Alfred de Dreux

peintre français

Pierre-Alfred Dedreux, dit Alfred de Dreux, né et mort à Paris, ( - ) est un peintre portraitiste et animalier français qui s'est spécialisé dans la représentation du cheval. On lui doit des lithographies.

Alfred de Dreux
Alfred Dedreux.jpg
Portrait gravé (1860)[1]
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 49 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activité
Père
Pierre-Anne Dedreux (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

BiographieModifier

 
Alfred De Dreux, Portrait équestre de Napoléon III (1859), musée de l'Armée, Hôtel des Invalides, Paris

Pierre Alfred est le premier enfant et seul fils de Pierre Anne Dedreux (1788-1834), architecte, et Élisabeth-Adélaïde Colin (ou Collin) (1785-1874), installés 9 rue Taitbout.

Ses deux sœurs Thérèse Élisabeth dite Élise (1812-1846) et Louise Marie Anaïs dite Louise (1824-1891)[2] épouseront Aimé Victor Napoléon Becq de Fouquières. Élise est la mère de Louis Becq de Fouquières.

Alfred séjourne quelque temps avec sa famille à la villa Médicis, son père ayant obtenu en 1815 le grand prix de Rome en architecture pour un projet destiné à l'École polytechnique. Théodore Géricault, ami de la famille et lui-même candidat malchanceux au prix de Rome, vient leur rendre visite. Il fera le portrait du jeune Alfred et de sa sœur Élise.

En 1823, poussé par son oncle, le peintre Pierre-Joseph Dedreux-Dorcy (1789-1874), il étudie la peinture auprès de Théodore Géricault puis de Léon Cogniet. Le cheval est déjà son sujet de prédilection, comme en témoignent des croquis d'études de cette époque.

Sa première grande toile date de 1825, il s'agit d'une copie du Mazeppa (1823) de Théodore Géricault].

En 1831, il expose au Salon de Paris pour la première fois. Il y exposera régulièrement jusqu'en 1859. L'année suivante, il exécute un premier portrait équestre du duc d'Orléans (fils de Louis-Philippe Ier) ; Pierre-Joseph Dedreux-Dorcy le recommande à Eugène Isabey ce qui lui permet de travailler dans l'atelier de ce peintre.

En 1842, il reçoit une première commande d’État pour un Portrait équestre du duc d’Orléans et sa garde.

En 1844, il accompagne le roi Louis-Philippe en voyage officiel en Angleterre. À la suite de ce voyage, il fera de nombreux séjours outre-Manche.

En 1848, il suit Louis-Philippe, sur la route de l'exil, en Angleterre, à Claremont (Surrey), et se fait apprécier de l'aristocratie anglaise dont il fait de nombreux portraits équestres.

En 1852, il est de retour à Paris, et installe son atelier au 26 de la rue de Douai. Il produit de nombreux portraits équestres de la famille et du cercle de l'empereur Napoléon III. Il retourne fréquemment en Angleterre.

Le ) 1857, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur. À cette époque il partage son atelier avec Paul Gavarni.

Il meurt le , d'un abcès au foie, mal dont il souffrait depuis un séjour en Angleterre, comme en atteste une lettre[3] du de sa seconde sœur Louise Becq de Fouquières à Georges Géricault, fils naturel de Théodore Géricault, et comme l'atteste également Maxime du Camp. Une rumeur a laissé croire qu'il avait été tué dans un duel par le Comte Fleury, aide de camp de l'empereur. La rumeur s'est imposée au point d'être racontée, presque cent ans plus tard, par le petit-neveu d’Alfred de Dreux, André de Fouquières, dans son livre de mémoires Cinquante ans de Panache[4]. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (9e division).

La plupart de ses nombreux dessins lithographiques ont été édités par la Maison Goupil[5].

PostéritéModifier

C’est un dessin d’Alfred de Dreux, représentant un petit duc attelé, qui est à l’origine du logotype de la marque Hermès, créé en 1945. On le considère aujourd'hui, avec « Ernest Meissonier, Ange Tissier, Adolphe Yvon et Franz Xaver Winterhalter, parmi les peintres que Napoléon III considéra comme les plus doués des serviteurs de la gloire impériale »[6].

NotesModifier

  1. Almanach de la littérature, du théâtre et des beaux-arts, 9e année (1861), Paris, Pagnerre, 1860.
  2. Louise-Marie de Dreux, épouse Becq de Fouquières s'appelait en réalité Marie-Anaïs, elle épouse après la mort de sa sœur Élise, son beau-frère devenu veuf, Aimé-Napoléon Becq de Fouquières. Tous deux seront très proches du fils de Théodore Géricault, Georges-Hippolyte, dans les papiers duquel on retrouvera une photo de Louise — in: Germain Bazin, Géricault, étude critique, documents et catalogue raisonné, Fondation Wildenstein, Paris, 1987, tome I, p. 159, fig. 74.
  3. Conservée à la bibliothèque municipale d'Évreux
  4. Sur Fleury, et la mort d’Alfred de Dreux, voir Gérard Guillotel, Les Haras Nationaux, Editions Lavauzelle, vol. 3, 1986, p. 79.
  5. « Dreux, Alfred de », in: Janine Bailly-Herzberg, Dictionnaire de l'estampe en France 1830-1850, Paris, AMG-Flammarion, 1985, p. 104-105.
  6. Yann Kerlau, Chercheurs d'art - Les marchands d'hier et d'aujourd'hui, Flammarion, 2014.

BibliographieModifier

  • Catalogue de l'exposition, Alfred De Dreux, Maisons-Laffitte, Château, du au , préface par Raymond Régamey.
  • Marie-Christine Renauld Beaupère, Alfred de Dreux le peintre du cheval, 1988 Ed. Caracole (ISBN 2-8289-0286-2)
  • Amaury de Louvencourt, Alfred De Dreux, 1810-1860 peintures, dessins, aquarelles, lithographies Ed. Galerie La Cymaise 1988
  • Marie-Christine Renauld, Alfred De Dreux, le cheval, passion d'un dandy parisien, préface par Jacques Foucart. Paris, rétrospective à la Fondation Mona Bismarck, Paris, 1997, Marie-Christine Renauld Commissaire de l'exposition.
  • Catalogue de l'exposition Alfred De Dreux, Peintre de chevaux, 70 ans après, Maisons-Laffitte, Château,du au . Avec une réimpression de la préface du catalogue de 1928, et le texte de la causerie inédite de Monsieur André de Fouquières faite au château de Maisons en 1928.
  • Marie-Christine Renauld, L’univers d’Alfred De Dreux, suivi du catalogue raisonné, Actes-Sud, 2008 (ISBN 978-2-7427-6990-2)

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