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Upekṣā (sanskrit ; pâli : upekkhā), l'équanimité, impartialité, ou imperturbabilité, est l'un des concepts centraux du bouddhisme.

L'équanimité est une qualité particulière, associée à la sagesse, prajna, qui diffère de l'indifférence. L'indifférence est simplement une sensation, vedana, ni agréable ni déplaisante. Mais l'équanimité est «qualité morale» : non pas une sensation mais une volition, samskara.

  • Upekṣā, en tant que samskara, est décrit comme l'un des facteurs d'une concentration extrêmement développée : le quatrième Dhyana, quel que soit l'objet qui aura permis d'atteindre cette concentration.
  • Upekṣā peut être pris comme objet d'un exercice de concentration ou un état à atteindre et constitue alors l'un des Quatre Incommensurables. C'est aussi la dixième paramita.
  • «La connaissance de l'équanimité envers les formations mentales», saṅkhārupekkhā-ñāṇa, est, selon la description de sept puretés l'un des stades de la pratique de vipassana.

Selon Nyanaponika : « L’équanimité est un parfait équilibre de l’esprit. Dans cet état, enraciné dans une vision pénétrante et profonde des choses, l’esprit est inébranlable. [...] La seconde claire compréhension sur laquelle l’équanimité doit être fondée est l’enseignement du Bouddha sur le non-soi (anatta). Cette doctrine montre que, au niveau de la réalité ultime, les actions ne sont pas accomplies par une « personne », pas plus que le résultat de ces actions n’affecte une « personne », un « moi ». Elle montre aussi que, par voie de conséquence, s’il n’y a pas de « moi », nous ne pouvons pas non plus parler de « mien ». C’est l’illusion d’un moi qui crée la souffrance et empêche ou perturbe l’équanimité[1]. »

Dans le bouddhisme mahāyāna, il existe une méditation sur l’équanimité illimitée (upekṣapramāṇa) ; Philippe Cornu précise à ce sujet : « On ne doit pas confondre l'équanimité avec I'indifférence apathique ou une simple neutralité. L'impartialité est ici une attitude aimante qui n'est plus réservée à quelques-uns mais destinée à tous. L'intention d'une telle méditation est de se débarrasser de I'aversion et de I'attachement. Son objet, tous les êtres, est illimité[2]. »

RéférencesModifier

  • Nyanatiloka, Vocabulaire pâli-français des termes bouddhiques, Adyar
  1. Nyanaponika Thera, « L'équanimité » (consulté le 19 novembre 2016)
  2. Philippe Cornu, Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme [détail des éditions]