Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Le biais du survivant est une forme de biais de sélection consistant à surévaluer les chances de succès d'une initiative en concentrant l'attention sur les sujets ayant réussi mais qui sont des exceptions statistiques (des « survivants ») plutôt que des cas représentatifs.

Sommaire

ExemplesModifier

Finance et économieModifier

Dans le domaine de la finance, le biais du survivant survient lors de l'exclusion des entreprises ayant fait faillite des études de performance. Ainsi, par exemple, si une étude évalue la performance des entreprises pour une certaine période de temps, les entreprises n'ayant pas « survécu » toute cette période seront exclues.

En 1996, Elton, Gruber et Blake montrent que le biais du survivant est plus étendu dans le domaine des petits fonds mutuels que dans celui des gros, probablement en raison du plus grand nombre de faillites chez les petits[1].

MilitaireModifier

 
Les endroits endommagés des avions revenus du front montrent les endroits où ils peuvent être endommagés et espérer revenir à la base. Les avions endommagés aux autres endroits ne reviennent pas.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le statisticien Abraham Wald a pris en compte le biais du survivant dans ses calculs afin d'évaluer comment minimiser la perte de bombardiers sous le feu ennemi. En étudiant les dommages causés à des aéronefs revenus de mission, l'étude a recommandé de blinder les endroits des appareils qui présentaient le moins de dommages. En effet, Wald a constaté que les études précédentes ne tenaient compte que des aéronefs qui avaient « survécu » à leur mission, sans tenir compte de ceux qui avaient disparu. Ainsi, les endroits endommagés des aéronefs revenus représentent les endroits où ces derniers peuvent encaisser des dommages et réussir à rentrer à la base. La conclusion de Wald est que lorsqu'un aéronef est endommagé à un autre endroit, il ne revient pas du front. En conséquence, ce sont ces endroits qui devraient être renforcés[2],[3].

ChatsModifier

Une étude réalisée en 1987 montre que les chats qui chutent d'une hauteur équivalente à moins de six étages et qui survivent ont des blessures plus graves que les chats tombant d'une hauteur plus élevée[4],[5]. L'une des hypothèses proposées affirme que cela est causé par la baisse du stress chez l'animal une fois la vitesse terminale atteinte, ce qui l'amène à être plus « mou » lors du choc au sol[6]. La situation pourrait cependant s'expliquer par un biais du survivant. Il est beaucoup moins probable que les chats qui meurent à la suite d'une chute soient emmenés chez le vétérinaire par rapport aux chats blessés par une chute. Les chats morts à la suite d'une chute de plus de six étages sont donc retirés des statistiques, ne laissant la place qu'aux chats « survivants »[7].

HistoireModifier

Production industrielleModifier

Architecture et constructionModifier

PublicitéModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) Elton, Gruber et Blake, « Survivorship Bias and Mutual Fund Performance », Review of Financial Studies (en), vol. 9, no 4,‎ , p. 1097–1120 (DOI 10.1093/rfs/9.4.1097).
  2. (en)(en) Marc Mangel et Francisco Samaniego, « Abraham Wald's work on aircraft survivability », Journal of the American Statistical Association, vol. 79, no 386,‎ , p. 259–267 (DOI 10.2307/2288257, JSTOR 2288257) Reprint on author's web site.
  3. Wald, Abraham. (1943). A Method of Estimating Plane Vulnerability Based on Damage of Survivors. Statistical Research Group, Columbia University. CRC 432 — reprint from July 1980. Center for Naval Analyses.
  4. (en) WO Whitney et CJ Mehlhaff, « High-rise syndrome in cats », Journal of the American Veterinary Medical Association, vol. 191, no 11,‎ , p. 1399–403 (PMID 3692980)
  5. Highrise Syndrome in Cats.
  6. « Falling Cats »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 7 juillet 2017).
  7. (en) « Do cats always land unharmed on their feet, no matter how far they fall? », The Straight Dope (en), (consulté le 13 mars 2008).

Voir aussiModifier