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Archée d'Asgård

groupe d'archées
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Les archées d'Asgård ou Asgardarchaeota forment un groupe d'archées découverts en 2015 dans des sédiments profonds à proximité d'une source hydrothermale (Loki Castle) au large de la Norvège. Nommés d’après le domaine des dieux dans la mythologie nordique[1], ils partagent des traits que l'on croyait réservés aux eucaryotes. De ce fait, on considère que ce clade inclut les eucaryotes, à ceci près que ces derniers sont issus de l'endosymbiose d'au moins une α-protéobactérie (devenue leur mitochondrie).

Les archées Asgård codent certaines protéines semblables à celles des eucaryotes[2], les profilines[3] qui régulent la polymérisation de l'actine, un constituant du cytosquelette des cellules. Elle intervient aussi dans les déplacements de vésicules ou d'organites et dans l'endocytose ou la phagocytose. Ainsi l'ancêtre commun à la bifurcation archées - eucaryotes était dotée de mécanismes qui ont permis l'endocytose fondatrice des eucaryotes[4].

Une étude[5] montre que ces archées sont hétérotrophes : ils se nourriraient de matière organique et rejetteraient à des degrés divers de l'hydrogène ou autres produits de réduction. De leur côté, certaines α-protéobactérie produisent des enzymes spécialisées dans le métabolisme de l'hydrogène. L'étude suggère donc que ces archées et l’ancêtre des mitochondries vivaient en symbiose avant qu'une endosymbiose intervienne et soit pérennisée chez les eucaryotes[6].

Les archées d'Asgård pourraient constituer un sous-règne d'archées formé de cinq embranchements : les Lokiarchaeota, Odinarchaeota, Thorarchaeota, Heimdallarchaeota et Helarchaeota[7].

Proteoarchaeota
TACK

Korarchaeota




Crenarchaeota





Aigarchaeota



Geoarchaeota





Thaumarchaeota



Bathyarchaeota






Asgardarchaeota


Lokiarchaeota



Odinarchaeota



Thorarchaeota





Heimdallarchaeota


(+α─Proteobacteria)

Eukaryota




Helarchaeota




Les archées d'Asgård n'étaient connues que par l'étude de leur génome. Il faut attendre 2019 pour qu’une équipe parvienne à en cultiver une espèce, ou plutôt deux car Prometheoarchaeum synthrophicum abrite dans ses longs tentacules une autre espèce d'Archée, Methanogenium. De croissance extrêmement lente, Prometheoarchaeum syntrophicum (souche MK-D1) est un organisme de petite taille (∼550 nm), anaérobie, qui dégrade des acides aminés et des peptides par syntrophie (échange d’hydrogène avec Methanogenium et une bactérie, Halodesulfovibrio)[8],[9].

Notes et référencesModifier

  1. en suédois.
  2. (en) Laura Eme, Anja Spang, Jonathan Lombard, Courtney W. Stairs et Thijs J. G. Ettema, « Archaea and the origin of eukaryotes », Nature Reviews Microbiology, vol. 15, no 12,‎ , p. 711-723 (ISSN 1740-1534, DOI 10.1038/nrmicro.2017.133, lire en ligne).
  3. (en) C. Akıl et R. C. Robinson, « Genomes of Asgard archaea encode profilins that regulate actin », Nature, vol. 562,‎ , p. 439-443 (DOI 10.1038/s41586-018-0548-6).
  4. Pour la Science no 494 décembre 2018 p. 16.
  5. Anja Spang et al., Proposal of the reverse flow model for the origin of the eukaryotic cell based on comparative analyses of Asgard archaeal metabolism.,2019 DOI:10.1038/s41564-019-0406-9.
  6. Pour la Science no 500 juin 2019 p. 8.
  7. (en) Kiley W. Seitz, Nina Dombrowski, Laura Eme, Anja Spang, Jonathan Lombard et al., « Asgard archaea capable of anaerobic hydrocarbon cycling », Nature Communications, vol. 10,‎ , article no 1822 (DOI 10.1038/s41467-019-09364-x).
  8. Imachi H. et al., Isolation of an archaeon at the prokaryote-eukaryote interface DOI:10.1101/726976
  9. La Recherche, octobre 2019, p. 24.