Gervais Bigeon

Gervais Bigeon, né à Sainte-Marie-du-Bois en 1620 et mort à Sées en 1685, est un théologien et religieux français.

Gervais Bigeon
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BiographieModifier

Son nom est Bigeon et non Bion, comme l'ont supposé presque tous les bibliographes qui ont parlé de lui. En latin, il écrit Bijonnius, et dans l'approbation des docteurs, en tête de ses traités, nous trouvons son nom véritable : Gervais Bigeon.

Il commence ses études à Mayenne, et les continue à Paris où il est reçu docteur en théologie en 1649. Ansart indique que quelques désagréments l'ayant engagé à quitter Paris, il accepte une cure dans le diocèse de Sées, où il meurt vers 1680.

Javary du Guesseau, dans son Histoire de Saint-Calais, le nomme Bignon, par erreur, et indique qu'il est curé de cette ville et mourut en 1685. Pour Jean Liron[1], il était curé à Sées, où il meurt en 1670.

ThéologienModifier

Éditeur de la somme théologique de Martin Bécan, deux traités de Gervais Bigeon ont été insérés, en 1689, dans l'édition de la Somme de Martin Bécan publiée par André Pralard[2].

C'est à la requête de ce libraire que Bigeon entreprit de compléter, par l'addition de deux opuscules, la Somme du célèbre Jésuite : tanquam membra, dit-il dans une courte préface, suo corpori adhibui. Cela signifie peut-être pour Barthélemy Hauréau que Bigeon adhérait à toutes les conclusions de Bécan, et qu'il était de son parti. Or, parmi les livres de la société de Jésus que le parlement de Paris fit lacérer et brûler sur la place de Grève par les mains de l'exécuteur de la haute justice, nous trouvons la Somme de Théologie, amplifiée par Bigeon[3].

Bigeon y ajouta deux traités de lui : De la Nature de la Théologie[4] et du Secours de la Grâce[5].

Son autre ouvrage Réponse à deux questions importantes :

  • 1. si la puissance séculière peut mettre des empêchemens essentiels au mariage ;
  • 2. si la coutume peut avoir la même force, etc.

ne fut point imprimé, par l'opposition que met le gouvernement à cette impression, à ce que pense Ansart, qui ajoute que le manuscrit fut déposé à la bibliothèque du roi, où il se trouve, pour en empêcher la publication à l'étranger. Hauréau n'a pas retrouvé ce manuscrit.

PublicationsModifier

  • Theologiae scholasticae prooemium: in quo eiusdem theologiae natura susissimè explicantur ; cui accessit accuratissimus De gratiae auxiliis tractatus, Nicolai Gay, 1652 - 553 p. [1]
  • Martini Becani summa theologiœ scholasticœ ; cum tractatibus Gervasii Bigeonis de natura theologiœ et gratiœ auxiliis. Rothomaei, 1657, in-fol.
  • Summa theologica auctore Martino Becano soc. Jes. labore et studio Gervasii Bijonii Cenomanensis. Lugduni , 1690, in-fol. N. D.

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Notes manuscrites; Résidu de S. Germain, p. 98, num. 3.
  2. in-folio.
  3. L'opinion de Robert Bellarmin sur la dépendance des rois à l'égard de la cour de Rome avait été partagée par Martin Bécan; c'est là ce qui a motivé la sentence prononcée contre son ouvrage, qui jouissait dans l'école d'une grande autorité. Mais, à vrai dire, c'est par hypothèse que Barthélemy Hauréau impute à Gervais Bigeon la solidarité de cette opinion, tandis qu'il a donné, sur d'autres points, des gages formels de son assentiment aux doctrines de la société de Jésus.
  4. Il se divise en dix questions, subdivisées elles-mêmes en une foule d'articles. Hauréau fait remarquer que dans ce traité, où abondent les distinctions oiseuses, c'est l'exacte définition que Gervais Bigeon donne de la théologie, qu'il ne distingue pas de la métaphysique. En effet, non-seulement la métaphysique et la théologie ont le même objet, mais ceux qui professent l'une ou l'autre suivent la même méthode, qu'on appelle déductive. Il reste toutefois à distinguer les théologiens des théosophes, qui sont des rêveurs et non des raisonneurs.
  5. Le second traité de Gervais Bigeon est une longue dissertation sur le Secours de Grâce, De auxilio Gratiœ. En quoi consiste ce secours? quelle en est l'efficacité ? en quel sens peut-on dire que la grâce est nécessaire et que la coopération de la grâce dans les actes de la volonté humaine est vraiment déterminante? Telles sont les questions que s'adresse Gervais Bigeon, et qu'il résout en d'autres termes que saint Augustin. C'est pour Hauréau un moliniste plus subtil que profond. En lisant cet opuscule, on apprécie pour Hauréau les raisons qui ont engagé Bigeon à disserter amplement sur l'affaire de la grâce, dans un ouvrage qui était alors entre les mains de tous les professeurs de la société de Jésus. Martin Bécan était mort à Vienne en 1624, et la première édition de l'Augustinus du célèbre évêque d'Ypres est de 1640. Or, on sait quel tumulte avait provoqué dans toutes les écoles, dans l'Église entière, la confession de foi de Jansénius. Si vivement controversée dans le Ve siècle entre saint Augustin, le pélagien Faustus et les moines de Marseille ; dans le IXe siècle, entre Gotschalc, Jean Scot Erigène et Hincmar; dans le XVIe siècle, entre les deux grandes sections de l'école protestante, la question de la grâce ne pouvait être considérée comme sans importance dans les premières années du XVIIe siècle, mais elle n'était pas alors l'unique thèse de toute la théologie, comme elle le fut en quelque sorte après la publication de l'Augustinus. En 1689, la querelle étant fort animée entre les adhérents de l'un et de l'autre parti, on ne trouvait pas dans la Somme de Bécan la solution des problèmes nombreux qui troublaient alors tous les esprits. Gervais Bigeon entreprit de combler cette lacune. S'est-il bien acquitté de cette tâche difficile ? Hauréau signale dans son écrit divers paralogismes : s'il admet, par exemple, la grâce prévenante, il lui concède trop peu d'autorité sur la conscience humaine pour n'être pas suspect aux jansénistes de tendances pélagiennes.

Liens externesModifier