Juge d'Arborée de 1241 à sa mort en 1264.

Origine incertaineModifier

L'origine de Guillaume da Capraia demeure incertaine ce qui ne permet pas de connaître avec précision l'origine des droits qu'il revendiquait sur le Judicat d'Arborée et le Cagliaritano. Guillaume est traditionnellement considéré comme le fils d'un certain Bertoldo qui en 1221 est reconnu par le pape Honorius III comme seigneur d'Usellus en Arborée, et qui serait le fils d'Anselmo di Guido Borgudione. Toutefois l'idée prévaut désormais que Guillaume est le 3e fils d'un certain Ugo fils putatif de Guido Burgudione di Capraia dont les deux frères ainés Rodolfo et Anselmo reçoivent du pape Honorius III la confirmation de leurs droit sur ce même Usellus. Cet Ugo aurait épousé Bina (c'est-à-dire Jacobina), épouse répudiée vers 1191 de Pierre Ier d'Arborée. De plus Pietro II d'Arborée aurait épousé avant 1228 Diana Visconti propre nièce d'Ugo comme fille de sa sœur Contessa et d'Ubaldo Visconti de Pise Juge de Gallura. Du fait de ses liens familiaux étroits Guillaume apparaît dès 1238 comme un proche de Pietro II de Bas dont la mère était en outre une certaine Guisiana da Capraia [1].

UsurpationModifier

Le jeune Guillaume occupe une place prépondérante à la cour de son parent Pietro II de Bas, dont il fait partie des fidèles et porte le titre de « donnicello », réservé aux membres de la famille du Juge. À la mort de Pierre II en 1241 il s'empare progressivement Judicat au détriment de l'héritier légitime mineur Mariano de Bas né tardivement du dernier mariage de Pietro II d'Arborée. Guillaume da Capraia se conduit comme « usurpateur bienveillant » qui garde auprès de lui Mariano l'héritier légitime, exerce le gouvernement avec modération, ménage les notables du Judicat d'Arborée et soutient la politique de Pise mais il reste beaucoup plus circonspect envers le Saint-Siège, dont Pietro II d'Arborée avait été un vassal fidèle[2].

RègneModifier

Après la mort de Frédéric II du Saint-Empire en 1250, La prédominance de la Papauté sur l'Empire dans la politique de l'époque est inconstatable. La situation devient lourde de menace et oblige Guillaume à des compromis. En fait, au cours de l'été 1250, il demande la reconnaissance par la Curie romaine de son pouvoir sur le Judicat et l'obtient le 29 septembre. Il renforce sa position et pour mieux gouverner, il accorde des faveurs aux marchands de Pise et Marseille le à Oristano qu'il étend à d'autres marchands français le . En relation avec les plus grandes familles de Pise, il épouse une fille de Ildebrandino Gualandi Cortevecchia avec qui il a un fils, Nicolò, tandis que son neveu Bertoldo d'Anselmo s'unit avec Teccia di Gherardo comte de Donoratico. D'autres familles sont favorisés: par exemple les Sighelmi, qui avaient déjà été en relation avec Rodolfo da Capraia. Cette politique pro pisane de Guillaume préoccupe Innocent IV qui avait été dans l'obligation d'assisté impuissant à l'extension de l'hégémonie de Pise sur la totalité de la Sardaigne à l'exception de Turritano.

Une première tentative pontificale de limiter l'autonomie de Guillaume en 1252 reste dans effets appréciables. La situation change lorsque Giuanni (Chianu) Trogodori V Juge de Cagliari (1254-11256), lassé de l'hégémonie de Pise sur ses domaines et en particulier sur sa capitale, décide de s'allier avec Gênes en 1256 et obtient à la même époque la citoyenneté Génoise. Le château de Cagliari est arraché aux Pisans et malgré la mort de Chianu en , la guerre continue Guillaume y joue un rôle primordial. Une tentative de médiation, du pape Alexandre IV et de l'archevêque de Cagliari, qui a été nommé pour la circonstance Légat pontifical reste sans suite.

Guillaume prend le titre de « generalis vicaire Pisanorum existentium  » en Sardaigne et commande le long siège de Cagliari. La cité est finalement reprise et plus tard son action par terre, combinée avec celle d'Otto Gualduccio sur mer, oblige le dernier bastion génois à Cagliari, le château de Saint-Igia à faire sa reddition le 20 juillet, 1257.

Le résultat de la campagne est qu'après l'expulsion en 1258 du Juge Guglielmu III Salusi VI qui se réfugie à Gênes où il meurt peu après sans descendant, le Judicat de Cagliari, libéré de la menace génoise est divisé en trois parties, attribuées respectivement, en fief aux comtes de Capraia Juges d'Arborée, aux Visconti Juges de Gallura et à Gherardo Ier Gherardesca. Ce sont ces familles qui dominent la Sardaigne et par le biais desquelles Pise contrôle l'île pendant la période comprise entre 1257 et 1284 caractérisée par son l'hégémonie quasi absolue sur elle.

À cette époque Guillaume considéré comme « magnificus vir dominus Guilelmus, comes Caprarie, iudex Arboree et tertie partis regni callaritani » devient l'élément principal du groupe dirigeant pisan en Sardaigne: Il reprend à son compte l'ancienne ambition des Juges d'Arborée de soumettre à leur domination Logudoro, et la poursuit en dépit du fait que la relation entre Gênes et Pise enregistre à partir de 1258, à une phase de détente.

Après la mort du Juge Adelasia de Torres en 1259 avait éclaté un affrontement entre les familles Doria et Spinola d'une part qui avait des prétentions sur Logudoro et d'autre part Ugolin Gherardesca comte de Donoratico qui protégeait comme vicaire les droits du roi Enzio, toujours prisonnier à Bologne, et aussi ceux de son propre fils Guelfo, époux la fille de ce dernier Elena (morte en 1272). Guillaume penche pour le parti d'Ugolin et tente mettre la main sur certains châteaux du Logudoro. Mais l'entrée en scène de Manfred à Gênes décidé à soutenir les revendications des Doria change la situation Ugolin di Donoratico se range aux côtés de Manfred suivit en cela par la république de Pise. Guillaume continue seul l'offensive dans le Logudoro procédant à l'attaque du château de Goceano qui résiste farouchement. Il trouve un nouvel allié dans le pape Urbain IV qui en intervient de façon décisive en sa faveur en proclamant la « croisade » contre Manfred de Sicile[3].

Fin de règne et successionModifier

Pise tente une fois de plus à régler la question pacifiquement et de ramener Guillaume dans la ligne de sa politique par le biais de son archevêque, Federico Visconti, frère du Juge de Gallura et apparenté à Guillaume, comme fils de Contessa da Capraia. Feredico Visconti vient dans l'île en pour une « visite pastorale » dont le but politique est évident; bien que légat pontifical il veut soutenir la cause de Manfred, ce qui, naturellement, soulève les protestations du pape. Guillaume, pour sa part, ne veut pas rompre avec un parent qui était de plus un émissaire de son pays natal, après avoir évité un premier entretien, il doit aller à sa rencontre, lui rendre hommage, et passer avec lui la Pentecôte. Cependant en pratique, il ne se laisse pas dissuader d'abandonner sa ligne politique : en juin, quand l'archevêque quitte la Sardaigne, la guerre continuait. Guillaume ne réussit pas à soumettre le Logudoro. Il meurt peu après dès 1264, sans même avoir été en mesure de s'emparer du château de Goceano.

Guillaume de Cappraia laisse deux fils mineurs, Nicolò et Guglielmino, qui étaient considéré comme illégitimes. Dans son testament il léguait ses biens en Sardaigne à Nicolò sous la tutelle du « donnicello » Mariano de Bas et avec la clause que si son fils mourrait encore mineur et sans descendant, l'héritage devrait passer à son second fils Guglielmino. En juin 1265, une convention entre la République de Pise et « Marianus donnicellus, Arboree baiulus » pour le compte de son pupille Nicolò, renouvelle la vassalité du Judicat d'Arborée envers Pise et leur citoyenneté pisane, vient encore confirmer la domination de la cité. Mais rapidement Mariano, emprisonne Nicolò, qui meurt ensuite vers 1270 sans descendant, et sans tenir compte des droits de Guglielmino, Mariano II d'Arborée s'empare du pouvoir et se proclame Juge d'Arborée, seigneur du tiers du Cagliaritano et vicaire de l'église pour le Logudoro. C'est ainsi que se termine la souveraineté de la famille da Capraia en Sardaigne[4].

Articles liésModifier

Notes et référencesModifier

  1. (it) A. Boscolo, La Sardegna dei Giudicati, Cagliari, della Torre, 1979 p. 182-183.
  2. (it) A. Boscolo, op.cit p. 182-183.
  3. (it) A. Boscolo, op.cit p. 184-186.
  4. (it) A. Boscolo, op.citp. 187-189.

SourcesModifier

Lien externeModifier