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Grete Stern
Grete Stern, Self-portrait 1956.jpg
autoportrait, 1956
Biographie
Naissance
Décès
Nationalités
Formation
Activités
Nu réalisé en 1946.

Grete Stern, née en 1904 à Elberfeld (Empire allemand), et morte le à Buenos Aires (Argentine), est une photographe germano-argentine ayant participé au développement des arts visuels en Argentine[1].

Sommaire

BiographieModifier

Après des études primaires à Wuppertal puis à Londres où son père va travailler, Grete Stern apprend le piano et la guitare et commence à étudier les arts graphiques à Stuttgart en 1923. En 1927, le photographe Otto Umbehr lui suggère d'étudier la photographie et deviendra l'élève de Walter Peterhans. En 1929, elle crée un studio de dessin et de photographie avec son amie Ellen Auerbach (en), baptisé à partir de leurs surnoms d'enfants « ringl + pit »[2], dans ce qui est retrospectivement considéré comme pionnier dnas l'art féminin.

Elle travaille pendant deux semestres dans l'atelier de photographie du Bauhaus, à Dessau-Roßlau, puis émigre en Angleterre à la fin de 1933 à la suite de l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler. En 1934, elle ouvre à Londres un studio de photographie et de publicité, puis elle se marie en 1935 avec le photographe argentin Horacio Coppola (1906-2012), rencontré au Bauhaus.

Ils montent ensemble à leur arrivée une exposition de photographie moderne considérée comme pionnière en Argentine[3].

En 1937, elle ouvre avec son mari un studio de photographie et de publicité à Buenos Aires et commence à réaliser des portraits d'artistes et d'intellectuels argentins. Une fille, Silvia, naît du couple. Le studio ferme en 1938. Il était consacré à la photographie publicitaire, mais ce domaine étant trop peu développé en Argentine, ne permet pas à la famille d'en vivre. Entretemps, Grete et son mari participent aux organisations de solidarité qui accueillent en Argentine les réfugiés juifs et d'autres personnes persécutées par le régime nazi. En 1943, elle monte sa première exposition individuelle en Argentine et divorce d'Horacio Coppola. D'autres expositions suivent, toutes consacrées aux portraits, sauf une, où l'on peut aussi voir des paysages.

En 1948, elle a l'occasion de participer à un projet d'inventaire architectural et artistique des richesses de Buenos Aires. Il en résulte une série de plus de 1500 clichés qui sont un témoignage sur l'état de la ville au milieu du XXe siècle. Par la suite, elle a l'occasion de faire montre de ses talents de paysagiste, en parcourant l'ensemble du pays jusqu'à la Terre de Feu.

 
Photomontage de 1950.

Entre 1948 et 1952, sur une suggestion du sociologue Gino Germani, elle réalise chaque semaine des photomontages pour illustrer des rêves dans la section « La psychanalyse vous aidera » (El Psicoanálisis la ayudará) de la revue argentine Idilio[4]. Près de 150 photomontages ont ainsi été publiés pendant trois ans, sous divers titres tels que Niño flor, Artículos eléctricos para el hogar, Fracturas, El ojo eterno… Grete les présente au milieu des années 1950 à la faculté de psychologie de l'Université de La Plata puis, en 1967, à Buenos Aires en collaboration avec la poétesse Elva de Lóizaga.

Entre 1956 et 1979, elle est appelée par Jorge Romero Brest (en), directeur du Musée national des Beaux Arts d'Argentine, pour organiser et diriger l'atelier photographique du musée.

En 1958, elle acquiert la nationalité argentine. En 1959 et 1960, elle enseigne la photographie à l'université.

En 1975, elle monte sa première exposition photographique en Allemagne, dans les locaux de le Bauhaus-Archiv de Berlin. En 1978, elle participe à l'exposition sur la photographie expérimentale en Allemagne de 1918 à 1940, qui se tient à la Galerie du Levant, à Munich. Une grande rétrospective de son œuvre photographique et graphique lui rend hommage en 1981 à la « Fundación San Telmo » de Buenos Aires.

Grete Stern abandonne la pratique photographique en 1985, à la suite de la diminution de son acuité visuelle, et se retire de son équipe d'anciens élèves et de collaborateurs.

Notes et référencesModifier

  1. Stern, Grete, 1904-1999,, Marcoci, Roxana,, Meister, Sarah Hermanson, et Roberts, Jodi,, From Bauhaus to Buenos Aires : Grete Stern and Horacio Coppola (ISBN 9780870709616 et 0870709615, OCLC 903002194, lire en ligne)
  2. (en-US) John J. O'Connor, « Two Proto-Feminists Remember Weimar », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 12 avril 2019)
  3. « Jewish Women's Archive-Jewish Women: A Comprehensive Historical Encyclopedia », Choice Reviews Online, vol. 47, no 01,‎ , p. 47–0048-47-0048 (ISSN 0009-4978 et 1523-8253, DOI 10.5860/choice.47-0048, lire en ligne, consulté le 12 avril 2019)
  4. (en) Mariano Ben Plotkin, « Tell Me Your Dreams: Psychoanalysis and Popular Culture in Buenos Aires, 1930-1950 », The Americas, vol. 55, no 04,‎ , p. 601–629 (ISSN 0003-1615 et 1533-6247, DOI 10.2307/1008323, lire en ligne, consulté le 12 avril 2019)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

WebographieModifier

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