Elizabeth Pierce Blegen

archéologue américaine
Elizabeth Pierce Blegen
Elizabeth Pierce Blegen 1930s.jpg
Elizabeth Pierce Blegen photographiée dans les années 1930.
Biographie
Naissance

Allegheny (en) (Pennsylvanie, États-Unis)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
(à 78 ans)
Athènes (royaume de Grèce)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Elizabeth Denny Pierce
Nationalité
Formation
Activités
Père
William Lemmex Pierce
Mère
Flora McKnight
Conjoint
Autres informations
A travaillé pour
Domaine
Partenaire
Distinction

Elizabeth Pierce Blegen, née le à Allegheny, en Pennsylvanie, et morte le à Athènes, en Grèce, est une archéologue, professeure d'université et autrice américaine. Fouillant en Grèce et à Chypre, elle publie dans l'American Journal of Archaeology de 1925 à 1952 les différentes découvertes archéologiques en Grèce. Elle s'engage auprès de plusieurs organisations promouvant l'évolution professionnelle des femmes en Grèce et aux États-Unis.

BiographieModifier

EnfanceModifier

Elizabeth Denny Pierce, surnommée « Libbie »[1], naît le à Allegheny — municipalité annexée par Pittsburgh en 1907 — en Pennsylvanie[2], de Flora McKnight et William Lemmex Pierce[3].

ÉtudesModifier

Elizabeth Pierce fréquente le Vassar College de 1906 à 1910[2],[3]. Elle y rencontre Ida Thallon (en), professeure du département d'études grecques et romaines, de qui elle devient proche[1],[3] ; c'est cette dernière qui fait naître chez Pierce un intérêt pour l'archéologie grecque[2] et qui la présente différents classicistes et archéologues[3]. Pierce est influencée par Elizabeth Hazelton Haight (en), une classiciste s'intéressant au monde romain, première femme siégeant à l'American School of Classical Studies de Rome et à l'American Philological Association (en)[3]. Elle est aussi influencée par Grace Harriet Macurdy (en) et Catherine Saunders, professeures puis collègues de Pierce[3].

Elizabeth Pierce obtient, en 1912, un Master of Arts puis, en 1922, un doctorat en latin à l'université Columbia[1],[2],[3], avec un mémoire puis une thèse sur Caius Asinius Pollio, consul et historien romain[2],[3].

CarrièreModifier

Début de carrière et relation avec Ida ThallonModifier

 
Ida Thallon Hill photographiée dans les années 1930.

En 1915, elle retourne au Vassar College en tant que professeure[1], enseignant l'histoire de l'art, tout en étant assistante-conservatrice à la Vassar Art Gallery (en), jusqu'en 1922[2],[3]. Elle y retrouve Ida Thallon, avec qui elle commence à entretenir une aventure amoureuse, connue par leurs propres lettres et celles de leurs collègues[1]. Les deux femmes vivent ensemble, dans une maison située sur le campus, et sont surnommées « Boston Marriage »[1].

Pendant l'été 1921, Elizabeth Pierce voyage en Grèce avec Ida Thallon[2],[3] ; elle part plus tard à Athènes pour suivre le programme annuel de l'école américaine d'études classiques à Athènes (American School of Classical Studies ou ASCSA) en 1922-1923[2],[3].

Entre 1922 et 1924, Pierce se voit proposer plusieurs postes. Gisela Marie Augusta Richter lui propose un stage au Metropolitan Museum of Art ; bien qu'elle refuse le poste, Pierce travaille pour Richter au printemps 1924[2]. Edward Capps (en), président du comité de direction de l'ASCSA, lui propose également d'être secrétaire de l'école ou doyenne des étudiantes, ce qu'elle refuse[2].

Le QuartetModifier

Elizabeth Pierce rencontre à Athènes Bert Hodge Hill (en) et Carl Blegen, son élève, deux archéologues reconnus[1]. Pierce et Blegen finissent par tomber amoureux, et ce dernier la demande en mariage : elle accepte initialement, puis rompt et retourne aux États-Unis afin d'éviter de blesser Ida Thallon[1]. Elle continue néanmoins à correspondre avec Carl Blegen[1].

Finalement, un plan est mit en place par Elizabeth Pierce, Carl Blegen, Bert Hodge Hill — ayant des sentiments, sans doute non-réciproques, pour ce dernier — et Ida Thallon : deux couples se forment, Pierce et Blegen d'une part, Hill et Thallon d'autre part[1]. Les deux couples se marient en à l'été 1924[1],[2] et prennent le nom de « Quartet[a] »[1]. En 1929, ils s'installent dans la même maison à Athènes (au 9, rue de Plutarque), où ils vivent, travaillent, et invitent des archéologues et des étudiants de toutes nationalités[2].

L'arrangement permet à Ida Hill et Elizabeth Blegen de continuer à voyager ensemble, comme par exemple en 1938, où elles traversent les Balkans en voiture pour relier Athènes et Trieste[4].

En 1954, lors d'une traversée de l'Atlantique, Ida Hill meurt dans son lit, avec Elizabeth Blegen à ses côtés[4]. Bert Hodge Hill meurt quand à lui en [4].

Travaux en tant qu'archéologueModifier

 
Bert Hodge Hill photographié à Corinthe dans les années 1930.

Elizabeth Blegen fouille plusieurs sites en compagnie de son mari, comme Prosymna (en) (de 1927 à 1928), Troie (de 1932 à 1938) et Pylos (en 1939 puis de 1952 à 1958)[2],[3]. Elle travaille également avec les Hill à Lapithos (à Chypre) et à Corinthe[2],[3]. Sur les différents sites, elle fait l'inventaire des trouvailles et participe aux publications, en rédigeant des chapitres, des bibliographies et des index[2].

De 1925 à 1952, elle rédige la « Newsletter from Greece[b] » de l'American Journal of Archaeology, où elle présente les dernières fouilles archéologiques, de manière détaillée, grâce aux informations que les fouilleurs lui fournissent : son travail est grandement estimé par ses confrères archéologues[2] et permet aux étudiants et aux chercheurs d'avoir accès à des découvertes plusieurs années avant leur publication[3].

Sa dernière saison de fouilles à Prosymna a lieu après un accident vasculaire cérébral en 1956[3] ; elle est hospitalisée plusieurs mois à Cincinnati[4] et se retrouve en fauteuil roulant[3]. Elle parvient néanmoins à s'en remettre et retourne sur le terrain à Pylos en 1958[4].

Engagement auprès d'organisationsModifier

Elizabeth Blegen s'engage au cours de sa vie dans plusieurs organisations, en lien avec l'archéologie et/ou les droits des femmes, comme l’American Women in Greece, l’Hellenic American women's club, l’American Association of University Women, la Société américaine d'histoire et l'Institut archéologique américain[3].

MortModifier

 
Tombe d'Elizabeth Pierce Blegen et de Carl Blegen au Premier cimetière d'Athènes.

Elizabeth Blegen meurt le [2]. Elle est enterrée dans la partie protestante du Premier cimetière d'Athènes[2] où elle rejoint Ida et Bert Hodge Hill[3]. Son mari Carl Blegen les rejoint en 1971[3].

PostéritéModifier

En 1963, Elisabeth Blegen lègue la maison du Quartet à Athènes à l'école américaine d'études classiques à Athènes[2].

En 1975, le Vassar College annonce la fondation d'un poste d'enseignant-chercheur en l'honneur de Carl et Elizabeth Blegen. Ce poste est en partie financé par un fond voulue par cette dernière[5] et est nommé « Blegen Fellow[c] »

La Blegen House est, jusqu'en 2008, le lieu où se trouve le centre LGBTQ du Vassar College. Après la crise de 2008, le centre est déplacé et la maison devient un logement de fonction[6].

Le , Robert Pounder, professeur émérite d'études grecques et romaines au Vassar College, présente une conférence intitulée « Carl and Libbie and Bert and Ida : Re-defining Family[d] », revenant sur la liaison entre les deux femmes, la famille non conventionnelle que formait le Quartet et leurs travaux en archéologie[1]. Cette conférence fait suite à une autre, présentée par Pounder en 2009, sur les travaux des Blegen et des Hill[1].

PublicationsModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. En français le « Quatuor ».
  2. En français le « Bulletin d'informations de Grèce ».
  3. En français la « Bourse Blegen ».
  4. En français « Carl et Libbie et Bert et Ida : re-définir la famille ».

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l m et n (en) Ruth Bollster, « Blegens leave unconventional legacy as scholars and family », The Miscellany News, vol. CXLIV, no 19,‎ , p. 6 (lire en ligne, consulté le ).
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q r et s (en) « Elizabeth Pierce Blegen Papers », sur ascsa.edu.gr (consulté le ).
  3. a b c d e f g h i j k l m n o p q r et s (en) Elizabeth Langridge-Noti, « Breaking Ground : Women in Old World Archeology : Elizabeth Pierce Blegen » [PDF], sur brown.edu (consulté le ).
  4. a b c d et e (en) Natalia Vogeikoff-Brogan, « The End of the Quartet : The Day the Music Stopped at Ploutarchou 9 », sur nataliavogeikoff.com, (consulté le ).
  5. (en) « A Documentary Chronicle of Vassar College : November, 1975 », sur vassar.edu (consulté le ).
  6. (en) Chelsea Petersen-Salhuddin, « Pounder to lecture on archaeologists », Miscellany News, vol. CXLIV, no 18,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).

Liens externesModifier

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