André D. Robert

pédagogue et universitaire français

André D. Robert, né en 1951 est un pédagogue français, professeur émérite de sciences de l'éducation à l'université Lyon-II français. Il est spécialiste des politiques éducatives, du syndicalisme enseignant, et de l'identité professionnelle enseignante.

BiographieModifier

André Désiré Robert fait des études de philosophie, discipline qu'il enseigne en lycée[1], puis il est professeur de psychopédagogie à l'école normale nationale d'apprentissage de Saint-Denis. Il soutient une thèse de doctorat en sciences de l'éducation, intitulée Trois syndicats d'enseignants face aux réformes scolaires. Positions idéologiques du SNI, du SNES et du SGEN par rapport au système d’Éducation nationale entre 1968 et 1982. Essai d'interprétation sous la direction de Viviane Isambert-Jamati à l'université Paris-Descartes en 1989[2].

Il est nommé maître de conférences de sciences de l'éducation à l'IUFM de Créteil (1991-1995) puis à l'université Rennes-II (1995-1998)[1]. Il soutient une habilitation universitaire à l'université Paris-Descartes, intitulée Politiques publiques d'éducation et actions collectives des enseignants.[réf. souhaitée] En 1998, il est nommé professeur à l'université Lumière-Lyon-II[1] et prend sa retraite académique en 2017.

Responsabilités institutionnellesModifier

De 2007 à 2016, il dirige l'école doctorale Éducation, psychologie, information et communication (EPIC ED 485)[3]. En 2010, il fonde le laboratoire Éducation, cultures, politiques, (EA 4571) qu'il dirige jusqu'en 2012[4].

Il est rédacteur en chef de la Revue française de pédagogie, de 1999 à 2003[5] et président de la section 70 (sciences de l'éducation) du CNU de 2011 à 2015[1],[3].

Activités de recherche et éditorialesModifier

André D. Robert s'intéresse à la problématique de la « forme scolaire »[6]. Un colloque sur ce thème est organisé à Lyon 2 en [7],[8].

Il étudie, d'un point de vue socio-historique, la recomposition identitaire des PEGC[9], aux professeurs des classes élémentaires des lycées et collèges, à propos desquels il a créé le concept de « démo-élitisme », désignant une conception élitiste qui a prétendu faire de l'enseignement secondaire traditionnel, en se fondant sur l'existence de classes primaires dans les établissements secondaires jusqu'au milieu des années 1960, le point de référence de tout l'enseignement français[10].

En 2002, il participe à un ouvrage collectif, Quand l'école se mobilise, avec Agnès van Zanten, Marie-France Grospiron et Martine Kherroubi[11] qui étudie en trois monographies consacrées à une école primaire, un collège et un lycée, durant les années 1990, les « modalités de transformation des professionnalités éducatives »[12].

Il consacre en 2010 un ouvrage à l'école en France depuis 1945[13], depuis la préparation du plan Langevin-Wallon, s'essayant à une typologie qui va de l'«école conquérante» à l'école «postmoderne», en passant par l'«école hésitante»[13].

Il a co-organisé avec Michelle Zancarini-Fournel et Sophie Béroud un colloque international interdisciplinaire (histoire, sciences politiques, sociologie, sciences de l’éducation), « Femmes dans l’action militante, syndicale et revendicative de 1945 à nos jours. Une promesse de renouveau au début du XXe siècle ? » à l'ENS de Lyon les 28 et 29 mars 2008.[réf. souhaitée] Il a co-piloté, de 2011 à 2013, avec le philosophe Alain Kerlan, une recherche financée par l'ANR : Politiques de l'enfance : le cas de l'éducation artistique[14]. Il a co-organisé, avec Jean-Yves Seguy, une journée d'études à Lyon 2 en , sur l'instruction à domicile[15].

Il a dirigé, dans le cadre de l'International Standing Conference for History of Education (ISCHE), un travail sur les formes de la grève enseignante comme révélateur des tensions inhérentes à la conception même de la profession enseignante [16]. Depuis 2016, il co-dirige, dans le même cadre de l'ISCHE, une recherche intitulée « Réformisme(s), Progressisme(s), Conservatisme(s) en éducation » (REFORPRO)[17].

PublicationsModifier

  • Système éducatif et réformes (1944-1993), Paris, Nathan, 1993, 254 p.
  • Le syndicalisme des enseignants (écoles, collèges, lycées), Paris, La Documentation Française/CNDP, 1995, 178 p. (ISBN 2-11-003406-8)
  • L’analyse de contenu, Paris, PUF, collection Que-sais-je?, n° 3271, 1997, 128 p. (ISBN 978-2-13-056383-9)
  • Actions et décisions dans l’Éducation nationale, Un itinéraire de recherche, Paris, L’Harmattan, 1999, 176 p. (ISBN 2-7384-7870-0)
  • Les IUFM et la formation des enseignants aujourd’hui avec Hervé Terral, Paris, PUF, 2000, 161 p. (ISBN 2-13-050909-6)
  • Les contenus d’enseignement en question, histoire et actualité, Documents, Actes et rapports pour l’éducation, Rennes, CRDP de Bretagne, 2000, 158 p. (ISBN 2-86634-334-4)
  • Quand l’école se mobilise, avec Agnès van Zanten, M.F. Grospiron, M. Kherroubi, Paris, La Dispute, 2002, 270 p.
  • Le syndicalisme enseignant et la recherche : clivages, usages, passages, Grenoble, Lyon, PUG-INRP, coll. Politique « en plus », 2004,  390 p. (ISBN 2 7061 1156 9)
  • L’école et l’argent. Quels financements pour quelles finalités ? avec R.F. Gauthier, Paris, Retz, 2005, 176 p. (ISBN 978-2-02-091467-3)
  • Miroirs du syndicalisme enseignant, Paris, Nouveaux regards Syllepse, 2006, 187 p. (ISBN 2-84950-127-1) 
  • L’école en France de 1945 à nos jours Grenoble, PUG, rééd. 2015, 372 p. (ISBN 978-2-7061-2407-5) 
  • La pensée critique des enseignants. Éléments d’histoire et de théorisation, avec B. Garnier, Mont-St-Aignan, PURH, 2015, 284 p. (ISBN 979-10-240- 0575-1)
  • Enfants et artistes ensemble, Recomposition de l’enfance, refondation des politiques de l’enfance, avec A. Kerlan, Nancy, PUN, 2016, 234 p. (ISBN 2814302868)
  • Professeurs des écoles au 21e siècle. Portraits socio-professionnels, avec F. Carraud, Paris, PUF, coll. Éducation et société, 2018. (ISBN 978-2-13-073395-9)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • [mélanges] Jean-Yves Séguy (dir.), Variations autour de la « forme scolaire » : Mélanges offerts à André D. Robert, Presses universitaires de Nancy – Éditions universitaires de Lorraine, , 328 p.[18]

Liens externesModifier

RéférencesModifier

  1. a b c et d « André D. Robert », sur recherche.univ-lyon2.fr (consulté le 29 septembre 2019).
  2. Notice de theses.fr [1], page consultée en ligne le 29 septembre 2019.
  3. a et b Régis Guyon et Choukri Ben Ayed, « Entretien avec André D. Robert », [lire en ligne] [PDF] (consulté le 29 septembre 2019)
  4. « Françoise Lantheaume », sur recherche.univ-lyon2.fr/ecp
  5. André Robert, « La Revue française de pédagogie au miroir de ses grands acteurs », Revue française de pédagogie, no 135,‎ , p. 87-97 (lire en ligne, consulté le 29 septembre 2019).
  6. « Forme scolaire : concepts nationaux et internationaux, et réflexions sur l’Éducation nouvelle », Éduveille,‎ (lire en ligne, consulté le 26 juillet 2018)
  7. Variations autour de la forme scolaire. Mélanges offerts à André D. Robert, Presses universitaires de Nancy, 2018, 328 p.
  8. « Podscat du colloque Forme scolaire : prisonnière de son succès ? », sur université.lyon2.fr
  9. Le SNI et le corps des PEGC : du trouble à la conversion ; une recomposition identitaire (1954-1976), in L. Frajerman, F. Bosman, J.-F. Chanet, J. Girault (dir.) La FEN (1948-1992), Histoire et archives en débat, Lille, Presses universitaires du Septentrion, 2010,  p. 123-134.
  10. voir : Les professeurs des petits lycées et leur représentation : crépuscule et postérité d’une idéologie catégorielle (1881-1965), in P. Caspard, J.-N. Luc, P. Savoie (dir.), Lycées, lycéens, lycéennes, Deux siècles d’histoire Lyon, INRP, 2005, p. 317-329.
  11. Agnès van Zanten, Marie-France Grospiron, Martine Kherroubi et André D. Robert, Quand l'école se mobilise, Paris, La Dispute, 2002.
  12. Anne Barrère, « Van Zanten (Agnès), Grospiron (Marie-France), Kherroubi (Martine), Robert (André D.). - Quand l'école se mobilise », Revue française de pédagogie, no 141,‎ , p. 184-186 (lire en ligne, consulté le 29 septembre 2019).
  13. a et b Roger-François Gauthier, « L’École en France de 1945 à nos jours, André D. Robert, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 2010, 312 p. », Revue internationale d'éducation de Sèvres, no 56,‎ , p. 24-25 (lire en ligne, consulté le 29 septembre 2019).
  14. « Université Lyon 2 - L'enfant, l'art, l'artiste. Rencontres et résonances », sur www.univ-lyon2.fr (consulté le 27 juillet 2018)
  15. André D. Robert et Jean-Yves Seguy, « L’instruction dans les familles et la loi du 28 mars 1882 : paradoxe, controverses, mise en œuvre (1880-1914) », Histoire de l’éducation no 143, 2015, [lire en ligne].
  16. « Syndicalisme », Carrefours de l'éducation, n°19, 2005 ; « Grèves et mobilisations enseignantes », Éducation & sociétés, no 20, 2007/2 ; « A History of teachers’strikes », Paedagogica historica, International Journal of the History of education, Vol. 44, n° 5, 2008.
  17. « Conservatisme et Progressisme en éducation : approches critiques et éclairages internationaux » dans Revista Lusofona de Educaçao, 2019, n° 43, p. 111-233
  18. [compte rendu] Manuel Perrenoud, « Jean-Yves Séguy (dir.). Variations autour de la « forme scolaire » : Mélanges offerts à André D. Robert », Revue française de pédagogie, vol. 203,‎ , p. 148-149 (lire en ligne, consulté le 20 novembre 2019).