Homme embrassant un jeune homme dans la Grèce antique (tondo, Ve siècle).

L'éphébophilie (du grec ancien ἔφηϐος / éphêbos (« adolescent ») et φιλία / philía (« amour / amitié ») désigne la préférence sexuelle d'un adulte (de l'un ou l'autre sexe) pour des adolescents ou adolescentes pubères (le plus souvent de 15 à 19 ans) ou pour de jeunes adultes[1],[2].

À l'origine, le médecin et sexologue allemand Magnus Hirschfeld appelait éphébophiles les hommes attirés par les adolescents de quinze à vingt-deux ans[3].

Pour des adolescents en cours de puberté, on parle d'hébéphilie[4].

TerminologieModifier

L'éphébophilie est une chronophilie, c'est-à-dire une attirance majoritaire d'une personne pour un individu d'un groupe d'âge différent de celui auquel il appartient. Au sens premier du terme, se rapporte d'abord à une attirance sexuelle envers les adolescents, et dans un sens plus restrictif aux pratiques sexuelles induites par cette attirance. Étant orientée envers des adolescents pubères, elle se distingue de la pédophilie qui est orientée envers les enfants prépubères ou en début de puberté[5].

Dans le cas d'une attirance homosexuelle masculine, on parle aussi de pédérastie.[réf. nécessaire]

Psychiatrie et psychopathologieModifier

HistoireModifier

Le goût pour les éphèbes était répandu voire institutionnalisé et culturellement exalté dans l'Antiquité, particulièrement en Grèce[6].[source insuffisante]

Statut légalModifier

Selon la juridiction de nombreux États[Lesquels ?], un adulte peut librement entretenir une relation sexuelle avec un adolescent mineur (civilement) pourvu qu'il ait atteint l'âge de la majorité sexuelle. En revanche, une telle relation tombe sous le coup de la loi si l'adolescent concerné n'est pas sexuellement majeur[7].

En FranceModifier

Dans le droit français, un rapport sexuel dit « sans violence, contrainte, menace ni surprise » d'un majeur avec un mineur de plus de quinze ans n'est pas une infraction, sauf si c'est un mineur sur lequel l'adulte a autorité[8], auquel cas il est réprimé en tant qu'atteinte sexuelle[9], comme dans le cas d'un mineur de quinze ans[10].

RéférencesModifier

  1. (en) Ferdinand Enke, Psychopathia sexualis., Stuttgart, Krafft-Ebing, R.; Moll, A.,
  2. (en) Blanchard, R.; Lykins, A. D.; Wherrett, D.; Kuban, M. E.; Cantor, J. M.; Blak, T.; Dickey, R.; Klassen, Pedophilia, hebephilia, and the DSM–V, P. E., .
  3. Magnus Hirschfeld, Anomalies et perversions sexuelles, 1957
  4. (en) Lou Carlozo, « Scandals draw attention to obscure condition: ephebophilia », The Chicago Tribune, 25 Juin 2002
  5. (en) Classification internationale des maladies (CIM-10) de la OMS (ICD-10).
  6. « L’hermaphrodite et la bisexualité à l’épreuve du droit dans l’antiquité », Eva Cantarella (université de Milan), Cairn.info.
  7. « Âge en dessous duquel il est interdit, conformément au droit national, de se livrer à des activités sexuelles avec un enfant » ; un enfant étant défini comme « toute personne âgée de moins de dix-huit ans », selon la « Directive 2011/92/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 relative à la lutte contre les abus sexuels et l’exploitation sexuelle des enfants, ainsi que la pédopornographie et remplaçant la décision-cadre 2004/68/JAI du Conseil », sur eur-lex.europa.eu (consulté le 14 juin 2015).
  8. Code pénal - Article 227-27 (lire en ligne)
  9. Code pénal - Article 227-25 (lire en ligne)
  10. En droit, un « mineur de quinze ans » a moins de quinze ans (DILA, « En droit, quel âge a un mineur de 15 ans ? », sur Service-public.fr, ).

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Ames, A. & Houston, D.A. « Legal, social, and biological definitions of pedophilia », Archives of Sexual Behavior, vol. 19, 1990, pp. 333-342

Articles connexesModifier