Codex Aureus de l'Escurial

Miniature de dédicace montrant l'empereur et l'impératrice devant la Vierge trônant.

Le Codex aureus Escorialensis ou Codex aureus Spirensis (Codex d'or de l'Escurial ou Codex d'or de Spire ; en allemand : Speyerer Evangeliar) est un manuscrit sur parchemin de vélin commandé par l'empereur Henri III en 1046. Cet évangéliaire est conservé à la Bibliothèque royale de l'Escurial en Espagne, sous la cote Codex Vitrinas 17. C'est un chef-d'œuvre de l'époque de l'enluminure ottonienne.

Histoire et descriptionModifier

Le manuscrit a probalement été composé au scriptorium de l'abbaye d'Echternach pour être offert par Henri III à la cathédrale de Spire, à l'occasion de la dédicace du maître-autel. Il contient la version de la Vulgate des quatre Évangiles ainsi que les tables de concordance des canons d'Eusèbe de Césarée.

L'évangéliaire, écrit en minuscule caroline sur deux colonnes, comprend 171 folios de grand format (50 cm sur 33,5 cm) luxueusement enluminés. Il est en effet orné de treize miniatures de pleine page, de quarante-trois miniatures de demi-page, de douze pages ornées des tables de canon, de quarante-quatre grandes lettrines historiées, etc. Certaines pages des Évangiles sont décorées d'atlantes et ornées d'or. Il est relié en cuir rouge orné de pointillés d'or.

La miniature de dédicace (folio 3 recto) montre la Vierge Marie (patronne de la cathédrale qui est peinte en fond) trônant au centre flanquée de l'empereur Henri III et de l'impératrice Agnès inclinés avec quatre médaillons figurant les vertus cardinales: la Sagesse, la Tempérance, la Force d'âme et la Justice.

Le Codex aureus a été ensuite en possession de l'empereur Maximilien Ier, puis de sa fille Marguerite d'Autriche (1480–1530), régente des Pays-Bas des Habsbourg, où il se trouve. Sa nièce Marie d'Autriche (1505–1558) en hérite. C'est à cette époque qu'Érasme le consulte. L'héritier de Marie, Philippe II d'Espagne, l'offre ensuite à la Bibliothèque de l'Escurial.

BibliographieModifier

  • Ingo Walther et Norbert Wolf, Chefs-d'œuvre de l'enluminure, Taschen, Paris, 2005, traduit de l'allemand.

Voir aussiModifier

SourceModifier