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Le shuntō (春闘?) est un terme japonais traduit littéralement par « lutte de printemps ». Le shuntō fait référence aux négociations entre les syndicats et les employeurs que plusieurs milliers de syndicats conduisent simultanément au début du mois de mars sur le niveau de vie, les conditions de travail et salariales.

HistoireModifier

Cette pratique a commencé dans les années 1940 puis s'est généralisée au milieu des années 1950. Accentué par le militantisme des travailleurs des grandes villes qui voulaient rehausser leurs revenus comparativement faible et améliorer en même temps leur conditions de travail. La confédération des syndicats, Rengo, fixe la hausse du salaire afin de faciliter les négociations collectives. Les négociations des petits syndicats débutent après que les syndicats plus grands ont terminé les leurs.

Depuis que le Japon est entré en récession et en déflation, avec la chute du nombre de syndiqués dans les entreprises, la valeur du shuntō et l'augmentation automatique des salaires sont remis en question. Les principaux syndicats de l'acier, de l'électronique et de l'industrie automotrice ont été forcés de restreindre leurs prérogatives et même d'accepter des offres nulles des employeurs. Le souci majeur des syndicats est actuellement de préserver les emplois et les salaires existants. La pression sur les travailleurs augmente donc causant de nombreux cas de karōshi et karo-jisatsu.

Ainsi, en mars 2015, Toyota a proposé à ses salariés une hausse exceptionnelle de 4 000 yens (31 euros) du salaire mensuel de base, soit une augmentation totale de 11 300 yens (88 euros) en prenant en compte les 7 300 yens (57 euros) pour les promotions et l'ancienneté (+ 3,2%, hausse la plus élevée depuis 2002)[1]. Nissan a été plus généreux, avec une augmentation de 5 000 yens (contre 3 500 yens en 2014), alors que dans le secteur de l'électronique, Hitachi, Panasonic et Toshiba ont accepté d'élever les salaires de 3 000 yens (2 000 yens en 2014)[1]. En moyenne, dans les grandes entreprises du pays, la hausse exceptionnelle a été de 2 466 yens par mois (19 euros)[2].

Après ces importantes primes de 2015, dues à des profits historiques des entreprises japonaises, celles de 2016 ont été plus limitées, la situation économique s’étant dégradée. Toyota a décidé d'augmenter la rétribution de base de 1 500 yens (12 euros) par mois, Nissan de 3 000 yens (24 euros). Toyota verse cependant en plus une importante prime de sept mois de salaire, une variable d'ajustement moins risquée[3]. En 2017, les hausses de salaire mensuel sont encore plus faibles : 1 300 yens pour Toyota, 1 500 yens pour Nissan, 1 000 yens pour Mitsubishi Electric et Panasonic[4].

En 2018, le Keidanren, la principale organisation patronale japonaise, appelle les entreprises à proposer des revalorisations de 3 % ou plus à l'occasion des négociations salariales annuelles[5]. Chez Toyota, le syndicat des employés au Japon avait demandé une hausse moyenne du salaire de base de 3 000 yens par mois (23 euros). A l'issue des négociations, Toyota n'aurait accepté qu'une hausse légèrement supérieure à 1 300 yens (10 euros). Honda limite sa hausse du salaire mensuel de base à 1 700 yens, contre 1 600 yens en 2017, et promet des bonus équivalents à 6,2 mois de salaire. Dans l'électronique, où les syndicats négocient pour l'ensemble de la branche, la hausse sera de 1 500 yens (11,40 euros)[6].

RéférencesModifier

  1. a et b Les grandes entreprises japonaises consentent d'importantes hausses de salaires, Le Figaro, le 18 mars 2015
  2. Yann Rousseau, « Le Japon renoue avec la hausse des salaires », Les Echos, le 22 mars 2015
  3. Japon: hausses salariales limitées, AFP sur Le Figaro, le 16 mars 2016
  4. Maigres hausses de salaires au Japon, Reuters sur Le Figaro, le 15 mars 2017
  5. « Japon : Le patronat prône des augmentations salariales de 3% », Investir Les Echos,‎ (japon-le-patronat-prone-des-augmentations-salariales-de-3-1733942.php).
  6. Yann Rousseau, « Cette nuit en Asie : pourquoi Toyota ne cède que 10 euros de hausse de salaire à ses employés japonais », Les Echos,‎ (lire en ligne).