Gouvernement Carton de Wiart

Gouvernement Carton de Wiart

Royaume de Belgique

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Roi Albert Ier
Premier ministre Henry Carton de Wiart
Élection 16 novembre 1919
Formation
Fin
Durée 1 an et 26 jours
Composition initiale
Coalition
Représentation
Chambre
177 / 186
Sénat
120 / 120
Drapeau de la Belgique

Le gouvernement Carton de Wiart est un gouvernement catholique-libéral-socialiste qui gouverna la Belgique du jusqu'au .

Henri Carton de Wiart est choisi en remplacement de l'impopulaire Léon Delacroix par Albert Ier en raison de son importance au sein de l'aile conservatrice du Parti catholique. Les catholiques flamingants n'acceptent cependant de le soutenir qu'à condition d'assurer le vote au Sénat de la loi sur l'usage du néerlandais dans l'administration, de s'attaquer à la flamandisation de l'Université de Gand et d'avoir des ministres flamingants au sein du gouvernement.

Le gouvernement est confronté à une dépression de l'économie mondiale amenant à une baisse de la production et une augmentation du chômage, amenant l'État à soutenir financièrement les caisses syndicales. Il supprime également l'article 310, qui interdisait les coalitions, mettant par conséquent en place le droit de grève. Sous pression des syndicats catholiques, le gouvernement met cependant en place la "liberté de travail" qui pénalise les actes de violence envers les travailleurs refusant de travailler. Une seconde loi garantit la liberté syndicale.

Une loi sur la journée de huit heures est votée non sans tensions entre la Chambre et le Sénat, ces tensions entraînant la possibilité d'obtenir des dérogations à la loi de la part du gouvernement, notamment dans des cas d'"urgence économique".

La loi sur l'usage du néerlandais dans l'administration est entièrement revue par le Sénat, permettant dorénavant aux communes de choisir la langue administrative qu'elles souhaitent. Il s'agit d'une défaite pour les flamingants qui se distancient en réaction du reste du Parti catholique.

Le 25 juillet 1921, le gouvernement conclut l'Union économique belgo-luxembourgeoise, une union douanière avec le Grand-Duché de Luxembourg.

Sous pression des socialistes, le Sénat est réformé : la limite d'âge des électeurs est ramenée à 21 ans, le cens d'éligibilité est supprimé, le mandat passe de 8 à 4 ans et les sénateurs sont rémunérés.

La participation du ministre socialiste Édouard Anseele à une manifestation antimilitariste le 16 octobre 1921 entraîne la colère d'Albert Devèze, ministre libéral de la Défense. Ce dernier est soutenu par le Premier ministre. Les socialistes quittent alors le gouvernement et partent en campagne électorale, ce qui met fin à l'union sacrée de l'après-guerre[1].

CompositionModifier

Ministère Nom Parti
Premier et ministre de l'intérieur Henri Carton de Wiart Parti catholique
Ministre des affaires étrangères Henri Jaspar Parti catholique
Ministre des arts et des sciences Jules Destrée POB
Ministre de justice Émile Vandervelde POB
Ministre des finances Georges Theunis Parti catholique
Ministre de l’agriculture Albéric Ruzette Parti catholique
Ministre de l'industrie, du travail et du ravitaillement Joseph Wauters POB
Ministre des travaux publics Édouard Anseele POB
Ministre des chemins de fer, des postes et de la télégraphe Xavier Neujean Parti libéral
Ministre de la défense nationale Albert Devèze Parti libéral
Ministre des colonies Louis Franck Parti libéral
Ministre des affaires économiques Aloys Vande Vyvere Parti catholique

RemaniementsModifier

BibliographieModifier

  1. Emmanuel Gerard, Nouvelle histoire de Belgique (1918-1939) : La Démocratie rêvée, bridée et bafouée, Bruxelles, Le Cri édition, , p. 59-65