Sette e mezzo

soulèvement populaire à Palerme (1866)

Sette e mezzo
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Localisation Palerme
Date 16 au 22 septembre 1866
Revendications Anti-unitaire
Fréquentation 20000-40000 manifestants

Sette e mezzo (sept et demi) est le nom donné à un soulèvement qui s'est déroulé à Palerme, en .

Six ans après le vote en faveur de l'annexion de la Sicile au royaume de Sardaigne, ouvrant la naissance de l'Italie unifiée, des groupes armés provenant de Monreale, Bagheria et Misilmeri descendent sur Palerme dans la nuit du 15 au [1].

Les débuts, par son rassemblement organisé et ses objectifs précis, apparaissent organisés par la mafia, souhaitant plus montrer sa force que renverser le pouvoir[2]. Mêlant nostalgiques des Bourbons de Sicile, des ex-garibaldiens déçus de l'unification, bandits, le mouvement est grossi par le peuple de la ville[1]. Ainsi, 20000 à 40000 insurgés attaquent les bâtiments publics, pillent la résidence du maire, saccagent les tribunaux et détruisent les archives criminelles[3] après avoir vidé les arsenaux. Le lieutenant général Giacomo Carderina et le maire Antonio di Rudinì parviennent à empêcher les émeutiers à investir le Palais royal. La frégate à vapeur Tancredi vise les assaillants de la prison de l'Ucciardone pour éviter qu'ils ne libèrent les 2500 détenus[2].

Le retour au calme par le général Raffaele Cadorna et la garde nationale commandée par Gabriele Camozzi, et dans les rangs de laquelle combat le futur mafieux Antonino Giammona, prend sept jours et demi, ce qui donne le nom à la révolte, en référence au nom d'un jeu de carte populaire sur l'île[1].

L'enquête ne permettra pas d'identifier précisément les motivations de la révolte, mais l'opinion générale en fait un mouvement anti-unitaire[1]. La petite bourgeoisie pense que le gouvernement italien bloque son expansion et le peuple l'accuse de le maintenir dans la misère, les deux jugeant les dirigeants politiques comme des étrangers imposant leur loi à la Sicile[4].

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Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Jean-Yves Frétigné, Histoire de la Sicile : des origines à nos jours, Fayard / Pluriel, (ISBN 978-2-8185-0558-8 et 2-8185-0558-5), p. 331-332.
  2. a et b John Julius Norwich, Histoire de la Sicile : de l'Antiquité à Cosa Nostra, Paris, Tallandier, (ISBN 979-10-210-2876-0, OCLC 1038053850, lire en ligne), p. 407-409
  3. Pierre Milza, Histoire de l'Italie : Des origines à nos jours, Fayard, (ISBN 978-2-213-64034-1, lire en ligne).
  4. Michel Pigenet et Gilles Pécout, Campagnes et sociétés en Europe: France, Allemagne, Espagne, Italie, 1830-1930, Editions de l'Atelier, (ISBN 978-2-7082-3819-0, lire en ligne), p. 102