Basse chiffrée

forme de composition musicale
Récitatif «Thy Hand, Belinda» à la finale du Didon et Énée de Henry Purcell

La basse chiffrée est une notation musicale composée de chiffres arabes annotant une basse continue[1]. Elle indique les intervalles, accords et notes étrangères pour un morceau de musique improvisé. Ce système était principalement utilisé en musique baroque.

Basse continueModifier

La basse continue a été utilisée tout au long de la période baroque (de 1600 à 1750), principalement sous forme d'une basse chiffrée jouée par le groupe continuo des instruments harmoniques[1]. Le terme « basse continue » provient de l'obligation où se trouvaient les accompagnateurs d'improviser l'accompagnement à partir d'une ligne de basse ininterrompue, même si la voix de basse se taisait. À la fin du XVIe siècle, les organistes ont constitué ainsi des lignes de basse ininterrompues, formées à chaque instant de la note la plus grave chantée par le chœur qu'ils accompagnaient. Le chiffrage de ces basses continues – les chiffres donnant quelques indications sur les accords à réaliser – a donné naissance à la basse chiffrée.

NotationModifier

Une basse chiffrée est constituée d'une partie de basse (notes sur une partition) agrémentée de chiffres et d'altérations placées sous la portée. Ces indications suggèrent les intervalles à jouer, qui correspondent à certains accords ou leurs renversements.

Les compositeurs baroques avaient chacun leur convention de chiffrage. Les chiffres pouvaient même être omis lorsque le compositeur pensait que l'accord à utiliser était évident.

Le chiffrage moderne de la basse peut se résumer ainsi :

  • accords de trois notes :
    • fondamental : rien ou 5/3
    • premier renversement : 6 ou 6/3
    • deuxième renversement : 6/4
  • accords de quatre notes :
    • fondamental : 7
    • première renversement : 6/5
    • deuxième renversement : 4/3
    • troisième renversement : 4/2

ExemplesModifier

 

La basse est ici un do ; les chiffres 4 et 6 indiquent qu'il faut jouer une quarte et une sixte au-dessus de cette note, donc un fa et un la. On jouera ici le deuxième renversement d'un accord de fa majeur.

 

Notes et référencesModifier

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Figured bass » (voir la liste des auteurs).
  1. a et b Abromont 2001, p. 532

BibliographieModifier

  • Claude Abromont et Eugène de Montalembert, Guide de la théorie de la musique, Librairie Arthème Fayard et Éditions Henry Lemoine, coll. « Les indispensables de la musique », , 608 p. [détail des éditions] (ISBN 978-2-213-60977-5)

Article connexeModifier

Liens externesModifier