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Originaires de la région de Courtrai en Belgique, les membres de la famille Wallaert (prononcer [walaʀ]) furent des pionniers de l'industrie du lin et du coton à Lille.

La familleModifier

Sous la Restauration, Auguste Wallaert-Mille (1798-1865) fonde une première filature de coton.

Pour souligner la relative diversité sociale du quartier populaire de Lille-Saint-Sauveur au cours de la première moitié du XIXe siècle l’historien Pierre Pierrard signale qu'à cette époque la famille Wallaert y demeurait [1] précisément 25 rue Saint-Sauveur en1843[2].

 
ancien Hôtel de la famille Wallaert 83 rue Royale

Puis, associé à son frère Achille Wallaert-Crépy (1801-1872), il crée en 1842 une filature de lin dans la commune de Moulins-Lille et, en 1844, une autre filature de lin et d'étoupe : c'est le début de la société Wallaert Frères (WF), promise à un bel avenir[3].

Son œuvre est poursuivie par son fils Auguste-César Wallaert-Descamps (1830-1899) qui, associé en 1862 à son père et à son oncle, fonda un tissage de toiles à Lille et une blanchisserie de toiles de lin à Santes.

En 1866, cet ensemble est complété par une nouvelle filature de coton créée en association avec ses frères Émile et Édouard, ainsi que son cousin germain Achille Wallaert. C'est ainsi que les Wallaert se trouvent placés à la tête, à la fin du Second Empire, d'un véritable « empire du textile ».

La famille Wallaert était liée à la famille d'industriels du textile Le Blan. Ainsi une société en nom collectif fut fondée en 1851 entre Achille et deux frères Le Blan[2]. On peut admirer à Lille, au n°83 de la rue Royale, le bel hôtel particulier que fit construire Achille Wallaert-Crépy, qui est actuellement (2017) une crèche municipale.

Les usines WallaertModifier

La famille participa au développement de la commune de Moulins-Lille (actuel quartier de Moulins-Lille) à laquelle ils vendirent des terrains où furent bâties l’église paroissiale Saint-Vincent-de-Paul, la mairie, des écoles et où furent tracées la place de Trévise (actuelle place Déliot) et les principales rues du centre [4].

Au milieu du XIXe siècle les usines Wallaert étaient les plus importantes de la commune qui était avant cette installation un village et devint un faubourg industriel absorbé par la ville de Lille avec d'autres communes en 1858.

En 1872 la société Wallaert lance le fil à coudre Au Louis d'Or qui obtint une médaille à l'exposition universelle de Paris de 1878. L'entreprise employait 1500 ouvriers en 1883 [2].

A la fin du XIXe siècle les usines textiles Le Blan prennent la prédominance dans les établissements industriels de Moulins, les usines Wallaert étant au deuxième rang d'importance dans le quartier.

Les usines particulièrement touchées par l'explosion des dix-huit ponts de 1916 sont reconstruites après la première guerre mondiale.

L'usine Wallaert Le fil au Louis d'Or 53, 55 rue Jean Jaurès à Lille-Moulins ferme en 1967, l'activité étant transférée à son usine de Santes.

Les bâtiments sont restaurés et reconvertis en immeubles de bureaux, Institut Régional d'Administration de Lille et École de la deuxième chance de Lille-Métropole[5], activités tertiaires, professions libérales et locaux associatifs.

NotesModifier

  1. La vie ouvrière à Lille sous le Second Empire Pierre Pierrard p. 44La vie ouvrière à Lille sous le Second Empire Pierre Pierrard p. 44
  2. a b et c Frédéric Barbier, Le patronat du Nord sous le Second Empire, Droz, , p. 381
  3. Elle témoigna d'une belle longévité jusqu'en 1971, date de son absorption par la DMC (Dollfus Mieg & Cie), alors dirigée par la famille Thiriez.
  4. A. Bertrand Les rues de Lille origines, transformation, dénomination Lille 1880 Bibliothèque nationale LK7 31741 p. 114
  5. http://www.pss-archi.eu/immeubles/FR-59350-5699.html

BibliographieModifier

  • Jean Lambert-Dansette, Quelques familles du patronat textile de Lille-Armentières (1789-1914) : origines et évolution d'une bourgeoisie, E. Raoust, 1954, p. 158 et suiv.
  • Frédéric Barbier, Jean-Pierre Daviet, Le patronat du Nord sous le Second Empire : une approche prosopographique, Librairie Droz, 1989, p. 379 et suiv. (en ligne).
  • Jean Lambert-Dansette, La Vie des chefs d'entreprise. 1830-1880, Paris, Hachette, 1992.
  • Pierre Pouchain, Les Maîtres du Nord du XIXe siècle à nos jours, Paris, Perrin, 1998.
  • Michael S. Smith, Putting France in the Chandlerian Framework: France's 100 largest Industrial Firms in 1913, in The Business History Review, vol.72 n° 1, Harvard College, 1998.

Articles connexesModifier