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Germain Beaulieu

avocat, homme de lettres et scientifique québécois
Germain Beaulieu
Photo Germain Beaulieu Fonds Massicotte.jpg
Germain Beaulieu en 1901. (Fonds Massicotte)
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Germain Beaulieu (1870-1944) est un avocat, homme de lettres et scientifique québécois qui a joué un rôle actif dans le milieu associatif et culturel. Il meurt à Rigaud le 18 juin 1944[1].

Sommaire

BiographieModifier

 
Portrait de Germain Beaulieu par Albert Ferland. (Fonds BAnQ)

Germain Beaulieu est né à Rivière-Blanche, près de Matane, fils de Joseph Beaulieu et de Basilisse Pelletier[2]. Orphelin très tôt, il est adopté par une famille de Montréal, fait des études de droit et est admis au Barreau en 1894[3]. Avocat de carrière, il est plus intéressé par la poésie que par sa profession et publie des poèmes dans Recueil littéraire, L'Oiseau-mouche et L'Alliance nationale, ainsi que dans Les soirées du château de Ramezay, L'Action sociale et Les soirées de l'École littéraire de Montréal[4]. Il est épris de classicisme au point que Marcel Dugas le qualifie de « législateur du Parnasse canadien[5] ». L'essentiel de sa production poétique est perdu car, selon Jean Charbonneau, il aurait détruit entre quinze et vingt livrets rédigés dans sa jeunesse[6].

Il compose aussi des pièces de théâtre et des satires, et rédige de nombreux articles de critique littéraire qu'il publie dans divers journaux —Le Pays, Les Débats, L'Annuaire théâtral, Le Nationaliste— sous une vingtaine de pseudonymes, plus baroques les uns que les autres, tels Procure Hotte, Jean Pince, Hector Probus, etc.[7]

En 1895, il est cofondateur de l'École littéraire de Montréal et en devient le premier président en septembre 1896. Durant plus de trente ans, il en est « l'âme dirigeante à toutes les phases de son existence[8]. » Il participe à la fondation et devient secrétaire de rédaction de la revue Le Terroir créée par cette École en 1909 et qui ne publiera que dix numéros[9]. Par la suite, il s'oppose à l'idée de transformer l'École en une sorte d'Académie française du Québec. Il se moque encore de l'idée dans un ouvrage satirique intitulé Nos Immortels, avec caricatures dues à son beau-frère Albéric Bourgeois.

Esprit curieux de tout, il « fit de longues investigations dans presque toutes les sphères des connaissances humaines[10]. » Il a été secrétaire de la Société des artisans (1909). Ayant participé dès 1903 à l'organisation de la Société canadienne d'histoire naturelle, il en assume la présidence en 1923[4]. Particulièrement intéressé par l'étude des insectes, il est l'auteur de divers traités d'entomologie, ce qui lui vaut de participer à l'organisation du Musée entomologique canadien et de devenir, à l'âge de soixante ans, conseiller juridique au ministère de l'Agriculture à Québec, même s'il était alors atteint de demi-cécité depuis plusieurs années. Il y travaille jusqu'à l'avant-veille de sa mort.

Dans un article sur « L'avenir des Canadiens Français » publié en 1905 dans la revue Le Nationaliste, il affiche des sentiments nettement séparatistes[11]. Ceux-ci s'accentuent encore dans un article ultérieur publié dans Le Terroir intitulé « Où allons-nous?»[12].

De 1909 à 1941, il entretient une correspondance suivie avec Louis Dantin, en exil à Boston[13].

Il a eu quatre filles de sa première épouse, Graziella Cassegrain (1876-1907): Germaine, Liliane, Paule, ainsi que Gaëtane, auteure du roman Lill. Étude d’âme enfantine[14], dont Louis Dantin publiera une critique[15].

OuvragesModifier

  • Le monde des petits êtres : études sur les insectes du Canada, Montréal, A. Ferland, 1908, 80 p.
  • Monographie des mélasides du Canada, Québec, Imprimerie Laflamme, 1922, 91 p.
  • Les insectes nuisibles de la province de Québec (avec Georges Maheux), Québec, Charrier et Dugal, 1929, 244 p.
  • Abrégé de droit commercial à l'usage des écoles primaires complémentaires de la province de Québec, avec C.-J. Miller, Québec, 1928.
  • La Chanson du passant : études littéraires, (ouvrage collectif), Montréal, J.-G. Yon, 1916.
  • Nos immortels. Caricatures de Bourgeois, avec Albéric Bourgeois, Montréal, A. Lévesque, 1931, 156 p.
  • L'aventurier malgré lui : comédie en sept actes, texte polycopié, 1904.
  • Fascination : pièce en cinq actes, en collaboration avec Louis P. Verande, dans L'Annuaire théâtral, 1908-1909.
  • Diplomatie conjugale : un acte, dans Le Terroir, avril 1909.
  • Noblesse et noblesse : drame en cinq actes, dans Nos amis, janvier 1911, p. 27-46.

RéférencesModifier

  1. La Presse, lundi 19 juin 1944, p. 21.
  2. Tourangeau 2007, p. 757.
  3. Charbonneau 1935, p. 99.
  4. a et b Tourangeau 2007, p. 758.
  5. Hayward 2006, p. 144
  6. Charbonneau 1935, p. 105.
  7. Cambron 1999, p. 219
  8. Charbonneau 1935, p. 98.
  9. Hayward 2014
  10. Charbonneau 1935, p. 100.
  11. Hayward 2006, p. 126
  12. Voir texte en ligne.
  13. Conservée dans le Fonds Gabriel Nadeau
  14. Hayward 2014, p. 511.
  15. Voir Lill — Étude d’âme enfantine par Gaëtane Beaulieu

SourcesModifier

  • Micheline Cambron, François Hébert et École littéraire de Montréal, Les soirées du Château de Ramezay, Montréal, Fides,
  • Jean Charbonneau (préf. Louis Dantin), L'école littéraire de Montréal : Ses origines, ses animateurs, ses influences, Éditions Albert Lévesque,
  • Réginald Hamel, John Hare et Paul Wyczynski, Dictionnaire pratique des auteurs québécois, Montréal, Fides,
  • Annette Hayward, La querelle du régionalisme au Québec (1904-1931) : Vers l’autonomisation de la littérature québécoise, Ottawa, Le Nordir, , 622 p. (ISBN 978-2-89531-049-5)
  • Annette Hayward, « Le Terroir (1909) », dans Dictionnaire des revues littéraires au XXe siècle : Domaine français, Paris, Honoré Champion, (ISBN 978-2-7453-2756-7), p. 725-727
  • Rémi Tourangeau, Dictionnaire des jeux scéniques du Québec au XXe siècle, Québec, Presses de l'Université Laval, , 960 p. (ISBN 978-2-7637-8476-2)
  • Michel Veyron, Dictionnaire canadien des noms propres, Québec, Larousse, , 757 p.