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Sophie Caratini

anthropologue française
Sophie Caratini
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (70 ans)
Nationalité
Activité

Sophie Caratini, née le , est une anthropologue française.

ParcoursModifier

Fille de Roger Caratini, encyclopédiste et écrivain, et d’Alice Rousseau, elle-même issue d’une famille de musiciens, Sophie Caratini, troisième d’une fratrie de sept enfants, grandit dans un milieu anticonformiste. Très tôt, elle a le goût de l’écriture, et opte pour des études de lettres avant de se diriger vers l’ethnologie. En 1974, elle part dans l’extrême Nord de la Mauritanie pour y faire son premier « terrain » chez les grands nomades chameliers Rgaybat (Reguibat). En fait de bédouins à chameaux développant paisiblement leurs activités de pasteurs, elle trouve un pays dévasté par la sècheresse, et une population qui se prépare à la guerre et à la révolution. Malgré le contexte difficile, elle poursuit ses travaux en associant l’histoire à l’anthropologie, et soutient une thèse d’État en 1985, sous la direction de Jean Duvignaud. En 1989 elle publie cette thèse en deux volumes aux éditions L’Harmattan, et reçoit l’année d’après, le second prix Giuseppe Cocchiara, à Palerme (Prix décerné tous les deux ans par un jury international pour récompenser les meilleures publications européennes en Sciences humaines des deux années écoulées).

L’interprétation du mariage arabe qu’elle propose dans sa thèse intéresse également Claude Lévi-Strauss qui l’encourage vivement à publier dans L’Homme une série d’articles destinés à faire connaître aux chercheurs ce qu’il appellera plus tard : les « trouvailles de Sophie Caratini » (Cl. Lévi-Strauss, L’Homme, 154-155 p. 716).

Entre 1983 et 1991, elle dirige le département d’ethnologie de l'Institut du monde arabe de Paris. Pourtant, elle n’a pas renoncé à la recherche fondamentale, et après avoir quitté l’IMA, elle opère un retour littéraire sur sa première expérience de terrain et produit un texte que publie Thierry Marchaisse, alors responsable des collections de Sciences humaines (Le Seuil 1993).

En 1993, elle rentre au CNRS (http://citeres.univ-tours.fr/compo.php?niveau=emam&page=p_emam/emam_organigramme) et entreprend un vaste programme de recherche sur la relation franco-mauritanienne, telle qu’elle s’est déroulée dans les déserts mauritaniens où les Rgaybat avaient été vaincus, puis contrôlés par les Groupes Nomades, unités méharistes de l’armée française. Elle enquête pendant plusieurs années dans les milieux des anciens militaires français qui ont jadis servi en Mauritanie, puis auprès des anciens goumiers maures, et enfin, depuis quelques années dans les villages Peuls de la vallée du fleuve qui avaient fourni les tirailleurs « sénégalais » de ces unités. Son objectif est de confronter, dans une « trilogie coloniale », trois récits dont la mise en miroir permette de comprendre l’impact que cette relation a eu sur les personnes, les sociétés et les cultures (française, maure, peule). Ce programme se déroule sur près de vingt ans, pendant lesquels elle reprend le travail de terrain en Mauritanie et dans les camps de réfugiés sahraouis, participe à des opérations de recherche action, monte des équipes, développe les interrogations épistémologiques et observe les transformations contemporaines du monde saharo-sahélien.

Son triptyque colonial est publié aux éditions Thierry Marchaisse : La Fille du chasseur (2011), Les Sept cercles, Une odyssée noire (2015), et Antinéa mon amour (2017).

Parallèlement, elle a publié en 2012 une nouvelle édition remaniée et développée de l'ouvrage de 2004 Les non-dits de l'anthropologie dont Claude Lévi-Strauss avait fait l'éloge, qui est suivi désormais d'un dialogue avec Maurice Godelier.

OuvragesModifier

  • 1989 Les Rgaybat (1610-1934). Tome 1 : Des chameliers à la conquête d'un territoire. Préface de Théodore Monod. Paris, l'Harmattan, 299 p.
  • 1989 Les Rgaybat (1610-1934). Tome 2 : Territoire et Société. Préface de Claude Meillassoux, Paris, L'Harmattan, 300 p.
  • 1993 Les enfants des nuages. Préface de Jacques Berque, Paris, ed. du Seuil. 384 p.
  • 1993 Mauresques. En collaboration avec Shanta Rao (photographe). Paris, Edifra (111 p.)
  • 1995 "Les Enfants des nuages" (version condensée) In : Enquêtes et Témoignages Sélection du Reader's Digest Paris-Bruxelles-Montréal-Zürich, pp.377-557.
  • 1996 Kinder der Wolken (Traduction Klaus Jöken) Ed Knaur, München, 522 p.
  • 2002 L'Éducation saharienne d'un képi noir. Mauritanie 1933-1935. Paris, L'Harmattan, 380 p.
  • 2003 La République des sables. Anthropologie d'une révolution. Paris, L'Harmattan. 280 p.
  • 2004 Les non-dits de l’anthropologie, coll. Libelle, PUF, 128 p.
  • 2006 La prisión del tiempo: las transformaciones sociales en los campos de refugiados saharauis, Bilbao, Bakeaz, Cuadernos Bakeaz, 77 (document géopolitique, 15 p.)
  • 2009 Hijos de las Nubes, (traduction Juan Vivanco Gefaell) Ed. El Oriente y del Mediterraneo, Madrid, 446 p.
  • 2009 La dernière marche de l’Empire, une éducation saharienne, Paris, Les empêcheurs de penser en rond-La Découverte, 306 p.
  • 2009 (Sous dir.) La question du pouvoir en Afrique du Nord et de l’Ouest. Du rapport colonial au rapport de développement, L’Ouest saharien, hors-série n°9,250 p.
  • 2009 (Sous dir.) La question du pouvoir en Afrique du Nord et de l’Ouest, L’Ouest saharien, Affirmations identitaires et enjeux de pouvoir, hors-série n°10, 219 p.
  • 2011 La Fille du chasseur, Paris, éd. Thierry Marchaisse, 360 p.
  • 2012 Les non-dits de l'anthropologie, suivi de Dialogue avec Maurice Godelier, Paris, éd. Thierry Marchaisse, 192 p.
  • 2015 Les sept cercles, Une odyssée noire, éd. Thierry Marchaisse, 404 p.
  • 2017 Antinéa mon amour, éd. Thierry Marchaisse, 424 p.