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Le panetier de Normandie était un haut dignitaire du duché de Normandie pendant la période ducale. Son office était de servir le duc aux grandes cérémonies. Dans une charte des années 1170, Henri II d'Angleterre concède cet office à Ouen de Malpalu, à savoir faire le service du duc, mais également avoir la garde des poids dans le ressort de la ville de Rouen et de sa banlieue. Jusqu'en 1256, le panetier de Rouen (ou panetier du duc de Normandie) touchait diverses taxes sur les boulangeries, les pains et leur acheminement. Le maire de Rouen et les habitants obtiennent de saint Louis le transfert de ces taxes au profit de la ville, en échange d'une rente annuelle de vingt livres tournois payable par moitié à la Saint-Michel et à Noël en faveur du panetier Laurent le Chambellan[1].

À la différence d'autres offices du duché de Normandie, l'office paraît avoir été héréditaire[2] dès l'époque ducale, puis, par la suite purement honorifique, mais à une époque qui reste à déterminer. La possession de cet office était en outre attachée, depuis le XIIIe siècle au moins, à la transmission de la terre et seigneurie de Gouy (Seine-Maritime).

Liste des Grands panetiers de NormandieModifier

  • vers 1170 : Ouen de Malpalu
  • vers 1253-1304 : Laurent le Chambellan (+1304), chevalier, seigneur de Gouy[3], sans postérité
  • 1304-apr. 1316 : Pierre Ier de Poissy, seigneur du Pont-Saint-Pierre, et de Gouy, héritier du précédent
  • apr. 1316-apr. 1325 : Jean Ier de Poissy, seigneur de Gouy et du Pont-Saint-Pierre, fils du précédent
  • av. 1333 : Pierre II de Poissy, chevalier, seigneur de Gouy

Sources et BibliographieModifier

  • Antoine-Louis-Pierre-Joseph Godart, marquis de Belbeuf, Histoire des grands panetiers de Normandie et du franc fief de la grande paneterie, Paris, Jean Baptiste Dumoulin, , 172 p. (lire en ligne)

Notes et référencesModifier

  1. Charte originale aux Archives nationales, Trésor des chartes, section Rouen, vol. I, n°6, carton J 122 ; texte imprimé par Léopold Delisle dans : Cartulaire normand de Philippe Auguste, Louis VIII, saint Louis et Philippe le Hardi (Mém. Soc. Antiq. Norm., 6, 1854, n° 569), Caen : Le Hardy, 1882 (réed. Genève, Mégariotis reprints, 1978), p. 106.
  2. La charte de 1170 stipule en effet : « quare volo et firmiter precipio quod ille Odoinus heredes sui heredabiliter teneant... »
  3. Inhumé avec son épouse Mathilde (Meheut, + 1294), dans l'église du prieuré du Monts-aux-Malades de Rouen.