Ancienne université d'Orléans

université française d'ancien régime située à Orléans

L’ancienne université d'Orléans ou université de lois d'Orléans, spécialisée dans l'enseignement du droit romain, est fondée dans la ville française d'Orléans en 1306 par le pape Clément V puis dissoute en 1793.

Université d'Orléans
Blason fr université d'Orléans.svg
D'azur à un livre ouvert d'or tenu par un senestrochère d'argent mouvant du chef et accompagné de trois tiercefeuilles versées aussi d'or[1]
Histoire et statut
Fondation
1306
Dissolution
1793
Type
Nom officiel
Université de lois d'Orléans
Régime linguistique
Fondateur
Localisation
Pays

Moyen ÂgeModifier

Les écoles de droit avant l'universitéModifier

Avant même la fondation officielle d'une université à Orléans, plusieurs écoles de la ville enseignent le droit, notamment dans les grandes écoles de Sainte-Croix[2]:2. Par une bulle pontificale du , le pape Grégoire IX autorise l'enseignement du droit romain à Orléans, permettant ainsi la création d'un studium[3].

FondationModifier

Le , l'université d'Orléans est officiellement fondée par le pape Clément V grâce à quatre bulles pontificales qui accordaient aux maîtres et aux écoliers d'Orléans le droit d'avoir une université, ainsi que les privilèges qui en découlaient. Le même jour, une cinquième bulle prévoit d'indemniser les professeurs qui avaient porté la demande de création auprès du pape[3]. Les habitants d'Orléans sont réticents aux privilèges accordés par le pape et tentent donc de s'opposer à l'établissement de l'université. Une émeute particulièrement violente se produit en 1309. Les représentants de l'université s'en remettent donc au roi Philippe le Bel, qui confirme les privilèges et la fondation de l'université d'Orléans en 1312[2]:3. L'acte de prise de possession de l'université des lois d'Orléans par l'autorité royale stipule que les matières enseignées seront le droit civil et le droit canonique[2]:21. Elle devient alors la quatrième université française après celles de Paris, de Toulouse et de Montpellier.

RayonnementModifier

Au Moyen Âge, elle est surtout connue pour son enseignement du droit civil ou droit romain, célèbre par la rénovation de l'étude du Corpus Juris Civilis qui y est alors menée par les postglossateurs. En effet, en vertu d'une bulle d'Honorius III, il était interdit d'enseigner le droit romain à Paris, où seul le droit canonique était au programme. La proximité d'Orléans par rapport à Paris permet aux étudiants d'aller de l'une à l'autre assez facilement. Se spécialisant dans le droit, l'université d'Orléans n'a d'ailleurs pas officiellement de faculté des arts[4].

FonctionnementModifier

 
Grande salle de l'université médiévale d'Orléans, gravure de W. Forbes-Leith, 1915. Seul élément subsistant de l'ancienne université, la salle des thèses.

Il n'y avait pas de lieu de cours fixe, mais les leçons se tenaient dans différents bâtiments autour de la collégiale Saint-Pierre-le-Puellier. Une chapelle de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle servait accessoirement de lieu de réunion, de prière et d'administration. Toutefois, entre 1411 et 1445, un bâtiment est construit pour servir de lieux de réunions et de bibliothèque ; les vestiges de ce bâtiment sont désormais connus sous le nom de « salle des thèses ». De 1498 à 1507, sont élevées les « grandes écoles de France », qui servent alors de salles de cours. Elles seront démolies en 1824[4]:15. En fonction de leurs origines géographiques, les étudiants se regroupaient par nations, dont le nombre a atteint dix, dont la nation française, la nation de Picardie et de Champagne[5] et, la plus connue, la nation germanique[6].

Ancien RégimeModifier

Sous l'Ancien Régime, l'université est placée sous le contrôle du pouvoir royal[4]:26. Sa réputation dans le domaine du droit reste reconnue au XVIe siècle où elle participe au mouvement humaniste. De prestigieux professeurs y enseignent.

Au XVIIIe siècle, l’université d'Orléans subit un fort déclin. Louis Liard compte seulement six professeurs et six cours de droit en 1789 : « institutes, digeste, pandectes, règles du droit, droit canon, droit français[7]. »

RévolutionModifier

Lors de la Révolution française, l'université est comprise dans la suppression des universités françaises par la Convention, en 1793[4]:45. Il faudra attendre la seconde moitié du XXe siècle pour voir l’université d’Orléans renaitre.

PersonnalitésModifier

EnseignantsModifier

ÉtudiantsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Charles-René d'Hozier, Armorial général de France : dressé en vertu de l'édit de 1696, vol. 22, Orléans, 827 p. (lire en ligne).
  2. a b c d e f g h i j et k Jean-Eugène Bimbenet, Histoire de l'Université de lois d'Orléans, Paris et Orléans, Dumoulin et Gatineau, , 416 p. (lire en ligne)
  3. a et b Charles Vulliez, « Les bulles constitutives de l'université d'Orléans du pape Clément V (27 janvier 1306) : un évènement ? 700e anniversaire de l'université d'Orléans (1306-2006) », Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, nouvelle série, vol. XVIII, no 150,‎ , p. 5
  4. a b c et d Conseil général du Loiret, 700 ans d'université à Orléans, Orléans, Conseil général du Loiret, , 71 p.:19
  5. Eugène Bimbenet, Les écoliers de la nation de Picardie et de Champagne à l'Université d'Orléans, Orléans, H. Herluison, coll. « Mémoires de la Société archéologique et historique de l'Orléanais », , 182 p. (notice BnF no FRBNF30106335, lire en ligne sur Gallica).
  6. Dix nations à l'université d'Orléans : France, Germanie, Lorraine, Bourgogne, Champagne, Picardie, Normandie, Touraine, Aquitaine et Écosse.
  7. Louis Liard, L'enseignement supérieur en France, t. 1, Paris, A. Colin, 1888-1894 (notice BnF no FRBNF30816076, lire en ligne sur Gallica), p. 9

BibliographieModifier

  • Jean-Eugène Bimbenet, Histoire de l'Université de lois d'Orléans, Paris et Orléans, Dumoulin et Gatineau, , 416 p. (lire en ligne).
  • Conseil général du Loiret, 700 ans d'université à Orléans, Orléans, Conseil général du Loiret, , 71 p.
    Catalogue d'exposition, Archives départementales du Loiret / Saint-Pierre-le-Puellier, octobre 2006.

Liens internesModifier