Elsbeth Stagel

religieuse dominicaine et prieure du couvent de Töss

Elisabeth ou Elsbeth Stagel, née en 1300, morte vers 1360 est une religieuse dominicaine du Couvent de Töss en Suisse.

Elsbeth Stagel
Fonction
Prieure
Couvent de Töss
Biographie
Naissance
Décès
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Töss (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Autres informations
Religion
Ordre religieux

BiographieModifier

 
Elsbeth Stagel représentée dans une copie du manuscrit de La Chronique de Töss .

Elsbeth Stagel est née dans une famille noble de Zurich. Son père est sans doute le sénateur Rudolf Stagel[1].

Elle se lie d'amitié avec Henry Suso, un religieux prêtre dominicain catholique, avec qui elle entretient une correspondance régulière. Henry Suso considère Elsbeth Stagel comme sa fille spirituelle. Au cours de l'une de leurs rencontres, Elsbeth Stagel incite Henry Suso à lui décrire l'accomplissement de sa genèse spirituelle, avec l'intention de suivre son exemple. Henry Suso ignore alors que la religieuse conserve précieusement ses lettres et consigne par écrit de toutes ses confidences, dont les sujets portent sur la théologie et sur des pratiques extrêmes de pénitence personnelle. Lorsque Henry Suso l'apprend, il exige que ces manuscrits lui soient remis sur le champ et les brûle. Il n'en conserve que le deuxième tome qui lui servira de support à la formation d'autres religieux. Henry Suso interdit à Elsbeth Stagel de l'imiter en pratiquant une ascèse extrême, craignant que cela ne soit néfaste à sa santé[2]. Une bonne partie de ces écrits seront repris dans La Vita, l'autobiographie de Suso[3].

Elsbeth Stagel est l'auteure avérée de plusieurs des nouvelles formant le recueil La Chronique du couvent de Töss. Ce livre réunit les biographies de 39 religieuses et dépeint l'atmosphère mystique du couvent de Töss jusqu'à 1340. Il s'agit de la première œuvre biographique écrite en langue allemande[1].

Certains vont jusqu'à avancer qu'Elsbeth Stagel a rédigé l'ouvrage dans son intégralité mais cette affirmation est sujette à caution. Dans une des biographies, le personnage de la belle-mère d'Élisabeth de Hongrie, Agnès d'Autriche, reine douairière de Hongrie, est dépeinte de façon négative. Il est peu probable que cette biographie ait été écrite avant la mort de la reine Agnès, qui a vécu plus longtemps que Elsbeth Stagel, décédée en 1364[4].

Elsbeth Stagel a fini ses jours à Töss. Son travail est un témoignage clé pour mieux comprendre le mysticisme et la vie monastique de l'Allemagne médiévale[5].

Notes et référencesModifier

  1. a et b (en) Katharina M. Wilson, Paul Schlueter et June Schlueter, Women Writers of Great Britain and Europe: An Encyclopedia, Routledge, (ISBN 978-1-135-61670-0, lire en ligne)
  2. Kroll, Jerome., The mystic mind : the psychology of medieval mystics and ascetics, Routledge, (ISBN 0-203-46294-7, 978-0-203-46294-2 et 978-0-415-34050-2, OCLC 70192146, lire en ligne)
  3. Alois-Maria Haas et Wolfgang Wackernagel, « Introduction à la vie et à l'œuvre de Henri Suso », Revue des sciences religieuses, vol. 70, no 1,‎ , p. 154–166 (DOI 10.3406/rscir.1996.3353, lire en ligne, consulté le 27 mai 2020)
  4. Duggan, Anne., Queens and queenship in medieval Europe, Boydell, (ISBN 0-85115-881-1 et 978-0-85115-881-5, OCLC 493292279, lire en ligne)
  5. (en) « Elsbeth Stagel », sur prabook.com, World Biographical Encyclopedia, (consulté le 18 mai 2020)

Liens externesModifier