Yeruham
Yeruham.svg
Yeruham Aerial View.jpg
Géographie
Pays
District
Sous-district
sous-district de Beer-Sheva (en)
Superficie
38,58 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Altitude
492 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Démographie
Population
9 078 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
235,3 hab./km2 ()
Fonctionnement
Statut
Jumelage
Histoire
Fondation
Identifiants
Site web

Yeruham (hébreu : יְרוּחָם, יְרוֹחַם, Yeroham), dans le désert du Néguev, a d'abord été un camp de transit (en hébreu ma'abara) pour immigrants juifs, établi en  ; le lieu a aujourd'hui le statut de conseil local d'Israël.

Les premiers immigrants venaient de Roumanie. Ensuite la plupart de ceux qui sont arrivés étaient originaires d'Asie et d'Afrique du Nord ; tout comme les autres Juifs Mizrahim envoyés dans des zones-frontières au début des années 1950, ils racontent la même histoire d'une arrivée dans la nuit et leur refus de descendre des bus et des camions qui les avaient conduits là[1].

Les résidents du camp de transit avaient été considérés par les autorités israéliennes comme des instruments permettant de sécuriser les conquêtes militaires récentes ; ainsi Ben Gourion, Premier Ministre de l'Etat déclara en 1949 : "nous avons conquis des territoires, mais ils n'ont pas, sans colonies, de valeur décisive ; telle est la conquête véritable ! L'avenir de l'Etat dépend de l'immigration[2]".

A propos de Yeruham, un chef de département de l'Agence juive, Giora Yoseftal, déclara que ce camp de transit était créé là comme "une cité dans le Néguev, un désert, une région désolée qui offre un passage aux infiltrés et bandits de la Bande de Gaza vers la Jordanie" ; selon Iritz Katz ceux qui sont désignés comme des "infiltrés" sont les Bédouins du Néguev[3].

Les baraques du camp de transit ont été remplacées par des constructions en dur : Yeruham est devenue, en 1951, la première ville de développement. En 1965 elle comptait 6500 habitants et vingt ans plus tard comme nombre d'autres villes nouvelles, peinait à maintenir le même niveau démographique, en raison notamment de difficultés économiques, et du fait que l'État a privilégié d'autres investissements, au détriment des villes de développement[4].

La localité est rattachée au district sud.

Au cinémaModifier

  • David Deri, The Ancestral Sin ("Le Péché ancestral"), 2017, documentaire présenté au festival du film documentaire de Tel Aviv. La famille du cinéaste a dû s'établir à Yeruham lors de son arrivée en Israël. Des témoignages et des archives exposent les pratiques coercitives dans le cadre de la politique de "dispersion de la population" visant à créer une majorité israélienne dans les zones périphériques[5].
  • Ram Levy, Lekhem ("Le ¨pain"), 1986. A travers l'histoire d'une famille, le film évoque les difficultés économiques et le sentiment de claustrophobie des habitants de Yeruham[6].

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. Irit Katz (2017) ‘The Common Camp’: temporary settlements as a spatio-political instrument in Israel-Palestine, The Journal of Architecture, 22:1, 54-103 (p.68), lire en ligne : https://doi.org/10.1080/13602365.2016.1276095
  2. "Mass immigration was perceived as a necessary means of securing Israel’s military achievements, as David Ben-Gurion, Israel’s founding father and the Prime Minister in the state’s first year, has stated: ‘we have conquered territories, but without settlements they have no decisive value… Settlements – that is the real conquest! The future of the state depends on immigration’", Irit Katz (2017) ‘The Common Camp’: temporary settlements as a spatio-political instrument in Israel-Palestine, The Journal of Architecture, 22:1, 54-103 (p.65), lire en ligne : https://doi.org/10.1080/13602365.2016.1276095, p.68
  3. Yeruham "was formed with the intention to create ‘a city in the Negev, in the desert, in a desolate area which creates passage for infiltrators and smugglers from the Gaza Strip to Jordan’.66 This was the way in which Giora Yoseftal, the head of the Absorption Department in the Jewish Agency", Irit Katz (2017) ‘The Common Camp’: temporary settlements as a spatio-political instrument in Israel-Palestine, The Journal of Architecture, 22:1, 54-103 (p.67), lire en ligne : https://doi.org/10.1080/13602365.2016.1276095
  4. "By 1965 it had 6500 inhabitants. Twenty years later it was struggling to maintain this level". "This decline is parltly a result of New Zionism's priority of redemption of the occupied territories", David McDowal, Palestine and Israel: The Uprising and Beyond, p.172, lire en ligne
  5. http://www.docaviv.co.il/2017-en/films/the-ancestral-sin/
  6. Israeli Film: A Reference Guide, p.50, lire en ligne : [1]