Fictionnalisme

Le fictionnalisme est une conception philosophique selon laquelle les déclarations qui semblent être des descriptions du monde ne devraient pas être interprétées comme telles mais devraient plutôt être comprises comme des cas de « faire croire », de « faire semblant » de traiter quelque chose comme si elle était littéralement vraie (« fiction utile »).

DescriptionModifier

On peut distinguer trois volets importants du fictionnalisme :

  1. le fictionnalisme modal développé par Gideon Rosen, qui affirme que les mondes possibles, indépendamment du fait qu'ils existent ou non, peuvent faire partie d'un discours utile ;
  2. le fictionnalisme mathématique défendu par Hartry Field, qui déclare que parler de chiffres et autres objets mathématiques n'est rien de plus qu'une commodité pour faire de la science ;
  3. le fictionnalisme scientifique soutenu par Ciro Giordano Bruni, qui considère la fiction en tant que méthode de la pensée. La réalité, ni vraie ni fausse, est présupposée d’invention artistique et de vérisimilitude.
    En méta-éthique existe également une position équivalente appelée fictionnalisme moral (défendu par Richard Joyce). De nombreuses versions modernes du fictionnalisme sont influencées par le travail de Kendall Walton (en) en esthétique.

Le fictionnalisme est composé d'au moins l'une des trois thèses suivantes :

  1. Les prétentions faites dans la domaine du discours doivent être prises truth-apt (en), c'est-à-dire vraies ou fausses ;
  2. Le domaine du discours doit être interprété littéralement et non réduit pour dire quelque chose d'autre ;
  3. Le but du discours dans un domaine donné est autre chose que la vérité (par exemple, la simplicité, la portée explicative, etc.). la fiction utile est l'un des moyens utilisés par l'individu (ou un groupe) pour la « neutralisation de la culpabilité », pouvant aller jusqu'au négationnisme.

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Articles connexesModifier

BibliographieModifier

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