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Edme-Claude Bourru
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Edme-Claude Bourru (1741 – 1823) est un médecin français, Docteur-Régent et bibliothécaire de l’ancienne Faculté de Médecine de Paris et dernier doyen de cette faculté.

Sommaire

BiographieModifier

Edme-Claude Bourru est né à Paris, le , fils du docteur Claude Bourru et d’Anne-Suzanne Dorez. Il est issu d’une lignée de médecins dont l’ancêtre, Jean, (décédé en 1704) était chirurgien à l’hôpital d’Alise-Sainte-Reine, en Côte d’Or.

E-Cl. Bourru fit ses études au Collège du Cardinal-Lemoine, rue Saint-Victor, à proximité de sa maison natale. Bachelier Maîtres-es-Arts, en 1763, il décida ensuite de se consacrer à la Médecine et il s’inscrivit en 1764, à la Faculté de Médecine de Paris, où il soutint sa thèse le 24 septembre 1766[1]. En décembre de la même année, il obtenait le titre de Docteur-Régent, c’est-à-dire professeur de la Faculté de Médecine de Paris.

En 1771, il fut nommé bibliothécaire de la Faculté de Médecine de Paris, où il effectua un important travail de classement et d’inventaire des douze mille ouvrages détenus dans les locaux de la rue de la Bucherie[2]; il démissionna de son poste en 1775 au moment du déménagement de la bibliothèque et il fut remplacé par le docteur Nicolas Jeanroy qui procédera au transfert des livres dans les anciennes écoles de droit de la rue de Beauvais.

Il avait installé son cabinet, rue de la Harpe[3], auprès de Collège d'Harcourt (actuellement le lycée Saint-Louis) ; son activité devait être limitée, car il prit l’initiative avec deux confrères, de proposer un « Abonnement économique en faveur des malades », cet organisme devant fonctionner à compter du 1er janvier 1772 ; à cet effet, il fit distribuer un prospectus dès octobre 1771[4].

La Faculté prit très mal la chose et elle envoya le doyen auprès du lieutenant général de police pour s’opposer à la distribution de ce papier ; de plus, elle prit la décision, par décret[5], d’interdire la pratique de l’Abonnement Économique : pris de peur, les trois médecins renoncèrent à leur projet.

En date du , il fut désigné comme Professeur de Chirurgie en langue française puis, en 1783, chargé du cours de pharmacie. Le 11 novembre 1786, Bourru fut nommé doyen de la Faculté : il exerça ses fonctions jusqu’à la suppression de la Faculté en 1793.

Pendant la Révolution, il demeura à l’écart, cependant, accompagné de Guillotin, il se rendit, le , à la barre de la Convention nationale, pour s’opposer à l’assujettissement des médecins à la patente. En 1804, il est admis à la Société Royale de Médecine (qui sera transformée en Académie Royale de Médecine), dont il devint rapidement Président.

Pendant les dernières années de sa vie, il se rendait fréquemment au Château de la Quincy[6] (Commune de Nanteuil-la-Fosse), près de Soissons. Il avait épousé, en décembre 1788, la fille d’Ambroise Rousseau, avocat au Parlement et Lieutenant du Bailliage de Paris dont il eut deux fils, Claude-Félicité-Hippocrate et Galien.

En 1819, E-Cl. Bourru eut une première attaque d’apoplexie qui lui fit perdre la mémoire; il s'est éteint à Paris, le 21 septembre 1823 à la suite d’une seconde attaque.

« Bourru fut un homme modeste, d’une grande simplicité naturelle, très désintéressé, très attaché à ses devoirs professionnels, toujours prêt à soigner les pauvres[7], à secourir les malheureux ; il mérita d’être classé parmi les bienfaiteurs de ses concitoyens " écrivait le Dr Paul Busquet, bibliothécaire de l’Académie de Médecine en 1928.

PublicationsModifier

  • Précis historique de l'établissement de la Société royale de médecine, de sa conduite, et de ce qui s'est fait à ce sujet dans la Faculté de médecine de Paris.
  • L'Art de se traiter soi-même dans les maladies vénériennes et de se guérir de leurs différents symptômes Paris 1770.
  • Discours prononcé aux Écoles de médecine, pour l'ouverture solennelle du cours de chirurgie, le , par Me Edme-Claude Bourru, ... sur ce sujet : À quels points doit s'arrêter le chirurgien dans les différentes sciences dont l'étude lui est nécessaire ? Paris 1780.

BibliographieModifier

  • Jarty (L.) Contribution à l'histoire de la Faculté de médecine de Paris sous le décanat[8] de Bourin de 1787 à 1792 Paris 1919
  • Mauclaire (Pl.) Notice biographique sur Edme-Claude Bourru, dernier doyen de l'ancienne faculté de médecine de Paris, Evreux 1922 (Extrait du 2e congrès d'histoire de la médecine)
  • Busquet (P.) Bourru (Edme-Claude) Biographies médicales septembre 1928 Paris, J.-B. Baillière et fils
  • Jacques-Alphonse Mahul, Annuaire nécrologique, ou Supplément annuel et continuation de toutes les biographies ou dictionnaires historiques, 4e année, 1823, Paris : Ponthieu, 1824, p.24 [1]

Notes et référencesModifier

  1. Le sujet de cette thèse, qui eut un certain succès : «  Est-ce que la rage à son siège dans le système nerveux ? Peut-on la guérir avec des antispasmodiques »
  2. Catalogus librorum qui in bibliotheâ Facultatis saluberrimoe Parisiensis asserventur ordine authorum alphabetico digestus curâ et studio M. Edmundi Claudii Bourru ejurdem bibliothe coe proefecti; Decano M. Ludovico Petro Felice Renato le Thieullier A.R.S.H. MDCCLXX.
  3. L’almanach royal de 1767
  4. ...Ont déjà pris naissance différents projets dont le terme était d’ouvrir aux citoyens une voie facile de se faire soigner comme il convient, sans que leur fortune put en souffrir des échecs fâcheux ; Si quelques difficultés en ont empêché l’exécution, ils n’en méritent pas moins des éloges ; les mêmes raisons engagement maintenant plusieurs médecins à proposer un Abonnement économique au moyen duquel ceux qui voudront y souscrire seront traités pour des honoraires si modiques, qu’ils ne pourront faire brèche à la fortune la plus médiocre. …On ne croit pas trop exiger en demandant à ceux qui voudront s’abonner douze livres par souscription pour une année ; … on ne prendra que dix-huit livres pour deux souscriptions, vingt quatre pour trois …Pour cette somme, les médecins qui proposent l’Abonnement économique s’engagent à donner pendant l’année que durera la souscription, leurs soins, conseils ou avisà ceux des souscripteurs qui tomberaient malade spendant ce terme, quelles que soient leurs maladies …. Extrait du prospectus
  5. Le samedi 19 octobre 1771, la Faculté de Médecine ayant eu connaissance d’un prospectus portant pour titre «Abonnement économique en faveur des malades » a formellement improuvé cet écrit …. Elle avertit le public que ce projet n’aura pas d’exécution et comme le motif que l’on annonce est de mettre à portée des secours les plus essentiels, en cas de maladies, ceux que leur peu d’aisance empêche souvent d’y recourir, la faculté se fait un devoir de rappeler, qu’outre les consultations gratuites qui se donnent régulièrement en ses écoles, ses membres sont toujours disposés à se transporter chez les citoyens de toutes classes
  6. Il vint en héritage à Louise Bourru (1814-1878), au XIXe siècle épouse du Comte Camille Ordener (1809-1882)
  7. En novembre 1807, il fut nommé médecin des indigents du quartier de la Sorbonne et il montra dans ces fonctions beaucoup de désintéressement
  8. fonction de Doyen