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Bataille d'Aïn Djalout

bataille des invasions mongoles en Syrie
Bataille d'Aïn Djalout
Description de l'image Campaign of the Battle of Ain Jalut 1260.svg.
Informations générales
Date
Lieu Vallée de Jezréel, près d'Afoula (Israël)
Issue Victoire du Sultanat mamelouk
Belligérants
Mameluke Flag.svg Sultanat mameloukFlag of Ilkhanate.gif Empire ilkhanide
Commandants
Mameluke Flag.svg Sayf ad-Dîn Qutuz
Mameluke Flag.svg Baybars
Flag of Ilkhanate.gif Ketboğa
Forces en présence
Environ 20 000 hommesMoins de 30 000 hommes
Pertes
ElevéesTrès élevées

Invasions mongoles en Syrie

Coordonnées 32° 36′ nord, 35° 15′ est

La bataille d'Aïn Djalout[1] oppose le les Mamelouks d'Egypte et les Mongols dans la vallée de Jezreel, actuellement en Israël. Les Mongols y subissent une défaite historique : un coup d'arrêt à leur progression vers l'ouest entamée en 1207.

Sommaire

HistoriqueModifier

Contexte : l'invasion mongole au Moyen-OrientModifier

L'armée mongole menée par Houlagou Khan, sous le règne du grand khan Möngke, après avoir conquis l'Irak du califat abbasside et la Syrie, menace le Proche-Orient et l'Egypte. Mais la mort de Möngke perturbe le déroulement de la campagne mongole ; Houlagou se replie sur Tabriz, ne laissant en Syrie qu'une partie de l'armée sous le commandement du général Ketboğa.

La contre-offensive des Mamelouks en PalestineModifier

Sayf ad-Dîn Qutuz, le sultan mamelouk, décide d'attaquer les Mongols en Syrie.

Le , l'avant-garde égyptienne quitte Le Caire. La route directe vers Damas est tenue par les croisés qui acceptent de laisser passer les Mamelouks et leur vendent même du ravitaillement (le pape avait interdit l'alliance avec les Mongols, lesquels venaient de ravager les environs de Sidon en représailles à une opération de razzia de Julien de Sidon).

Les Mamelouks peuvent donc avancer vers la Syrie. Les Mongols avec à leur tête le gouverneur de la région, Ketboğa, vont à leur rencontre avec quelques auxiliaires d'Arménie et de Géorgie, pays inféodés aux Mongols. L'affrontement a lieu quelques kilomètres à l'ouest d'Afoula dans la vallée de Jezréel, à Maayan Harod (“Source d'Hérode” ; Aïn Djalout en arabe, “Source de Goliath”).

Le déroulement de la batailleModifier

Au premier assaut, les Mamelouks s'enfuient, attirant les Mongols vers le fond de la vallée dont les hauteurs sont occupées par des unités d'infanterie recrutées localement.

Lorsque Ketboğa se rend compte du traquenard, il stoppe la poursuite et fait manœuvrer le gros de ses troupes. Tandis que ses premiers rangs s'enfoncent dans l'avant-garde mamelouke, ses cavaliers légers opèrent un mouvement tournant vers les collines de Galilée afin d'attaquer l'aile gauche.

L'avant-garde mamelouke est décimée, mais le gros des forces parvient à décrocher. Durant une grande partie de la matinée, la bataille est confuse, le sultan tente de reformer son aile gauche en y transférant des hommes de l'aile droite et en lançant des assauts violents.

Galvanisés par les appels du sultan qui monte en première ligne avec sa garde personnelle, les Mamelouks réussissent à tenir devant l'armée mongole et la mettent en échec.

Ketboğa tente de rétablir la situation qui tourne à son désavantage, mais en vain ; il est contraint de reculer jusqu'au village de Boisin près du Jourdain. Les Mamelouks donnent un dernier assaut, qui oblige les Mongols et leurs alliés à s'enfuir. En ce qui concerne Ketboga, on ignore s'il est tué durant ce dernier combat ou s'il est fait prisonnier puis exécuté.

BilanModifier

Ce fut la première grande défaite des Mongols. Elle marqua la fin de leur avance vers l'ouest. En 1260, une tentative mongole pour reprendre la Syrie avorta.

Elle augmenta le prestige des Mamelouks et leur permit de conserver le contrôle de la Syrie (jusqu'au moment de la conquête ottomane au XVIe siècle).

À la suite de la défaite, on rapporte ces paroles adressées à l'il-khan mongol : « Que le khan ne soit pas affligé par la perte de son armée. Qu'il s'imagine que pendant une année les femmes de ses soldats n'ont pas été enceintes et que les juments n'ont pas pouliné. Longue vie au Khan ! »[2]

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Aïn Djalout en arabe : ʿayn jālūt, عين جالوت, source de Goliath. Ein Harod en hébreu : עין חרוד, source d'Hérode.
  2. Cité dans Roux 1993, p. 363.