Ablatif

cas grammatical

En linguistique, l’ablatif est un cas grammatical exprimant notamment un déplacement à partir d'un lieu (ouvert). Il peut également exprimer la séparation[1].

En basqueModifier

En basque, l'ablatif indique la provenance, l'origine, qui peut se traduire en français par « de ». Le cas grammatical de l'ablatif est nommé nondik et se fait par l'ajout de suffixe -(e)tik, -etatik au pluriel[réf. nécessaire] :

Bilbotik etorri naiz, je viens de Bilbao.

En finnoisModifier

L'ablatif finnois correspond à un ablatif hongrois lorsqu'il signifie de ou à côté de et à un délatif lorsqu'il signifie "du dessus de" : putosin katolta, je suis tombé du toit ; pihalta, de la cour[réf. nécessaire].

Dans l'acception possessive, c'est le cas de la dépossession : ota häneltä, prends-lui[réf. nécessaire].

En latinModifier

En latin, l'ablatif désigne le lieu d'origine (après des prépositions comme ab, ex, de) : de profundis, des profondeurs ou du fond de l'abîme. Il exprime aussi la provenance ou la matière dans laquelle est faite une chose[1].

Employé seul, il équivaut à l'instrumental disparu du proto-indo-européen et a une valeur de complément de moyen : hostem gladio occidit, « il tue l'ennemi par le glaive ». Avec la préposition cum, l'ablatif prend une valeur d'accompagnement.

Il a également une valeur de locatif, peu utilisé en latin (après la préposition in), et permet de désigner le lieu où l'on est (par opposition à l'accusatif, qui désigne le lieu où l'on va).

L'ablatif peut être employé également pour une localisation dans le temps : « In villa Scipionis vidi balneolum angustum, tenebricosum ex consuetudine antiqua... — Dans la propriété de Scipion j'ai vu un petit bain étroit, obscur selon l'ancien usage... » [2].

Il peut aussi être utilisé comme ablatif absolu.

Déclinaison latine à l'ablatif
Nombre 1re déclinaison 2e déclinaison 3e déclinaison 4e déclinaison 5e déclinaison
Singulier rosa (par la rose) domino (par le maître) consule (par le consul) manu (par la main) die (par le jour)
Pluriel rosis (par les roses) dominis (par les maîtres) consulibus (par les consuls) manibus (par les mains) diebus (par les jours)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

RéférencesModifier

  1. a et b (en) Andrew Keller et Stephanie Russell, Learn to Read Latin, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-19494-4, lire en ligne)
  2. Sénèque, Extrait des Lettres à Lucilius, 86