Économie des Samoa

L'économie traditionnelle des Samoa donnait autrefois une grande importance au don[1]. Notamment en raison des ravages fréquents dus aux cyclones tropicaux (fréquents dans l'archipel), les Samoa sont devenus dépendante de l'aide au développement, des revenus des Samoans expatriés et des exportations agricoles. Le tourisme est un secteur en pleine expansion mais économie reste vulnérable au changement climatique et notamment aux cyclones.

AgricultureModifier

L'agriculture emploie les deux tiers de la population active des Samoa, fournit 90 % des revenus d'exportation et 17 % du produit intérieur brut. Les produits principaux sont la pêche et la noix de coco.

Autres secteursModifier

L'industrie compte pour plus d'un quart du PIB, tout en employant moins de 6 % de la population active. La plus grande société industrielle de l'archipel est Yazaki Samoa, une compagnie détenue par des capitaux japonais qui produit des composants automobiles destiné au marché australien. L'usine emploie plus de 2 000 ouvriers et réalise plus de 20 % de la production totale du secteur.

Le tourisme est un secteur en expansion, comptant pour plus de 50 % du PIB et environ 30 % de la population active. Ce secteur a plus que doublé au cours de la dernière décennie du XXe siècle, atteignant 88 000 touristes en 2001. Un tiers des visiteurs proviennent des Samoa américaines, 28 % de Nouvelle-Zélande et 11 % des États-Unis.

Commerce extérieurModifier

Les principales exportations des Samoa sont le coprah, le cacao, la banane et le café. Ses importations principales, la nourriture et les boissons, les fournitures industrielles et les combustibles fossiles.

La Nouvelle-Zélande est le principal partenaire commercial des Samoa, comptant entre 35 % et 40 % des importations et entre 45 % et 50 % des exportations. L'Australie, les Samoa américaines, les États-Unis, Fidji et le Japon sont les autres partenaires majeurs. 90 % des exportations se font à destination du Pacifique, 1 % vers l'Europe.

Problèmes économiquesModifier

Deux cyclones tropicaux majeurs ont dévasté les Samoa en 1990 et 1991. En conséquence, le PIB s'est réduit de moitié entre 1989 et 1991. Ces deux expériences - ainsi que la très faible altitude des terres utilisables des îles - ont rendu les Samoa très vulnérable au réchauffement climatique.

En 1994, une épidémie de maladie des feuilles de taro - à l'époque le principal produit d'exportation, source de plus de la moitié des revenus en 1993 - et la quasi-faillite de la compagnie aérienne nationale Polynesian Airlines ont provoqué un changement dans l'économie du pays. Le gouvernement lança un vaste programme de construction de routes et de réparation des infrastructures endommagées par les cyclones, ainsi qu'une libéralisation des échanges. Après une croissance de plus de 6 % en 1995 et 1996, le PIB évolue désormais plus lentement.

Les Samoa sont le seul pays du Pacifique à avoir été classé par l'ONU dans la catégorie des pays les moins avancés, cette situation leur permet de recevoir de l'aide internationale (52 millions en 1992, 41 % du PNB). Les importations de pétrole engouffrent 99 % des revenus des exportations.

Utilisation comme Paradis fiscal ou centre financier offshoreModifier

Vers 2015, Les Samoa font partie des juridictions (les autres étant l’Égypte, l’Indonésie, l’Ukraine, le Guatemala, le Nigeria, la Hongrie, Bahamas, les Îles Caïman, les Îles Cook, Saint Domingue, Israël, le Liban, Liechtenstein, les Îles Marshall, Niue, Panama, les Philippines, la Russie, Saint Kitts et Nevis, Saint Vincent et les Grenadines, Anguilla, Barbades, Bahreïn, Belize, Montserrat, les Seychelles, Vanuatu) qui refusent encore de collaborer pleinement et/ou d’appliquer les recommandations du GAFI (Groupe d'action financière, qui a concentré ses efforts sur l’adoption et la mise en œuvre de 40 recommandations, à appliquer dans le monde entier)[2].
En 2017, parmi les 101 territoires classés « opaques » par la coalition d’ONG "Tax Justice Network", Samoa est 51ème position en terme d’ « indices de secret bancaire » ; derrière les îles vierges américaines et devant le Mexique, la Suisse étant en 1ère position et la France en 31ème position selon le classement dd Financial secrecy[3].

Samoa est répertorié par l'OCDE a été répertorié parmi les juridictions soutenant le blanchiment d'argent sale, la concurrence fiscale déloyale, la tenue de comptes de dépôt de personnes discréditées aux yeux du public (par exemple, dictateurs ou dirigeants de pays pro-terroristes), manquant de transparence fiscale, ne respectant pas la divulgation obligatoire d’informations sur les comptes personnels, ou les conditions d'échange des accords d'information fiscale appliqués par le système juridique actuel de l'OCDE[2].

Les actifs étrangers in situ y étaient présents à hauteur d’environ 9 milliards de dollars[4], pour un PIB (0,64 milliards de dollars) parmi les plus bas parmi les centres financier offshore ; soit un Ratio d’intensité de l'OFC (= actifs financiers étrangers/PIB)) de 14 selon Fichtner & Hennig en 2013[5], sachant qu’au dessus de 3, on estime généralement qu’une juridiction peut être classée comme OFC (Offshore Financial Center)[2].

Le Pays fait partie de ceux utilisés par la finance internationale comme centre financier offshore (ou OFC, pour Offshore Financial Center) et comme Paradis fiscal[6],[7],[8], comme l'ont notamment montré les Panama Papers [9].

Selon les « Panama Papers » exploité par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) : Philippe Santini, de France Télévisions (directeur de France Télévision publicité jusqu’en 2012) a créé en 2005 une société écran (Auraph LTD, présentée comme une holding patrimoniale) basée dans l'État indépendant des Samoa en , via une banque de Lausanne en Suisse (MCG S.A.)[10].

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Tcherkézoff S (2018) Mauss à Samoa: le holisme sociologique et l'esprit du don polynésien. pacific-credo Publications ; [https://books.google.fr/books?id=QKlTDwAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false apercu Google Livre).
  2. a b et c Fontanel J (2016) Paradis fiscaux, la déloyauté des pays complices.
  3. Guerrero Gómez, N. (2017). The history, evolution and future of tax havens, Mémoire, Université Jaume 1, Département Finances et comptabilité
  4. chiffre obtenus par une analyse approximative de la taille des actifs financiers disponibles dans une juridiction, sur la base des informations fournies par le FMI.
  5. Fichtner J et Hennig B.D (2013) Offshore financial centres. Political Insight 4 (3): 38. December.
  6. Blevin P.A (2019) Les paradis fiscaux:«Que sais-je?» n° 4147. Que sais-je.
  7. Vernier E (2018) Fraude fiscale et paradis fiscaux-2e éd.: Quand l'exception devient la règle. Dunod.
  8. Leroy M (2019) Réflexion sur la lutte contre l’évasion fiscale internationale (1). Gestion Finances Publiques, (5), 44-52 (résumé).
  9. "Panama Papers" Paradis fiscaux: le casse du siècle (Intégrale), Elise Lucet/Cash investigation, France Télévisions ; mis en ligne le 6 avril 2016
  10. "Panama Papers" Paradis fiscaux: le casse du siècle (Intégrale), Elise Lucet/Cash investigation, France Télévisions ; mis en ligne le 6 avril 2016 ; voir au point 38 min 48 s de la vidéo