Dans la mythologie nordique, Ymir aussi nommé Aurgelmir, Brímir ainsi que Bláinn, est un géant, il est la première créature vivante ainsi que la source de la création de la Terre par Odin et ses deux frères, qui utiliserent son cadavre après l'avoir exécuté pour créer celle ci.

Ymir est tué par les fils de Bur.

ÉtymologieModifier

Le nom Ymir provient de l'indo-européen *ymmó- (« jumeau »), germanique *yumiyáz. Ce théonyme est à rapprocher du nom de Remus de l'histoire romaine ou encore du dieu indo-iranien Yama[1]. Différentes légendes indo-européennes mettent en scène le sacrifice du jumeau par son frère pour créer l'humanité[2].

LégendeModifier

 
Audhumla nourrissant Ymir et créant Búri, peinture de Nicolai Abraham Abildgaard, 1790

Ymir, le fondateur de la race des jötnar, est une figure importante dans la cosmogonie nordique. Il se forma de la glace de Niflheim, où celui-ci touchait à la chaleur de Muspellheim et fondait. D'une taille démesurée, il est doté d'un caractère néfaste[3].

Des géants sortirent du corps d'Ymir pendant qu'il dormait, de la sueur provenant de ses aisselles surgirent un homme et une femme, tandis que de ses jambes naissait un fils[4].

Ymir vivait du lait de la vache Audhumla qui avait quatre pis dont coulaient quatre fleuves de lait[3]. Celle-ci léchait le givre et le sel dont Ymir était couvert, formant ainsi Búri, le père de Bur, père lui-même d'Odin, de Vili et de [4].


Dans le mythe de la création, Odin, exaspéré par la brutalité d'Ymir, le tua et le jeta dans le Ginnungagap (« le gouffre béant »). Le déluge causé par son sang fut si grand qu'il tua tous les géants, à part le petit-fils de Ymir (Bergelmir, fils de Þrúðgelmir) et sa femme. Odin et ses frères utilisèrent la tête d'Ymir pour créer la Terre ; sa chair remplit Ginnungagap, ses cheveux devinrent des arbres, son sourcil devint Midgard, et ses os se changèrent en montagnes. De même, ses dents et les fragments de ses os devinrent les rochers, et son sang donna naissance aux rivières, aux lacs, aux étangs et à la mer. Son crâne forma le ciel, qui reposait sur quatre nains représentant les points cardinaux, son cerveau devenant les nuages[4], et les asticots de la chair engendrèrent la race des nains.

Liens avec d'autres mythologiesModifier

  • Ymir est apparenté à Yama dans l'Hindouisme.
  • Comme souvent en mythologie, des connexions existent entre mythes. En l'occurrence, l'histoire de la Création scandinave a de fortes similarités avec son équivalent grec (voir Cronos).

Références dans la culture populaireModifier

  • Ymir Fritz, dans le manga L'Attaque des Titans, est la première personne à recevoir le pouvoir des titans et transmet son pouvoir, donnant ainsi naissance à d'autres titans. Elle a épousé le roi qui lui a ensuite permis de donner naissance à 3 filles: Sina, Rose et Maria. Lors d'un jugement un guerrier a lancé une lance pour tuer le roi mais Ymir Fritz le protégea, pour une raison inconnue elle ne se régénéra pas et mourut sous les yeux de ses filles. Ymir se réveilla dans le "Chemin" où elle se retrouvera condamnée pour l'éternité à façonner des titans. Afin de transmettre le pouvoir d'Ymir à ses descendantes. Le roi ordonna alors à ses trois filles de dévorer le cadavre de leur mère afin d'hériter de son pouvoir. Trois axes apparurent alors dans le chemin où Ymir était toujours en train d'errer. Sur son lit de mort, le roi donna sa dernière volonté, que le pouvoir du titan continue à se transmettre de génération en génération, il dit à Maria, Rose et Sina de faire des enfants et que lorsque ces dernières mourront à leur tour, que ses arrières petits enfants devront impérativement dévorer leurs cadavres et c'est ainsi que le titan originel se divisa en neuf Titans primordiaux: le titan Assaillant; le titan Originel; le titan Féminin; le titan Bestial; le titan Marteau-d'arme; le titan Colossal; le titan Cuirassé; le titan Charrette et le titan Mâchoire.

NotesModifier

  1. Jean Haudry, Le mariage du dieu Lune, Baltistica XXXVI, 2001, p. 25-36
  2. In Search of the Indo-Europeans, Mallory, 1987, p. 140.
  3. a et b Hector du Lac de la Tour d'Aurec, Précis historique et statistique du département de la Loire : Forest. [Volume 1], Le Puy, Imprimerie J-B de la Combe, (lire en ligne)
  4. a b et c Patrice Lajoye, "Puruṣa", Nouvelle Mythologie Comparée / New Comparative Mythologie, 1, 2013

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