Guillaume Couillard

charpentier, matelot et calfat français

Guillaume Couillard, sieur de L'Espinay (vers à Saint-Servan en France[1] - à Québec[2]), fut le premier colon français de Nouvelle-France anobli par le roi Louis XIV.

Guillaume Couillard
Image dans Infobox.
Guillaume Couillard, figure au monument Louis-Hébert, parc Montmorency, Québec
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
QuébecVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Conjoint
Guillemette Hébert (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Elizabeth Couillard (d)
Louis Couillard de Lespinay (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

BiographieModifier

Guillaume Couillard naquit le à Saint-Servan, aujourd'hui un quartier de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), Bretagne, France. Il y fut baptisé le même jour. Il est le fils de Guillaume Couillard et d'Élisabeth de Vésins, ou selon d'autres, d'André Couillard et Jehanne Basset[3].

Guillaume Couillard fut inhumé dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu de Québec le [2].

Le Nouveau MondeModifier

Guillaume Couillard émigre en 1613 en Nouvelle-France, à 25 ans. Il est alors charpentier, matelot et calfat pour la Compagnie des Cent-Associés à Québec[4]. En 1638, la Compagnie lui promet verbalement une terre d'une cinquantaine d'arpents le long de la rivière Saint-Charles, à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, à Québec. (Le titre écrit n'arrivera toutefois que trente ans plus tard, au nom de sa veuve[5]).

Mariage et vie de familleModifier

Guillaume Couillard et Guillemette Hébert, fille de Louis Hébert et de son épouse Marie Rollet, prononcèrent leurs vœux de mariage le jeudi à l'église Notre-Dame de Québec en présence de Samuel de Champlain et d'Eustache Boullé, frère d'Hélène[6]. Ce mariage est le premier indiqué sur les registres paroissiaux de Notre-Dame de Québec.

Il est le premier arrivant à avoir eu une postérité en Nouvelle-France; il aura dix enfants. Le , Guillaume Couillard utilise la charrue pour la première fois. La culture donnait de bons résultats, mais très insuffisants pour la petite colonie.

En 1628, Samuel de Champlain parle de lui avec éloges. Couillard fut l'un des premiers habitants à s'établir officiellement dans la colonie.

AnoblissementModifier

Guillaume Couillard fut anobli en décembre 1654, sous l'administration du gouverneur de la Nouvelle-France Jean de Lauzon pour « ses belles actions dans le pays de Canada ». Cependant, ses lettres de noblesse furent révoquées, ce qui fit officiellement de Pierre Boucher de Boucherville le premier colon canadien à être anobli; premier également à être anobli directement par Louis XIV en France, en 1661. En 1668, les lettres de noblesse furent renouvelées en faveur de deux de ses fils, Louis Couillard de L'Espinay et Charles-Thomas Couillard des Islets et Beaumont, ainsi que de leur descendance.

Armoiries, blason et deviseModifier

Guillaume Couillard prit les armoiries suivantes: "D'azur, à la colombe au vol étendu et versé d'or tenant en son bec un rameau d'olivier de sinople" et comme devise: "Dieu aide au premier colon".

La postérité de Guillaume Couillard et Marie-Guillemette HébertModifier

Louis Couillard de L'EspinayModifier

Fils aîné de Guillaume Couillard et petit-fils de Louis Hébert, Louis nait le à Québec. Il participe à la chasse aux phoques et la pêche à la morue. Le , il épouse Geneviève Després, fille de Nicolas Després (attaché à la noblesse française) et de Madeleine Leblanc. Il acquiert ainsi la seigneurie de la Rivière-du-Sud (Montmagny).

Anobli en 1668 par le roi Louis XIV, il meurt le à Montmagny. Il est l'ancêtre de la lignée Couillard-Després d'Amérique.

Parmi sa descendance, voici deux de ses fils:

Paul Couillard-Dupuis est le fils du précédent ainsi que le petit-fils de Louis Couillard de L'Espinay. Il prend le surnom de Dupuis en souvenir de son oncle Paul Dupuis de Lislois, écuyer, enseigne, procureur du roi et seigneur de l'Ile-aux-Oies.

Charles Couillard des Islets et de BeaumontModifier

Plus jeune fils de Guillaume Couillard et petit-fils de Louis Hébert, Charles nait le à Québec. Sieur des Islets, puis de Beaumont, il épouse, le à Québec, Marie Pasquiere de Franclieu, fille de Pierre Pasquier de Franclieu - dont la noblesse est attestée[7], et de Marie Porta. Ils ont eu six enfants.

Le à Lauzon, il épouse en 2e noces Louise Couture, fille de Guillaume et d'Anne Émard. De cette union naîtront dix enfants.

Il avait été anobli en 1668 par le roi Louis XIV et avait reçu comme concession, en 1672, la seigneurie de Beaumont, qui restera dans la famille jusqu'au XIXe siècle.

Charles de Beaumont meurt le à Beaumont.

Postérité actuelle de l'union Couillard-HébertModifier

Plusieurs familles nord-américaines peuvent actuellement compter parmi leurs ancêtres un des membres de cette illustre famille noble de la Nouvelle-France. À noter Philippe Couillard de l'Espinay, né le à Montréal au Québec, Premier ministre du Québec.

Voici une liste non exhaustive des familles issues de l'union Couillard-Hébert portant encore le patronyme Couillard:

  • Couillard de Beaumont
  • Couillard de L'Espinay
  • Couillard des Islets
  • Couillard-Després
  • Couillard-Dupuis
  • Couillard-Lislois
  • Couillard

Notes et référencesModifier

  1. D'autres sources le font naître dans la paroisse Saint-Landry à Paris; voir Nos Ancêtres: Guillaume Couillard
  2. a et b « Acte de sépulture de Guillaume Couillard (vue 228/512) du feuillet 199 de l'année 1663 de la paroisse Notre-Dame de Québec », sur FamilySearch, (consulté le ) - Note. Il meurt le 4 mars 1663 dans sa maison et est inhumé le lendemain à l'Hôtel-Dieu de Québec.
  3. « Guillaume Couillard », sur FichierOrigine (consulté le )
  4. Généalogie Québec
  5. C. Lapointe, A. Bain et R. Auger, Le site archéologique du palais de l'intendant à Québec, éd. du Septentrion, Québec, 2019, p. 17.
  6. Guillaume Couillard, 1591-1663, Journal Gaspésia, Gérard Donaldson
  7. Louis-Pierre D'Hozier, Armorial général ou registre de la noblesse de France, registre II, 2è partie, pages 845-846, Paris, France, Édition Palais royal (réimpression Firmin-Didot frères, (1865-1908), , 537 à 1236 p. (ISBN 0366932810 et 978-0366932818)

Liens externesModifier