Elizaveta Karamihailova

physicienne bulgare

Elisabeth Ivanova Kara-Michailova (bulgare : Елисавета Иванова Карамихайлова), ou Elisabeth Karamichailova[1], est une physicienne bulgare. Elle est parmi les quelques femmes pionnières de la physique nucléaire au début du XXe siècle, a créé les premiers cours pratiques de physique des particules en Bulgarie et a été la première femme à détenir un titre de professeur dans le pays[2].

Elizaveta Karamihailova
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 70 ans)
SofiaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
École secondaire St-Sedmochilenitsi (d) ()
Université de Vienne ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Père
Ivan Karamihaylov (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Domaine

JeunesseModifier

Elisabeth Karamichailova naît en 1897 à Vienne, d'Ivan Mikhaylov et Mary Slade. Ses deux parents étudient à l'Université de Vienne. Ivan, né à Choumen (Bulgarie), la médecine et Mary, originaire de Minster Lovell (Oxfordshire), la musique. Son père obtient son diplôme en 1907 et la famille reste à Vienne pendant deux ans avant de déménager en Bulgarie en 1909 dans une maison spacieuse dans le centre de Sofia[3].

Karamichailova grandit dans un environnement artistique et scientifique. Son père transforme l'étage supérieur de sa maison en hôpital de la Croix-Rouge où il soigne ses patients sans exiger de paiement[4]. Elle s'inscrit au Sofia Girls College et y obtient son diplôme en 1917 puis part étudier à l'Université de Vienne[3].

Etudes de la radioactivitéModifier

En 1922, Karamichailova obtient son doctorat en physique et mathématiques. Elle écrit sa thèse, intitulée Über elektrische Figuren auf verschiedenen Materialien, insbesondere auf Kristallen sous la direction de Karl Przibram. Karamichailova poursuit ses travaux à l'Institut d'études sur le radium, s'intéressant particulièrement à la radioluminescence. Elle coopère avec Marietta Blau dans l'étude du polonium et fait des recherches sur les méthodes de bombardement neutronique du thorium[1]. Karamichailova suit simultanément des cours d'ingénierie électronique et de radio à l'École polytechnique de Vienne.

À l'automne 1923, elle retourne brièvement en Bulgarie et travaille comme "boursière invitée" à l'Institut de physique de l'Université Saint-Clément-d'Ohrid de Sofia. Puis, à Vienne, elle débute ses travaux sur la transmutation des éléments lumineux sous rayonnement alpha à l'Institut d'études du radium[5]. En 1931, Karamichailova et Marietta Blau observent un type spécifique de rayonnement auparavant inconnu émis par le polonium, qui sera plus tard confirmé par James Chadwick comme rayonnement neutronique et qui conduira à sa découverte des neutrons[3].

En 1933, son poste d'assistante de recherche à Vienne est supprimé. Elle poursuit ses recherches sans bourse jusqu'en 1935, date à laquelle elle gagne une bourse de recherche Alfred Yarrow de 3 ans du Girton College de Cambridge. Elle est ensuite employée au laboratoire Cavendish[5]. En décembre 1937, elle postule pour un poste de maître de conférences en physique expérimentale à l'Université de Sofia. Elle revient en Bulgarie en 1939, où elle est nommée chargé de cours d'expérimentation atomistique avec radioactivité à l'Université[3]. Elle créé un cours de physique atomique, présentant les dernières découvertes de ses études en Autriche et en Angleterre et une partie de son équipement. Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale stoppe toute nouvelle expansion des activités de recherche nucléaire.

Ses études incluent désormais également les rayons cosmiques. Karamichailova utilise des plaques photographiques pour poursuivre son travail dans ce domaine, en collaboration avec Marietta Blau. Elle tente de poursuivre l'étude de l'ionisation multiple, mais cela s'avère impossible sans l'équipement sophistiqué auquel elle avait accès pendant son séjour en Angleterre. Quand Karamichailova commence son travail à Sofia en 1940, elle ne dispose que d'un microscope dans une pièce sombre[1].

Après le coup d'état de 1944, les autorités d'extrême gauche nouvellement établies en Bulgarie qualifient Karamichailova de « peu fiable » en raison de ses opinions anticommunistes et lui interdisent de se rendre à l'étranger. Elle poursuit son travail dans le domaine de la radioactivité en Bulgarie, d'abord à l'Université de Sofia puis à l'Académie bulgare des sciences, où elle reçoit le titre de professeur.

Karamichailova décède d'un cancer en 1968, très probablement à la suite d'une exposition prolongée aux rayonnements[5].

RéférencesModifier

  1. a b et c (en) Marelene F. Rayner-Canham, Geoffrey Rayner-Canham et Chemical Heritage Foundation, A Devotion to Their Science: Pioneer Women of Radioactivity, McGill-Queen's Press - MQUP, (ISBN 978-0-7735-1642-7, lire en ligne)
  2. (en) « Prominent women scientists from Central and Eastern Europe », sur Times Higher Education, (consulté le 10 août 2012)
  3. a b c et d (bg) « Елисавета Карамихайлова - радиевата принцеса на България (Elisaveta Karamikhailova - la princesse Radium de Bulgarie) », Duma,‎
  4. Rayner-Canham, p. 205
  5. a b et c (en) « ELISABETH KARAMICHAILOVA (1897 – 1968) the first woman physicist, who managed to cross the "safety-curtain" of Sofia University », National Polytechnical Museum of Bulgaria (consulté le 10 août 2012)