Cimetière des sans nom (Vienne)

Le Cimetière des sans nom (en allemand Friedhof der Namenlosen) est un cimetière de Simmering, le onzième arrondissement de Vienne. Il se trouve sur le territoire de l'ancienne commune d'Albern, à proximité du port d'Albern. Il s'agit plus exactement de deux cimetières dont seulement un est aujourd'hui reconnu comme le Cimetière des sans-noms.

Le Cimetière des sans-noms

Premier Cimetière des sans-noms, de 1840 à 1900Modifier

 
Carte de 1873 où figure le Cimetière des noyés (Friedhof für Ertrunkene)
 
Friedhof der Namenlosen, Zeichnung nach der Natur de Wilhelm Grögler (1839–1897) à l'occasion du Jour des Morts 1886

En 1840 est enterré en ce lieu le cadavre d'un noyé retrouvé dans le Danube. Un courant aquatique ramene, en effet, les déchets fluviaux et les corps sur les berges d'Albern[1], sans possibilité d'indentification des derniers. Un enterrement en règle étant refusé (la plupart des noyés s'étant suicidés), les corps sont inhumés sans cérémonie. Ainsi se développe le premier cimetière, bien que régulièrement inondé[2], comptant jusqu'à 200 tombes en 1893.

Cette partie du cimetière est détruite en 2012/2013 dans le cadre de travaux d'agrandissement et de protection anti-cru du port d'Albern.

Dans le cadre de l'extension de la zone portuaire et de la protection contre les inondations, cette partie du cimetière a été défrichée et nivelée à l'hiver 2012/2013. Dans le cadre des travaux, l'archéologie de la ville viennoise a récupéré tous les restes d'anciennes sépultures. La croix commémorative, qui marquait autrefois l'emplacement de l'ancien cimetière, a également été enlevée et est destinée à rappeler l'ancien cimetière dans un nouvel emplacement.

Second Cimetière des sans-noms, de 1900 à aujourd'huiModifier

En 1900, l'arrondissement de Simmering organise la construction d'un second cimetière, aujourd'hui encore accessible.

À la fin de la Première Guerre mondiale, le cimetière est profané par la population en quête de bois de chauffage[3].

En 1935 sont construits un mur d'enceinte en pierre et une chapelle (la Auferstehungskapelle, chapelle de la résurrection) consacrée par Theodor Innitzer[4]. En 1939, l'aménagement du port d'Albern modifie les courants du Danube qui ne mènent désormais plus les cadavres jusqu'à Albern. De plus, Albern intégrant la municipalité de Vienne, les noyés postérieurs à 1940, sont inhumés au Cimetière central de Vienne, laissant vide une partie du Cimetière des sans-noms. Au total, 104 noyés sont enterrés dans le cimetière, dont 43 identifiés, les autres ayant sur leur tombe une croix indiquant unbekannt (inconnu).

La société portuaire a vainement tenté d'utiliser cette zone pour l'expansion du port, mais abandonne finalement le projet. Au contraire même, c'est aux frais de la Wiener Hafen GmbH (SARL du port de Vienne) qu'est restaurée la chapelle en 1987.

Chaque année, le premier dimanche suivant la Toussaint, l'association des pêcheurs d'Albern organise un service commémoratif où un radeau décoré de fleurs et de bougies est lancé sur le fleuve. L'embarcation porte une pierre tombale avec l'épitaphe Den Opfern der Donau (aux victimes du Danube) ainsi que l'instruction, en allemand, en tchèque et en hongrois, de redonner de l'élan au radeau s'il est coincé sur une berge[5].

L'aménagement du Danube empêchant les corps de dériver vers Albern, aucun cadavre n'y a été retrouvé depuis 2004[6].

CultureModifier

Sans doute sous l'impulsion du film américain Before Sunrise, le cimetière fait aujourd'hui figure de lieu touristique insolite. On peut aussi le retrouver aussi dans un certain nombre de romans, de films et de documentaires autrichiens.

En outre, le groupe autrichien L'Âme Immortelle consacre sa chanson Namenslos (sans nom) au cimetière dans son album éponyme.

Photos du cimetière des sans-nomsModifier

Liens Internet (germanophones)Modifier

RéférencesModifier

  1. Modèle:ANNO.
  2. Modèle:ANNO; Modèle:ANNO.
  3. Joachim Riedl: Österreich. Der letzte Akt. In: Die Zeit, Nr. 47/2008
  4. Modèle:ANNO.
  5. Der Friedhof der Namenlosen. In: wien.gv.at, abgerufen am 21. Mai 2013.
  6. Friedhof der Namenlosen: Wo die Donau ihre Toten freigibt. In: vienna.at, 13. März 2012, abgerufen am 21. Mai 2013.