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Animation (films et vidéos)

technique cinématographique
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L’animation est l'effet résultant d'images ayant été manipulées dans le but de créer l'illusion que lesdites images sont dotées de mouvement propre. Pour obtenir cet effet il est possible de recourir à toute sorte de techniques, depuis les jouets optiques comme le folioscope, que l'on peut se faire à la maison en dessinant successivement sur les pages d'un simple cahier, jusqu'aux techniques de pointe de l'animation par ordinateur, en passant par les techniques d'animation classiques telles que le dessin animé ou l'animation en volume. Ces deux techniques, le dessin animé et l'animation en volume, sont basées sur le principe de la prise de vues image par image.

Sommaire

Histoire de l'image animéeModifier

Article détaillé : Histoire de l'animation.
Figure 1.2
Cette animation comprend dix images par seconde. À cette cadence, l'illusion d'un mouvement continu est possible.
Figure 1.1
Cette animation comprend deux images par seconde. À cette cadence, les images sont perçues séparément et l’illusion d'un mouvement continu est donc impossible.
 
Disque de phénakistiscope (1832)

Les techniques d'animation les plus anciennes sont celles utilisées dans les jouets optiques dont le cycle de visionnement ne dépasse pas les deux secondes. L'animation devient le moyen de raconter une histoire avec la mise au point en 1892 par le Français Émile Reynaud, du Théâtre optique présentant en projection des « pantomimes lumineuses » peintes à la main directement sur la pellicule, ancêtre de la technique de l'animation sans caméra.
Suivent en 1906 les dessins à la craie sur tableau noir du comédien américain James Stuart Blackton, avec l’utilisation pour la première fois de la prise de vue image par image. Une rationalisation de cette technique par l’utilisation de feuilles de celluloïd (appelés « cells ou cels, ou cellos ») permet un développement industriel de cette technique dans les années 1920.
La même technique image par image lance l’animation en volume, dont encore une fois le comédien James Stuart Blackton a l’idée, appliquant cette technique à un décor miniaturisé où les personnages sont en fait des objets qui semblent bouger tout seuls. En plus, Blackton innove en animant une marionnette, procédé image par image dont la cousine est l’animation de pâte à modeler, deux techniques que l’on utilise encore de nos jours.

L'histoire de l’image animée commence bien avant celle du cinéma. Le folioscope, petit carnet de dessins successifs qui donne l’illusion de personnages ou d’animaux en mouvement lorsqu'on l’effeuille avec le pouce, est sans doute l'un des premiers procédés d'animation complexe. Dans les premières décennies du XIXe siècle apparaissent des dispositifs appelés couramment jouets optiques, « qui vulgarisaient sous des formes récréatives les expériences scientifiques de laboratoire sur la décomposition et la restitution du mouvement à partir de dessins. Comme à cette époque, les scientifiques connaissaient tous le grec et le latin, ils donnaient à leurs machines des noms aussi étranges que savants. Ces jouets de salon suscitaient dans les dernières décennies du XIXe siècle l’engouement d’un public fortuné en même temps qu’ils ouvraient le chemin des rêves aux artistes »[1]. C'est ainsi que Joseph Plateau, voulant mettre en évidence la persistance rétinienne, invente le Phénakistiscope en 1832, un disque pivotant sur son axe, muni sur son pourtour de fentes verticales par lesquelles on observe, en reflet dans un miroir, une suite de dessins disposés en rayons sur le disque (un dessin voisine chaque fente), dessins qui représentent une personne ou un animal en mouvement en autant de positions immobiles[2]. Zootrope, Praxinoscope, Zoopraxiscope, et d’autres machines suivent celle de Plateau.

Il faut cependant attendre la dernière décennie du XIXe siècle pour que naisse réellement l’animation, basée sur une histoire complète (de 1 minute 30 à 5 minutes), mettant en place plusieurs personnages et diverses péripéties : les Pantomimes lumineuses, dessinées et coloriées directement sur une bande continue de carrés de gélatine reliés entre eux. Leur auteur s’appelle Émile Reynaud et il a déjà inventé le Praxinoscope. Il projette ces premiers dessins animés du cinéma sur grand écran dès le au musée Grévin, dans ce qu'il nomme le Théâtre optique, soit 3 ans avant la première séance de projection du Cinématographe des Frères Lumière[3].

Le dessin animé filmé image par image avec une caméra chargée d'une pellicule photographique voit le jour en 1906 avec Humorous Phases of Funny Faces (traduisible par : Phases amusantes de figures rigolotes), réalisé par le comédien américain James Stuart Blackton. En trois minutes, sur un tableau noir où sont tracés, puis modifiés, des traits à la craie blanche, une histoire complète est racontée, celle d'un jeune couple qui s'aime, puis vieillit, grossit, s'aigrit, et finit par se détester. Un coup d'éponge final, donné par le dessinateur, les plonge dans le noir. La technique est alors appelée « en France, "mouvement américain". Il était encore inconnu en Europe »[4]. Le film est tourné photogramme après photogramme, à la manière d’un appareil photo, grâce à ce qu’on nomme le « tour de manivelle », un tour de la manivelle de la caméra déplace la pellicule d'un seul pas d'image (4 perforations) et enregistre un unique photogramme.

Technique du dessin animéModifier

 
Figure 2 : décomposition des 6 images des figures 1.1 et 1.2, permettant la restitution du mouvement.
 
Banc d'animation film.

La technique est identique, quel que soit le moyen d'acquisition employé : le mouvement des personnages (et des objets) est décomposé en une succession de dessins, sur la base universelle de 24 ou 25 dessins par seconde d'action, qui, enregistrés dans l'ordre chronologique, produisent à la projection l'illusion d'un mouvement continu. Selon les indications du storyboard fourni par le réalisateur ou la réalisatrice, l'animateur ou animatrice dessine sur papier chaque position clé des personnages dans une action donnée et détermine en combien de secondes (donc autant de fois 24 ou 25 images) le mouvement ainsi souhaité doit se produire. C'est pour cela qu'on l'appelle le plus souvent animateur ou animatrice clé. Ses assistants, appelés intervallistes, dessinent les positions intermédiaires entre chaque position clé, et, selon le principe du folioscope, la fluidité du mouvement peut ainsi être testée (parfois filmé et projeté quand le budget du film le permet).
Après acceptation ou transformations, les dessins sur papier sont reportés à l'encre de Chine sur une succession de cells maintenus en position par un jeu de perforations et de tenons qui permettent une superposition exacte des dessins. Les différentes manipulations des cells sont protégées des traces de doigts par des gants que l'on porte obligatoirement au cours des opérations. Chaque dessin est repris par les coloristes qui appliquent des encres de couleur sur son verso sans dépasser les limites des tracés à l'encre de Chine. Dans le système industriel du dessin animé, chaque couleur est appliquée par le ou la même coloriste pour des raisons de productivité. Les cells terminés sont alors photographiés un par un avec une caméra dédiée à l'image par image sur un banc d'animation qui est doté des mêmes tenons qu'ont utilisés les animateurs.
L'image animée par ordinateur simplifie grandement tout ce travail : c'est le logiciel d'animation qui effectue lui-même les opérations de dessins intermédiaires et de mise en couleurs, et qui livre directement "au propre" l'animation désirée.

Travail d'animationModifier

Techniques d'animationModifier

Article détaillé : Technique d'animation.

À peu près tout peut être utilisé pour faire un film d'animation, l'élément principal étant souvent l'imagination. Voici une liste des principales techniques.

Logiciels d'animationModifier

Article détaillé : Logiciel d'animation.
    • Adobe Animate CC, précédemment Adobe Flash et anciennement Macromedia flash. Logiciel de 2D, de très bonne qualité, pouvant aller jusqu'à des animations très poussées.
  • Anime Studio (en) (anciennement Moho) Logiciel, au prix abordable pour le grand public, spécialisé en animation 2D incluant quelques fonctionnalités 3D.
  • Beneton Movie GIF Logiciel complètement gratuit d'animation GIF.
  • Blender Logiciel libre d'animation 3D, de rendu, de compositing.
  • Gimp Logiciel libre de dessin permettant de créer des animations.
  • CTP Pro Logiciel d'animation traditionnelle 2D surtout utilisé pour tester l'animation.
  • Ktoon (en) Logiciel libre d'animation sous linux.
  • Media PEGS du studio d'animation Pixibox a été, vers la fin des années 1990 un logiciel professionnel d'animation 2D et de colorisation comptant parmi les plus répandus au sein de nombreux studios internationaux.
  • PackshotCreator Logiciel de capture et de gestion d'images et d'animations 3D en temps réel.
  • Pencil est un logiciel libre d'animation 2D (vectorielle/bitmap).
  • Swift 3D (en) Logiciel de 3D particulièrement.
  • Synfig Logiciel libre d'animation vectorielle 2D.
  • Stop Motion Logiciel d'animation utilisé avec une caméra
  • ToonBoom Logiciel spécialiste en animation 2D utilisé par Warner Bros et Disney.
  • Toonz (en) utilisé par le Studio Ghibli.
  • TVPaint Animation - Logiciel d'animation bitmap présentant la majorité des techniques d'animation traditionnelle.
  • iStopMotion Logiciel sur MacOSX, capture et traitement d'images en stop motion.
  • ToonLoop Logiciel libre d'animation en direct
  • Daz Studio 3 (en)
  • pencil traditionnal softwareLogiciel d'animation traditionnel en bitmap et en vectoriel, libre et gratuit

Métiers de l'animationModifier

Article détaillé : Métiers de l'animation.

Écoles de cinéma d'animationModifier

Studios d'animationModifier

Associations et FestivalsModifier

Associations de cinéma d'animationModifier

Voir: Catégorie:Association du domaine de l'animation

Festivals de cinéma d'animationModifier

Voir: Catégorie:Festival de cinéma d'animation

EuropeModifier

France
Autres

Hors EuropeModifier

Le cinéma d'animation dans le mondeModifier

Personnalités du domaine de l'animationModifier

BibliographieModifier

HistoireModifier

  • Giannalberto Bendazzi, Cartoons, Liana Levi, 1991, 704p. (édition originale en italien : Marsilio Editori, 1988) (ISBN 2-8674-6073-5)
  • Bernard Clarens, André Martin, écrits sur l'Animation.1, Dreamland éditeur (ISBN 2-9100-2763-5)
  • Olivier Cotte, Il était une fois le dessin animé, Éditions Dreamland, 2001 (ISBN 2-9100-2777-5)
  • Olivier Cotte, 100 ans de cinéma d’animation, Paris, Dunod, , 416 p. (ISBN 978-2100728411)
  • Bernard Génin, Le cinéma d'animation : dessin animé, marionnettes, images de synthèse, Cahiers du cinéma, Scéren-CNDP, coll. « Les petits cahiers », 2003 (ISBN 2-8664-2370-4)
  • Xavier Kawa-Topor, Le Cinéma d’animation en 100 films, sous la direction de Xavier Kawa-Topor et Philippe Moins, Éd. Capricci, 352 pages,
  • René Laloux, Ces dessins qui bougent, Cent ans de cinéma d'animation, Dreamland éditeur, 2006 (ISBN 2-9100-2708-2)
  • Bernard Lonjon, Emile Reynaud, le véritable inventeur du cinéma, Éditions du Roure, 2007 (ISBN 978-2-9062-7865-3)
  • Anima Mundi, Animation Now!, Taschen, Cologne / Londres, 2004
  • Dominique Willoughby, Le cinéma graphique : une histoire des dessins animés, Éditions Textuel, 2009.

EsthétiqueModifier

  • Marcel Jean, Le Langage des signes et autres essais sur le cinéma d’animation, éditions Les 400 coups, 2006,
  • Hervé Joubert-Laurencin, La Lettre volante, quatre essais sur le cinéma d’animation, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 1997, collection « Œil vivant »,
  • Xavier Kawa-Topor (sous la direction de), Le Cinéma d’animation, Éditions 303, 2014,
  • Xavier Kawa-Topor, Cinéma d’animation, au-delà du réel, Éd. Capricci, 92 pages,

En savoir plus sur https://www.lemonde.fr/culture/article/2016/07/09/regard-raisonne-sur-l-animation_4966892_3246.html#7XT4p0seOqs4UfZp.99

  • Jayne Pilling, Cartoons and the movies, Éditions Dreamland, 1997,
  • Georges Sifianos, Esthétique du cinéma d’animation, Éditions du Cerf, 2012, collection « 7ème Art »,

Dossiers sur le cinéma d'animation publiés dans des magazines de cinémaModifier

  • Positif no 54-55 p. 1 ; no 297 p. 31 ; no 316 p. 46 ; no 345 p. 36 ; no 346 p. 44 ; no 370 p. 83 ; no 371 p. 83 ; no 398 p. 78 ; no 412 p. 76 ; no 415 p. 86 ; no 447 p. 80 ; no 472 p. 78 ; no 508 p. 74
  • Écran no 11 p. 2
  • Cinématographe no 6 p. 20.
  • Cinémaction n°51, avril 1989.

TechniqueModifier

  • S. De Marchi & R. Amiot, Le Dessin Animé d'Amateur et l'Animation, publications Photo-cinéma Paul Montel, 1971
  • Preston Blair, Cartoon, l'animation sans peine, éditions Taschen, 1994
  • Richard Williams, Techniques d'animation, édition en langue française publiée par le groupe Eyrolles, 2003
  • Olivier Cotte, Les oscars du film d'animation : secrets de fabrication de 13 courts-métrages récompensés à Hollywood, Paris, Eyrolles, , 288 p. (ISBN 2212115687)
  • Olivier Cotte, Le grand livre des techniques du cinéma d’animation, Paris, Dunod, , 360 p. (ISBN 978-2100777785)

Notes et référencesModifier

  1. Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, Grammaire du cinéma, Paris, Nouveau Monde, coll. « Cinéma », , 588 p. (ISBN 978-2-84736-458-3), p. 13
  2. Joseph Plateau, Sur un nouveau genre d'illusions d'optique, Bruxelles, Correspondance mathématique et physique n°6,
  3. Vincent Pinel, Dictionnaire technique du cinéma, Paris, Armand Colin, , 369 p. (ISBN 978-2-200-35130-4), p. 296
  4. Georges Sadoul, Histoire du cinéma mondial, des origines à nos jours, Paris, Flammarion, , 719 p., p. 407-408
  5. Site du Festival Court mais bon.
  6. Site de l'ITFS (en)

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier