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Sténose du pylore
Description de cette image, également commentée ci-après
Représentation de l'estomac et de ses repères anatomiques, y compris le pylore.
Spécialité Génétique médicaleVoir et modifier les données sur Wikidata
CIM-10 K31.1, Q40.0
CIM-9 537.0, 750.5
DiseasesDB 11060 29488
MedlinePlus 000970
eMedicine 409621Voir et modifier les données sur Wikidata
eMedicine emerg/397  radio/358
MeSH D046248

Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

La sténose du pylore est une maladie du nourrisson. Elle touche le muscle du pylore, situé dans la partie basse de l'estomac : le muscle augmente de volume (alors appelé l'olive pylorique), créant un obstacle pour la vidange gastrique.

Il existe aussi une sténose du pylore chez l'adulte, le plus souvent complication d'un ulcère gastro-duodénal, ou d'un cancer de l'estomac.

HistoriqueModifier

Pour les français, Pierre Frédet (1870-1946) pratique en 1907 la première opération efficace de cette anomalie chez le nourrisson : la pylorotomie extramuqueuse longitudinale[1]. Pour les autres, c'est l'allemand Conrad Ramstedt (de)(1867-1963), professeur à Münster, qui la réalise en 1912[2]. On rencontre donc les termes synonymes de : opération de Frédet, opération de Ramstedt, et opération de Frédet-Ramstedt[3].

ÉpidémiologieModifier

Elle touche généralement les nourrissons entre trois semaines et trois mois avec une fréquence de deux à trois cas pour 1000 naissances[4]. Certains enfants sont plus à risques[5] : les garçons, les prématurés, les petits poids de naissance. Il existe une susceptibilité familiale[6].

SignesModifier

La maladie se manifeste par des vomissements en jet de lait non digéré (lait caillé) juste après les tétées, parfois plusieurs heures après. L'enfant a faim, peut être constipé, désydraté ou dénutri[4].

Les signes physiques sont une voussure épigastrique (estomac distendu) avec parfois des ondulations péristaltiques visibles au niveau de l'abdomen après les biberons. L'olive pylorique est généralement difficilement palpable chez un enfant éveillé (mais très bien palpable après anesthésie).

DiagnosticModifier

 
Echographie : Le muscle pylorique est épaissi et allongé

La radiographie du ventre (ASP debout) montre un estomac très grand et peu d'air au niveau de l'intestin ;

cette technique n'a aucun intérêt en pratique car en plus d’être non fiable elle irradie le patient[7].

L'échographie abdominale permet de mesurer le pylore et confirme le diagnostic clinique[7],[8].

Prise en chargeModifier

Quand le diagnostic est confirmé, l'enfant doit être hospitalisé pour avoir une prise de sang afin d'évaluer la déshydratation et de faire le bilan pré-opératoire. Une perfusion permet de le réhydrater. S'il vomit beaucoup, il aura une sonde naso-gastrique qui permet de vider son estomac.

L'opération est faite quand l'enfant est bien réhydraté, en général 12 à 48 h après son admission. Elle consiste à ouvrir le muscle pylorique pour permettre un passage de l'estomac à l'intestin. Elle peut être réalisée par laparotomie (ouverture des tissus directement) ou par cœlioscopie (mini-incision et visualisation avec une petite caméra).

L'enfant peut reprendre une alimentation rapidement après l'opération (6 heures en général), en commençant très doucement. Il sort 2 ou 3 jours après. Parfois il doit garder une sonde naso-gastrique après l'opération et sera réalimenté plus doucement. Dans certains cas une deuxième opération est nécessaire.

Notes et référencesModifier

  1. Garnier et Delamare, Dictionnaire des termes de médecine, Maloine, (ISBN 2-224-02381-2), p. 775.
  2. (de) Ramstedt C, « Zur operation der angeborenen pylorus-stenose » Med Klin. 1912;8:1702–5.
  3. A. Manuila, Dictionnaire français de Médecine et Biologie, t. 3, Masson, , p. 118.
  4. a et b L. Fieviet, A. Faure, N. Panait, S. Coze et T. Merrot, « Urgences chirurgicales du nouveau-né et du nourrisson », EMC, vol. 10,‎ , p. 9-10 (lire en ligne).
  5. (en) Rasmussen L, Green A, Hansen LP, « The epidemiology of infantile hypertrophic pyloric stenosis in a Danish population, 1950-84 » Int J Epidemiol. 1989;18:413–7.
  6. (en) Krogh C, Fischer TK, Skotte L. et al. « Familial aggregation and heritability of pyloric stenosis » JAMA 2010;303:2393-9.
  7. a et b (en) SA Deluca, « Hypertrophic pyloric stenosis », Am Fam Physician, vol. 47, no 8,‎ , p. 1771-3. (PMID 8498286) modifier
  8. (en) Davies RP, Linke RJ, Robinson RG, Smart JA, Hargreaves C, « Sonographic diagnosis of infantile hypertrophic pyloric stenosis », J Ultrasound Med, vol. 11, no 11,‎ , p. 603-5. (PMID 1433467) modifier