Gouvernement Santer-Poos I

gouvernement du Luxembourg en fonction du 20 juillet 1984 au 14 juillet 1989
Gouvernement Santer-Poos I
(lb) Regierung Santer-Poos I

Grand-Duché de Luxembourg

Description de cette image, également commentée ci-après
Le Président du gouvernement, Jacques Santer, le 9 novembre 2006.
Grand-duc Jean de Luxembourg
Président du gouvernement Jacques Santer
Élection 1984
Formation
Fin
Durée 4 ans, 11 mois et 24 jours
Composition initiale
Coalition CSV - LSAP
Ministres 9
Secrétaires d'État 3
Femmes 0
Hommes 12
Représentation
Chambre des députés (1984)
46  /  64
Drapeau du Luxembourg

Le gouvernement Santer-Poos I (luxembourgeois : Regierung Santer-Poos I), est le gouvernement du Luxembourg en fonction du au .

Les électionsModifier

Lors des élections législatives du , le nombre des députés à élire passe de 59 à 64. Le DP perd un siège par rapport aux élections de 1979, alors que le CSV gagne un siège, même si du point de vue du pourcentage des votes, il subit une légère perte. Le LSAP sort vainqueur incontesté du scrutin. À la nouvelle Chambre, il totalise 21 mandats. Ce succès s’explique notamment par la reconstitution de l’unité de la famille socialiste après une décennie de dissidences. Par ailleurs, les socialistes avaient fait campagne contre la politique de rigueur du gouvernement précédent. Aux élections de 1984 se présente pour la première fois un parti écologique, le Parti vert alternatif (GAP), qui obtient deux mandats. Pierre Werner se retirant de la vie politique active, Jacques Santer est chargé de la formation d’un nouveau gouvernement. CSV et LSAP constitueront une coalition qui réussira à traverser trois législatures consécutives. De légers remaniements ont lieu au cours du premier mandat. Par arrêté grand-ducal du , le Département de la santé est attribué à Jacques F. Poos, qui accorde la délégation de compétence à Johny Lahure. À la même date, délégation de signature est donnée à Robert Goebbels pour les affaires relevant du Département de l’économie.

CompositionModifier

Initiale (20 juillet 1984)Modifier

Portefeuille Titulaire Parti
Président du gouvernement
Ministre d'État
Ministre des Finances
Jacques Santer CSV
Vice-Président du gouvernement
Ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et de la Coopération
Ministre de l'Économie et des Classes moyennes
Ministre du Trésor
Jacques F. Poos LSAP
Ministre de la Santé
Ministre de la Sécurité sociale
Benny Berg LSAP
Ministre de la Justice
Ministre des Affaires culturelles
Ministre de l'Environnement
Robert Krieps LSAP
Ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse
Ministre du Tourisme
Fernand Boden CSV
Ministre de l'Intérieur
Ministre de la Famille, du Logement social et de la Solidarité sociale
Jean Spautz CSV
Ministre du Travail
Ministre délégué au Département des finances, chargé du Budget
Jean-Claude Juncker CSV
Ministre des Transports
Ministre des Travaux publics
Ministre de l'Énergie
Marcel Schlechter LSAP
Ministre de l'Agriculture et de la Viticulture
Ministre de la Force publique
Ministre de la Fonction publique
Ministre de l'Éducation physique et des Sports
Marc Fischbach CSV
Secrétaire d'État à l'Économie Johny Lahure LSAP
Secrétaire d'État à l'Agriculture et à la Viticulture René Steichen CSV
Secrétaire d'État aux Affaires étrangères, au Commerce extérieur et à la Coopération
Secrétaire d'État aux Classes moyennes
Robert Goebbels LSAP

Remaniement du 15 juillet 1988Modifier

  • Les nouveaux ministres sont indiqués en gras, ceux ayant changé d'attributions en italique.
Portefeuille Titulaire Parti
Président du gouvernement
Ministre d'État
Ministre des Finances
Jacques Santer CSV
Vice-Président du gouvernement
Ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et de la Coopération
Ministre de l'Économie et des Classes moyennes
Ministre du Trésor
Ministre de la Santé
Jacques F. Poos LSAP
Ministre de la Sécurité sociale Benny Berg LSAP
Ministre de la Justice
Ministre des Affaires culturelles
Ministre de l'Environnement
Robert Krieps LSAP
Ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse
Ministre du Tourisme
Fernand Boden CSV
Ministre de l'Intérieur
Ministre de la Famille, du Logement social et de la Solidarité sociale
Jean Spautz CSV
Ministre du Travail
Ministre délégué au Département des finances, chargé du Budget
Jean-Claude Juncker CSV
Ministre des Transports
Ministre des Travaux publics
Ministre de l'Énergie
Marcel Schlechter LSAP
Ministre de l'Agriculture et de la Viticulture
Ministre de la Force publique
Ministre de la Fonction publique
Ministre de l'Éducation physique et des Sports
Marc Fischbach CSV
Secrétaire d'État à l'Économie
Secrétaire d'État à la Santé
Johny Lahure LSAP
Secrétaire d'État à l'Agriculture et à la Viticulture René Steichen CSV
Secrétaire d'État aux Affaires étrangères, au Commerce extérieur et à la Coopération
Secrétaire d'État à l'Économie et aux Classes moyennes
Robert Goebbels LSAP

La politique extérieureModifier

Sous le gouvernement Santer/Poos, le Luxembourg participe activement à la relance de la construction européenne, tout en veillant à la sauvegarde de ses intérêts vitaux. À partir du et pendant six mois, le Grand-Duché exerce la présidence de la Communauté européenne. Durant cette période, des décisions importantes sont prises pour dynamiser le processus d’intégration européenne. Au Conseil européen de Milan, les 28 et , sont jetées les bases du futur Acte unique européen qui supprimera les frontières intérieures entre les pays membres de la CE et introduira la libre circulation des marchandises, des capitaux et des services.

À côté de l’Europe, les pays en voie de développement deviennent une cible importante de la politique étrangère du Luxembourg. Dès 1984, le secrétaire d’État au Commerce extérieur et à la Coopération, Robert Goebbels, présente trois projets de loi qui organisent de façon cohérente l’aide luxembourgeoise au développement, créent le Fonds de la coopération au développement, règlent les subventions étatiques aux organisations non gouvernementales luxembourgeoises et introduisent de nouvelles dispositions fiscales pour encourager la philanthropie.

La politique économiqueModifier

La crise structurelle dans la sidérurgie reste un problème majeur de la politique économique du gouvernement, même si on peut constater une certaine détente. Une évolution générale plus positive amène le gouvernement à atténuer quelque peu la politique de rigueur menée depuis le début de la crise. Les lois du et du élargissent à nouveau le système d’indexation automatique des salaires et des traitements.

Le gouvernement Santer/Poos poursuit la politique dite des niches entamée par ses prédécesseurs. Le ralentissement de l’industrie sidérurgique est compensé par la promotion de nouvelles branches économiques. L’environnement juridique mis en place par les pouvoirs publics favorise notamment le développement du secteur des finances et de celui des médias. En 1985, la SES est créée sur base d’une concession accordée par l’État luxembourgeois. Le gouvernement accorde à la SES une garantie de l’État afin de permettre le financement du système de satellites Astra. Après avoir pris pied dans le domaine de la diffusion télévisuelle par satellites, les autorités luxembourgeoises essaient de soutenir la production audiovisuelle. La loi du introduit les certificats d’investissement audiovisuel qui offrent à leurs détenteurs des abattements fiscaux considérables. Au cours de la même année, le gouvernement adapte la législation existante à une directive européenne de 1985 concernant le régime juridique des organismes de placement collectif en valeurs mobilières. Cette adaptation donne une nouvelle impulsion au secteur des fonds d’investissement.

La politique socialeModifier

Sur le plan social, le gouvernement poursuit une politique qui vise le renforcement de la solidarité nationale. Il procède notamment au relèvement des allocations familiales et à l’ajustement des pensions. Une nouveauté importante sera l’introduction d’un revenu minimum garanti.

Repères chronologiquesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier