Charles de Méan

Charles de Méan, issu de l'ancienne et puissante famille de Méan de Beaurieux, est né à Liège en 1604 et décédé dans la même ville le , seigneur d'Atrin, est un célèbre jurisconsulte de la principauté de Liège et un bourgmestre de Liège. Il est surnommé le « Papinien liégeois ».

Charles de Méan
Charles de Méan (1604-1674).jpg
Statue de Charles de Méan (au milieu) sur la façade du Palais provincial à Liège.
Biographie
Naissance
Décès
Activités

BiographieModifier

Charles de Méan est issu d'une famille illustre, la Maison de Méan, dont plusieurs membres ont occupé de hautes dignités en Principauté de Liège. Son père, Pierre de Méan de Beaurieux, avocat, est conseiller à Liège, membre du conseil d'administration à Maastricht et conseiller des princes-évêques de Liège.

Charles étudie le droit à l'université de Louvain, et plus particulièrement le droit romain, et y obtient le grade de licencié. Après un séjour à Paris, il s'établit dans sa ville natale comme jurisconsulte et sa vaste connaissance du droit lui confère une grande réputation[1]. À la mort de son père en 1638, il reprend les charges de son père au conseil ordinaire de Liège, comme commissaire déciseur à Maastricht et comme membre du conseil privé du prince-évêque[1].

À l'époque, le peuple et une partie de la bourgeoisie - surnommés Grignoux - sont en lutte avec le prince et ses partisans - surnommés Chiroux[Note 1] - auxquels ils reprochent de ne plus observer la neutralité de la ville et la lutte entre les deux factions rythme la vie de la cité[1]. Bien que proche du prince-évêque, Méan souhaite adopter une position neutre entre les deux parties, dans la mesure du possible. En 1640, il représente la ville de Liège parmi les députés de la fédération des bonnes villes qui, avec les trente-deux bons métiers et le prince-évêque, négocient la paix de Tongres du après des années de lutte[1].

En 1641 il devient bourgmestre de Liège avec François de Liverlo[2] à la suite des élections favorables au parti des Chiroux. Cinq ans plus tard, le , de Liverlo et lui sont réélus après des élections contestées mais le 25 juillet des affrontements sanglants entre Chiroux et Grignoux se soldent au profit de ces derniers et aboutissent à sa démission au profit de l'ex-colonel Renard Jaymaert (Grignoux)[2]. Le , Charles de Méan est anobli par l'empereur Ferdinand III pour service rendu au pays[3], avec l'honneur de pouvoir enchâsser l'aigle de l'Empire dans ses armes ainsi que d'ajouter la couronne impériale sur ses armoiries[1].

Il abandonne complètement la politique et, durant les 30 dernières années de sa vie, il étudie le droit romain ainsi que le droit liégeois et se consacre à ses fonctions de membre du conseil ordinaire et privé[1]. On lui doit la base du droit liégeois qui jusqu'alors était un véritable chaos[1]. Son ouvrage majeur est composé de six tomes dont les cinq premiers, publiés entre 1652 et 1669 sont intitulés Observationes et res judicatae[Note 2],[4],[5], et le sixième tome, publié à titre posthume, porte le nom de Definitiones ad ius civile. Son livre sera distribué pendant un siècle à chaque nouveau magistrat liégeois[6],[7].

FamilleModifier

II a eu pour épouse Jeanne Vander Heyden à Blisia, sœur de Conrad Vander Heyden à Blisia, bourgmestre de Liège en 1640. Charles de Méan laisse une nombreuse descendance et plusieurs de ses enfants embrassent la carrière religieuse[1]. Son fils Pierre édite la dernière partie des œuvres de son père[1]. François-Antoine-Marie de Méan, dernier prince-évêque de Liège, est un descendant de Charles de Méan.

DeviseModifier

  • Fax gentis honeste gloria[1].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le nom est dû aux uniformes de la compagnie militaire qu'ils ont organisée, vêtue de noir et blanc : en wallon, « chiroux », désigne l'hirondelle de fenêtre.
  2. Titre complet : Observationes et res judicatae ad jus civile Leodiensium, Romanorum, aliarumque gentium, canonicum et feudale.
    En français : Observations et choses jugées sur le droit civil, canonique et féodal des Liégeois des Romains et des autres nations.

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g h i et j Falloise 1897.
  2. a et b « Les Arquebusiers de Visé - le XVIIe siècle », sur http://www.arquebusiers.be (consulté le 1er octobre 2012)
  3. « Le château des comtes de Méan », sur http://www.saive.be (consulté le 1er octobre 2012)
  4. J.-J. Raikem, Discours prononcé à l’audience de rentrée le 15 octobre 1845, Liège, H. Dessain, , p. 19
  5. X. de Theux de Montjardin, Bibliographie liégeoise, Bruges, Desclée de Brouwer, , 2e éd., colonne 195
  6. A. Meyers, Cour d’appel de Liège : Charles de Méan jurisconsulte liégeois : sa vie et ses œuvres : discours de M.A. Meyers, procureur général, prononcé à l’audience solennelle de rentrée du 15 septembre 1926, et dont la cour a ordonné l’impression, Liège, Cour d’appel de Liège, , p. 5
  7. J. Constant, Dominique-François de Sohet, Jurisconsulte liégeois (1728-1811), J.T., , p. 673

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Article connexeModifier