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Gouvernement Conte

65e Gouvernement de la République italienne
Gouvernement Conte
(it) Governo Conte

République italienne

Description de cette image, également commentée ci-après
Le gouvernement Conte le jour de sa prise de fonction au palais du Quirinal.
Président de la République Sergio Mattarella
Président du Conseil Giuseppe Conte
Élection 4 mars 2018
Législature XVIIIe
Formation
Durée 10 mois et 24 jours
Composition initiale
Coalition politique M5S-Lega
Ministres 18
Femmes 5
Hommes 13
Représentation
Chambre des députés
353 / 630
Sénat de la République
171 / 320
Drapeau de l'Italie

Le gouvernement Conte (en italien : Governo Conte) est le gouvernement de la République italienne depuis le , durant la XVIIIe législature du Parlement.

Sommaire

FormationModifier

Dirigé par le nouveau président du Conseil des ministres indépendant Giuseppe Conte, ce gouvernement est constitué et soutenu par une alliance politique inédite, dite « antisystème » ou « jaune-verte », et ou « governo del cambiamento » (gouvernement du changement selon le programme commun adopté par les deux partis[1]), entre le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue (Lega). Ensemble, ils disposent de 353 députés sur 630, soit 56 % des sièges de la Chambre des députés, et 170 sénateurs sur 320, soit 53 % des sièges du Sénat de la République.

Il est formé à la suite des élections générales du .

Il succède au gouvernement du président du Conseil Paolo Gentiloni, constitué et soutenu par une coalition entre le Parti démocrate (PD), l'Alternative populaire (AP) et les Centristes pour l'Europe (CpE).

Le mandataire présidentiel Giuseppe Conte présente sa liste de ministres le au président de la République, Sergio Mattarella[2]. Le cabinet est investi le lendemain, après une crise politique de 88 jours, ce qui en fait la plus longue de la République italienne[3],[4].

Il compte 18 ministres, dont cinq femmes et six personnalités indépendantes. Deux nouveaux postes sans portefeuille sont créés, pour la Famille et pour les Affaires européennes, tandis que celui pour le Sport est supprimé. Pour le ministre chargé du développement des régions méridionales du pays, le terme de « Sud » est préféré à « Mezzogiorno ». Il s'agit de la première équipe depuis à compter deux vice-présidents du Conseil. L'un deux — Luigi Di Maio — assume d'ailleurs la direction de deux ministères, celui du Développement économique et celui du Travail. Riccardo Fraccaro devient le tout premier ministre de la démocratie directe[5].

Le 5 juin 2018, après un discours de Giuseppe Conte devant le Sénat d'une durée de 1 h 15, le plus long de l'histoire parlementaire italienne[6], le gouvernement obtient la confiance par 171 votes pour, 117 contre et 25 abstentions[7]. Le résultat final confirme les prévisions antérieures au vote : les 167 élus des deux partis de l'alliance (respectivement 109 M5S et 58 Ligue) ont voté pour, ainsi que deux ex-M5S (Maurizio Buccarella et Carlo Martelli) et deux élus de l'étranger, ceux du MAIE et de l'USEI (Ricardo Merlo et Adriano Cario). Le 6 juin, le gouvernement remporte le vote de confiance à la Chambre des députés avec 350 voix pour, 236 contre et 35 abstentions[8].

HistoriqueModifier

Le 22 octobre 2018, Giuseppe Conte annonce que l'Italie ne modifiera pas son projet de budget pour 2019 malgré le non-respect des critères européens en matière de réduction de la dette publique mis en avant par la Commission européenne (elle réclame au pays quatre milliards d’euros d’économies en plus de 7,5 milliards déjà consentis)[9]. En décembre 2018, l'ouverture d'une procédure de sanction à l'égard de l'Italie est alors justifiée par l'Union européenne pour ces manquements[10]. Finalement, le gouvernement italien accepte de reporter de six mois la mise en place du revenu universel, proposé par le M5S, et l’abaissement de l’âge légal de départ à la retraite, défendu par la Ligue[11],[12]. La loi de finances pour 2019 prévoit ainsi un déficit public de 2,0 % du PIB (contre 2,4 % initialement) et une croissance ramenée à 1 % (contre 1,5 % auparavant)[13]. Le 29 décembre, les députés italiens approuvent ce nouveau budget 2019, revu à la baisse[14].

Le 28 décembre 2018, Conte déclare que le gouvernement « fera son possible pour communiquer sa décision avant les élections européennes de 2019 » au sujet de la poursuite des travaux sur la liaison ferroviaire entre Lyon et Turin, contestée par le M5S mais défendue par la Ligue[15].

CompositionModifier

InitialeModifier

Fonction Titulaire Parti
Président du Conseil des ministres Giuseppe Conte Indép.
Vice-président du Conseil des ministres
Ministre du Développement économique, du Travail et des Politiques sociales
Luigi Di Maio M5S
Vice-président du Conseil des ministres
Ministre de l'Intérieur
Matteo Salvini Lega
Secrétaire d'État à la présidence du Conseil des ministres
Secrétaire du Conseil des ministres
Giancarlo Giorgetti Lega
Ministres sans portefeuille
Ministre pour les Rapports avec le Parlement et la Démocratie directe Riccardo Fraccaro M5S
Ministre pour l'Administration publique Giulia Bongiorno Lega
Ministre pour les Affaires régionales et les Autonomies Erika Stefani Lega
Ministre pour le Sud Barbara Lezzi M5S
Ministre pour la Famille et le Handicap Lorenzo Fontana Lega
Ministre pour les Affaires européennes Paolo Savona (jusqu'au 08/03/2019)
Giuseppe Conte (intérim)
Indép.
Ministres
Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Enzo Moavero Milanesi Indép.
Ministre de la Justice Alfonso Bonafede M5S
Ministre de la Défense Elisabetta Trenta M5S
Ministre de l'Économie et des Finances Giovanni Tria Indép.
Ministre des Politiques agricoles, alimentaires et forestières Gian Marco Centinaio Lega
Ministre de l'Environnement, de la Protection du territoire et de la Mer Sergio Costa Indép.
Ministre des Infrastructures et des Transports Danilo Toninelli M5S
Ministre des Biens et Activités culturels et du Tourisme Alberto Bonisoli M5S
Ministre de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Marco Bussetti Indép.
Ministre de la Santé Giulia Grillo M5S

Vice-ministres et secrétaires d'ÉtatModifier

Le 12 juin sont nommés les 6 vice-ministres et 39 secrétaires d'Etat qui prêtent serment le lendemain[16] : (« on. » vaut pour député et « sen. » pour sénateur)

À la présidence du Conseil des ministres :

Pour les Affaires étrangères et la Coopération internationale :

Pour l'Intérieur :

Pour la Justice

Pour la Défense

Pour l'Économie et les Finances

Pour le Développement économique

Pour les politiques agricoles, alimentaires et forestières :

Pour l'Environnement, la Protection du territoire et la Mer :

  • On. Vannia Gava
  • On. Salvatore Micillo

Pour les Infrastructures et les Transports :

Pour le Travail et les Politiques sociales :

  • On. Claudio Cominardi
  • On. Claudio Durigon

Pour l'Éducation, l'Université et la Recherche :

  • Prof. On. Lorenzo Fioramonti
  • Prof. Salvatore Giuliano

Pour les Biens et Activités culturels et le Tourisme :

Pour la Santé :

  • Prof. Armando Bartolazzi
  • On. Maurizio Fugatti

Notes et référencesModifier

  1. (it) « Roberto Saviano accoglie il "governo del cambiamento" con un vecchio video di Di Maio: "Mai con la Lega Nord" », HuffPost,‎ (lire en ligne, consulté le 31 mai 2018).
  2. (it) Carmelo Lopapa, « Governo, Conte accetta l'incarico e presenta la lista: 18 ministri, 5 le donne. Tria all'Economia », La Repubblica,‎ (lire en ligne, consulté le 31 mai 2018).
  3. « Italie : le nouveau chef du gouvernement, Giuseppe Conte, a prêté serment », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 2 juin 2018).
  4. (it) Nicola Graziani, « Cosa ricorderemo degli 88 giorni della "crisi più pazza della storia della Repubblica" », Agenzia Giornalistica Italia,‎ (lire en ligne, consulté le 2 juin 2018).
  5. Italy gets the world’s first minister for direct democracy
  6. [1]
  7. « Italie : Giuseppe Conte remporte le vote de confiance au Sénat », sur Le Monde.fr (consulté le 5 juin 2018)
  8. « Italie: les députés votent la confiance au gouvernement populiste de Conte », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 6 juin 2018)
  9. La-Croix.com, « Rome maintient son budget à la Commission européenne », sur La Croix, (consulté le 30 décembre 2018)
  10. « Budget italien: vers de possibles sanctions financières européennes », sur RFI, (consulté le 30 décembre 2018)
  11. Olivier Tosseri, « Rome et Bruxelles s'accordent sur le budget italien », sur lesechos.fr, (consulté le 30 décembre 2018)
  12. « Italie : le gouvernement cède face à Bruxelles », sur Franceinfo, (consulté le 30 décembre 2018)
  13. « Budget italien : le Sénat valide une loi de finance largement remaniée », sur La Tribune (consulté le 30 décembre 2018)
  14. « Les députés italiens approuvent le budget 2019, revu à la baisse après les critiques de Bruxelles », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 30 décembre 2018)
  15. Le Point magazine, « Ligne Lyon-Turin : l'Italie se décidera avant les européennes », sur Le Point, (consulté le 30 décembre 2018)
  16. [2]

Voir aussiModifier