Diorama de Louis Daguerre

dispositif illusionniste qui fut en vogue à Paris au XIXe siècle

Le diorama de Louis Daguerre — appelé « polyorama panoptique » — est un dispositif illusionniste élaboré à Paris au début du XIXe siècle. Conçu comme un divertissement théâtral par son inventeur, le peintre et décorateur Louis Daguerre, il n’en subsiste aujourd'hui que le fragment d’un unique exemplaire à Bry-sur-Marne dans le Val-de-Marne.

Panneau central du seul diorama subsistant de Louis Daguerre[1] dans l'atelier de restauration de Bry-sur-Marne, septembre 2007. http://81.252.98.33:6001 Webcam
Plaque apposée sur le mur de la caserne Vérines, rue Léon-Jouhaux, Paris 10e, marquant l'emplacement du diorama et du laboratoire de Louis Daguerre, détruits par un incendie en mars 1839.

HistoriqueModifier

Après avoir appliqué en 1803 le principe du diorama aux décors de théâtre en créant de grands tableaux romantiques animés par des jeux de lumières, Louis Daguerre ouvrit en 1822 le diorama de Paris pour présenter ses tableaux à effets conçus avec le peintre Charles-Marie Bouton. Ses décors monumentaux étaient peints en double face sur un support en toile translucide et se modifiaient en continu avec les variations de la lumière du jour[2].

En 1842, il installa son diorama dans l'église de Bry-sur-Marne. Le principe du diorama fut ensuite reproduit à échelle réduite dans des boîtiers miniatures vendus à la sortie de ses spectacles sous le nom de « polyoramas panoptiques ». Au même moment, Daguerre se lance dans la commercialisation et la diffusion d'un procédé photographique qui porte son nom, le daguerréotype, et qui connaîtra un énorme succès.

Une expérience théâtrale inéditeModifier

Le diorama fut un divertissement populaire entre 1822 et 1880, tant à Paris qu'à Londres et en Écosse. Conçu comme une alternative au très populaire panorama (peinture panoramique), le diorama était une expérience théâtrale présentée au public dans une salle spécialement conçue par Daguerre. Trois cent cinquante spectateurs faisaient la queue pour contempler une peinture de paysage dont l'apparence se modifiait de manière tantôt subtile, tantôt dramatique. La plupart d'entre eux restaient debout pendant les 10 à 15 minutes du spectacle. L'ensemble des spectateurs était ensuite entraîné par un énorme plateau rotatif vers une seconde représentation. Les modèles de diorama plus tardifs comportaient même une troisième scène.

Les scènes peintes atteignaient 7 m de large et 6,5 m de haut. Chacune était peinte à la main sur une toile dont la transparence était conservée dans certaines zones choisies. Une série de ces panneaux était disposée en profondeur dans un tunnel tronqué et éclairée par la lumière naturelle redirigée.

En fonction de l'intensité, de la direction de la lumière et de l'adresse des opérateurs pour manipuler ces sources, la scène semblait se modifier. Les effets étaient si subtilement rendus que le public, y compris les critiques, demeurait ébahi, croyant observer des scènes réelles. Le diorama de Bry-sur-Marne comportait des bougies dont la flamme, en s'éteignant, laissait apparaître la mèche incandescente et sa traînée de fumée.

Notes et référencesModifier

  1. Classé aux Monuments historiques en 1913.
  2. R. Derek WOOD, 'Daguerre and his Diorama in Paris in the 1830s', PhotoResearcher, (Journal of the European Society for the History of Photography), March 1997, Issue Nr 6 (1994/95/96), p. 35-40. http://www.midley.co.uk/diorama/Diorama_Wood_2.htm

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Louis Daguerre, Historique et description des procédés du daguerréotype et du diorama, 1839 Texte en ligne

Liens externesModifier

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