Ataxie de Friedreich

L'ataxie de Friedreich est la plus fréquente des ataxies héréditaires d'origine génétique, qui se déclare généralement à l'adolescence.

Elle doit son nom à Nikolaus Friedreich, un médecin allemand qui a décrit la maladie en 1863.

IncidenceModifier

Elle touche environ 1 personne sur 50 000 en France, aussi bien les hommes que les femmes[1].

CauseModifier

C'est une mutation du gène FXN sur le locus q13 du chromosome 9, responsable de l'encodage d'une petite protéine de la matrice mitochondriale, la frataxine qui cause la maladie de Friedreich. Cette mutation est une expansion du codon GAA[2],[3] qui est normalement répété moins de 30 fois dans ce gène, tandis que sa répétition atteint 60 et peut dépasser 1000 dans cette pathologie. La mutation responsable de l'affection empêche la production normale de frataxine, ce qui perturbe le métabolisme du fer dans la mitochondrie. Les nerfs et les muscles sont particulièrement touchés. Le nombre de codons anormalement répétés est corrélé avec la précocité, la sévérité de la maladie et la probabilité de survenue d'une atteinte cardiaque[3].

La transmission est autosomique récessive. Le nombre de répétitions du codon chez l'enfant n'est cependant pas toujours en rapport avec le nombre de codons chez les parents[3].

DescriptionModifier

Signes neurologiquesModifier

  • Trouble de l'équilibre, difficulté à coordonner ses mouvements, dysarthrie (difficulté à s'exprimer), perte des réflexes.

Signes ostéo-articulairesModifier

  • Varient selon les cas: Pieds creux bilatéraux, déviation importante de la colonne vertébrale...

Signes viscérauxModifier

DiagnosticModifier

  • Par le biais d'un neurologue, qui évaluera la fonction neurologique au niveau des jambes, confirmation par une prise de sang en dépistant la répétition du chromosome 9.

ÉvolutionModifier

La cause du décès est cardiaque dans plus de la moitié des cas[4]. Elle peut aussi survenir à la suite d'un étouffement.

Diagnostic différentielModifier

  • Un diagnostic différentiel essentiel : l'AVED, acronyme de Ataxia Friedreich-like with selective deficiency vitamine E, qui est une maladie provoquée par une mutation du chromosome 8 et dont le traitement par la vitamine E permet de ralentir voire de stopper l'évolution.

TraitementModifier

Le coenzyme Q10 ou son dérivé (l'idébénone) a un certain effet sur la cardiopathie avec une régression partielle de l'hypertrophie ventriculaire gauche mais beaucoup moins sur les signes neurologiques[5].

L'administration de nicotinamide permet d'obtenir une hausse substantielle du taux de la frataxine, sans, cependant, d'effets démontrés sur la maladie, du moins à court terme[6].

Notes et référencesModifier

  1. Alexis Brice, « Ataxie de Friedreich », Orphanet, (consulté le ).
  2. Campuzano V, Montermini L, Moltò MD, Pianese L, Cossée M, Cavalcanti F, Monros E, Rodius F, Duclos F, Monticelli A, Zara F, Cañizares J, Koutnikova H, Bidichandani SI, Gellera C, Brice A, Trouillas P, De Michele G, Filla A, De Frutos R, Palau F, Patel PI, Di Donato S, Mandel JL, Cocozza S, Koenig M, Pandolfo M, « Friedreich's ataxia: autosomal recessive disease caused by an intronic GAA triplet repeat expansion », Science, vol. 271, no 5254,‎ , p. 1423–7 (PMID 8596916, DOI 10.1126/science.271.5254.1423)
  3. a b et c (en) Durr A, Cossee M, Agid Y et al. « Clinical and genetic abnormalities in patients with Friedreich's ataxia » N Engl J Med, 1996;335:1169–1175.
  4. (en) Tsou AY, Paulsen EK, Lagedrost SJ et al. « Mortality in Friedreich ataxia » J Neurol Sci, 2011;307:46–49.
  5. (en) Mariotti C, Solari A, Torta D, Marano L, Fiorentini C, Di Donato S, « Idebenone treatment in Friedreich patients: one-year-long randomized placebo-controlled trial » Neurology, 2003;60:1676–1679.
  6. (en) Libri V, Yandim C, Athanasopoulos S et al. « Epigenetic and neurological effects and safety of high-dose nicotinamide in patients with Friedreich's ataxia: an exploratory, open-label, dose-escalation study », 2014;384:504–513.

Voir aussiModifier