Ouvrir le menu principal

Giovanni Arnolfini

marchand italien, naturalisé flamand et originaire de Lucques
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Arnolfini.
Giovanni Arnolfini
Jan van Eyck - Portrait of Giovanni Arnolfini - WGA7608.jpg
Portrait (présumé) de Giovanni Arnolfini par Jan van Eyck, Gemäldegalerie, Berlin
Biographie
Naissance
Décès
Activités
Conjoint
Giovanna Cenami (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Les Époux Arnolfini par Jan van Eyck, National Gallery, Londres

Giovanni di Nicolao Arnolfini (Lucques, vers 1400 - Bruges, 11 septembre 1472[1]) est un marchand italien, naturalisé flamand originaire de Lucques, une ville de Toscane, en Italie et qui a passé la plus grande partie de sa vie en Flandre, province qui faisait alors partie du duché de Bourgogne. Sans doute est-il toujours resté à Bruges qui était une riche ville commerçante et l'une des principales résidences de la cour de Bourgogne.

BiographieModifier

Giovanni Arnolfini est vraisemblablement né à Lucques en Toscane, où vivaient ses parents, mais nous n'avons de preuves ni pour le lieu ni pour la date.

Les Arnolfini étaient à Lucques une famille puissante, impliquée dans la politique et le commerce de cette ville petite mais riche, qui s'était spécialisée (comme Florence) dans le tissage de vêtements coûteux. Un cousin germain de Giovanni un peu plus jeune que lui, et que les comptables de Bourgogne appellent Giovanni Arnolfini de Arrigo (ou « Jehan Arnoulphin le jeune »), vint lui aussi vivre à Bruges avec encore plus de réussite que Giovanni de Nicolao.

Giovanni Arnolfini a été envoyé à Bruges alors que légalement il était toujours mineur, où l'on parle de lui est une lettre de 1419 où son père Nicolao écrit de Lucques à son agent à Bruges pour lui donner le droit d'« émanciper » Giovanni, c'est-à-dire de le déclarer adulte. Comme il n'y avait pas d'âge fixé pour cela, nous ne pouvons en tirer aucune indication quant à sa date de naissance.

Giovanni, appelé ici di Nicolao ou « fils de Nicolao » pour le distinguer de son cousin Giovanni di Arrigo Arnolfini (voir ci-dessus), était encore jeune quand il s'installa à Bruges en 1421, pour travailler dans l'entreprise familiale. Il s'enrichit dans le commerce de la soie, des tapisseries et d'autres objets précieux, en assurant aussi le rôle de banquier. Il figure parmi les plus actifs résidents italiens de Bruges, à l'époque un des principaux ports du duché de Bourgogne et important centre financier d'Europe.

En 1455 il fait la connaissance du dauphin de passage à Jemmapes et reste en relation commerciale avec lui.

En août 1461 le dauphin, devenu roi sous le nom de Louis XI, nomme Giovanni Arnolfini conseiller général et gouverneur de la finance en Normandie. En 1462 il devient conseiller du roi obtenant sa naturalisation en avril 1464.

Sa renommée vient par le biais de l'histoire de l'art, certains historiens, et notamment Erwin Panofsky, ayant défendu l'hypothèse qu'il serait le sujet de deux tableaux peints par Jan van Eyck, le célèbre peintre flamand dont il est un proche à la cour:

L'étude influente de Panofsky propose que Les Époux Arnolfini est en fait un document témoignant du mariage d'Arnolfini avec Jeanne Cenami en 1434. Un document trouvé en 1997 a prouvé que ce mariage ne fut conclu qu'en 1447[2]. D'autres études avait déjà fortement insisité qu'il ne s'agissait pas de mariage mais de fiancailles. La mise en question de l'identité du couple, se reporte sur le portait de Berlin qui n'est identifié que par sa ressemblance avec le supposé Arnolfini.

BibliographieModifier

  • (en) Lorne Campbell, The Fifteenth Century Netherlandish Paintings, National Gallery Catalogues, (ISBN 1-85709-171-X)
  • Margaret L. Koster, The Arnolfini double portrait: a simple solution, Apollo, volume 158, issue 499, pages 3–14, septembre 2003
  • Philippe Minguet, L'Art dans l'histoire, 1964 (réédition : Bruxelles, éditions Labor, 1987), appendice I : Le mariage des Arnolfini, p. 251-259.
  • Erwin Panofsky, « Jan Van Eyck's Arnolfini Portrait » in The Burlington Magazine, t. LXIV, 1934.
  • L. Seidel, Jan Van Eyck’s Arnolfini Portrait, Cambridge Univ. Press, 1993.
  • Jacques Paviot, La double portrait Arnolfini de Jan van Eyck', Revue belge d'archéologie et d'histoire de l'art, volume 66, pages 19–33, 1997
  • AA-VV., Gemäldegalerie Berlin, Prestel, 1998. (ISBN 978-3-7913-4071-5)
  • L. Mirot, E. Lazzareschi, Un mercante di Lucca in Fiandra. Giovanni Arnolfini, extrait du Bollettino storico lucchese, XVIII (1940), p.  1-27.

Source de la traductionModifier

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et référencesModifier

  1. (it) « Giovanni Arnolfini », sur Treccani.it
  2. Jacques Paviot "Le double portrait Arnolfini de Jan van Ecyk," Revue belge d'archèologie et de l'histoire de l'art, 66 (1997), p. 19-33. Publiè in extenso par Hugo van der Velden, "Defrocking St Eloy: Petrus Christus' Vocational Portrait of a Goldsmith," Simiolus, 26 (1998), p. 268-269, doc. no. 2.