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Élections législatives slovaques de 2006

Les élections législatives slovaques de 2006 (en slovaque : Voľby do Národnej rady Slovenskej republiky v roku 2006) se sont tenues le , de manière anticipée, afin d'élire les cent cinquante députés du Conseil national de la République slovaque. Elles ont vu la victoire de la Direction - Social-démocratie (Smer-SD) sur la coalition de centre droit au pouvoir depuis 2002.

Contexte : le centre-droit au pouvoirModifier

Lors des élections législatives de 2002, le Mouvement pour une Slovaquie démocratique (HZDS) de Vladimír Mečiar, était de nouveau arrivé en tête mais avec seulement 19,5 % des voix, en net recul par rapport à 1998. Le président du gouvernement sortant, Mikuláš Dzurinda, fondateur en 2000 de l'Union démocrate et chrétienne slovaque (SDKÚ) et alors à la tête d'une large coalition de centre droit et centre gauche, s'était classé deuxième avec 15,1 % des voix, mais était parvenu à constituer une nouvelle alliance gouvernement, uniquement de centre droit et forte de 78 députés sur 150. Plusieurs partis avaient en outre émergé lors de ce scrutin, tel Direction - Social-démocratie, à gauche, et l'Alliance du nouveau citoyen (ANO), à droite. En outre, le Parti communiste slovaque (KSS) était parvenu à faire son retour au Conseil national.

Mode de scrutinModifier

Le Conseil national de la République slovaque se compose de cent cinquante députés, élus pour quatre ans au suffrage universel direct. Ils sont désignés selon un mode de scrutin proportionnel plurinominal utilisant la répartition au plus fort reste, dans une circonscription unique correspondant au territoire national. Pour pouvoir siéger à l'assemblée, une liste doit recueillir au moins 5 % des suffrages exprimés.

Principaux partis et chefs de fileModifier

Parti Chef de file Résultat en 2002
Parti populaire - Mouvement pour une Slovaquie démocratique
Ľudová strana-Hnutie za demokratické Slovensko
Vladimír Mečiar 19,50 % des voix
36 députés
Union démocrate et chrétienne slovaque
Slovenská Demokratická a Krestanská Únia
Mikuláš Dzurinda
Président du gouvernement
15,09 % des voix
28 députés
Direction - Social-démocratie
Smer - sociálna demokracia
Robert Fico 13,46 % des voix
25 députés
Parti de la coalition hongroise
Strana maďarskej koalície – Magyar Koalíció Pártja
Pál Csáky
Vice-président du gouvernement
11,16 %
20 députés
Mouvement chrétien-démocrate
Kresťanskodemokratické hnutie
Pavol Hrušovský 8,25 % des voix
15 députés
Alliance du nouveau citoyen
Aliancia nového občana
Eva Černá 8,01 % des voix
15 députés
Parti communiste slovaque
Komunistická strana Slovenska
Jozef Ševc 6,32 % des voix
11 députés
Parti national slovaque
Slovenská národná strana
Ján Slota 3,32 % des voix
0 députés

RésultatsModifier

ScoresModifier

Parti Suffrages +/- Sièges +/-
Direction - Social-démocratie (Smer-SD) 617 185 29,14 % +15,68 50 +25
Union démocrate et chrétienne slovaque (SDKÚ) 422 815 18,35 % +3,26 31 +3
Parti national slovaque (SNS) 270 230 11,73 % +8,41 20 +20
Parti de la coalition hongroise (SMK-MKP) 269 111 11,68 % +0,52 20 ±
Parti populaire - Mouvement pour une Slovaquie démocratique (ĽS-HZDS) 202 540 8,79 % -10,71 15 -21
Mouvement chrétien-démocrate (KDH) 191 443 8,31 % +0,06 14 -1
Parti communiste slovaque (KSS) 89 418 3,88 % -2,44 0 -11
Forum libre (SF) 79 963 3,47 % +3,47 0 ±
Alliance du nouveau citoyen (ANO) 32 775 1,42 % -6,59 0 -15
TOTAL (participation : 54,67 %) 2 175 480 96,77 % N/A 150 N/A

AnalyseModifier

En progressant de quinze points et doublant son nombre de députés, la Smer-SD s'impose clairement comme le premier parti de Slovaquie, une première pour une formation de gauche depuis l'indépendance de 1993, et même la chute du communisme, en 1990, tandis que le KSS perd la représentation parlementaire qu'il avait retrouvé quatre ans plus tôt. La coalition gouvernementale de centre droit au pouvoir depuis quatre ans fait les frais de l'échec cuisant de l'ANO, qui perd plus de six points et disparaît ainsi du Conseil national, les trois autres partenaires maintenant ou renforçant leurs positions. Le scrutin voit en outre la forte poussée du SNS, ouvertement nationaliste et xénophobie, qui fait son retour au Parlement et obtient son meilleur score depuis 1993. Enfin, le ĽS-HZDS, formation dominante dès 1990, poursuit sa chute, dégringolant de la première à la cinquième place et perdant plus de la moitié de ses députés.

ConséquencesModifier

Constatant l'impossibilité pour Mikuláš Dzurinda de se maintenir au pouvoir, le président Ivan Gašparovič a appelé le président de la Smer, Robert Fico, à former le nouveau gouvernement. Celui-ci a alors constitué une coalition gouvernementale « rouge-brune » l'associant au SNS et au ĽS-HZDS, et comptant 85 sièges sur 150, soit une nette majorité de 56,7 % des députés.

AnnexesModifier