Sciences Po

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Sciences Po, fondé en 1872 par Émile Boutmy, est le nom usuel de l’Institut d'études politiques de Paris (IEP de Paris) un établissement d’enseignement supérieur et de recherche français dans le domaine des sciences humaines et sociales et des relations internationales.

Dans un sens plus large, l'abréviation Sciences Po désigne également les neuf autres Instituts d'études politiques situés dans de grandes villes provinciales.

Doté du statut de grand établissement, Sciences Po repose sur une gouvernance duale assurée par une fondation de droit privé et un établissement universitaire[1].

Sciences Po recrute ses étudiants dans le monde entier par le biais de diverses procédures d’admission, et propose :

  • une offre de formation initiale qui va du Collège universitaire (le premier cycle en trois ans) au doctorat, en passant par sa formation de niveau master proposée dans ses sept écoles professionnelles[2] ;
  • une offre de formation continue à destination des professionnels[3].

L'école est réputée pour la qualité de son enseignement et son exigence. Près de 73 % de ses diplômés travaillent dans le secteur privé, 8 % dans une organisation internationale ou au sein des institutions européennes et 19 % dans le secteur public[4], et pour des domaines variés : le conseil, le marketing et la communication, la finance, la comptabilité et la gestion administrative, les relations internationales et la sécurité[5]. Enfin, 34 % des diplômés travaillent à l'étranger.

Par ailleurs, Sciences Po demeure un fort marqueur à l'international en étant l'école française ayant le plus haut pourcentage d'étudiants étrangers parmi ces élèves admis (46 %).

Nom

« Sciences Po » désigne l’ensemble ayant succédé en 1945 à l’ancienne École libre des sciences politiques, un établissement privé d'enseignement supérieur fondé en 1872[6] et transformé en établissement public autonome géré par une fondation de droit privé reconnue d'utilité publique (la FNSP) en 1945[7]. Son surnom, Sciences Po, est attesté dans l'entre-deux-guerres.

Sciences Po est devenue une marque en 1988[8], déposée par la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) et reconnue comme telle par l'INPI.

Gouvernance

Le modèle de gouvernance de l'école est dual et s'organise autour de :

  • l’Institut d'études politiques de Paris (IEP Paris), établissement d'enseignement public ayant le statut de grand établissement. L'IEP de Paris a pour mission d'assurer une formation initiale et continue en sciences sociales visant à la compréhension du monde actuel. L’IEP de Paris est dirigé par un directeur et administré par un conseil. Le conseil de l'institut, le conseil scientifique et le conseil de la vie étudiante et de la formation participent à l’administration de l’Institut[9].
  • la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), fondation de droit privé ayant la responsabilité des grandes orientations stratégiques et de la gestion administrative et financière de Sciences Po. Elle est administrée par un conseil d'administration[10].

Campus

Sciences Po Paris est formé de sept campus, chacun spécialisé sur une aire géographique distincte du monde.

Le campus de Paris, situé Rue Saint-Guillaume et rue de l'Université dans le 7e arrondissement, accueille des étudiants de premier et second cycle, ainsi que des doctorants.

Les campus en région accueillent des étudiants du Collège universitaire (premier cycle), sont installés dans six villes de France. Chacun de ces campus a une spécialisation géographique :

  • le programme franco-allemand à Nancy,
  • le programme européen à Dijon,
  • le programme euro-latino-américain à Poitiers,
  • le programme Moyen-Orient-Méditerranée à Menton,
  • le programme Europe-Asie au Havre,
  • les programmes Europe-Amérique et Europe-Afrique sur le campus de Reims.

Sciences Po a réalisé le l’acquisition d’un nouveau site, l’hôtel de l’Artillerie situé place Saint-Thomas-d’Aquin[11], qui permet à l’institution d’annoncer un projet de refonte et de transformation de l’ensemble de son campus parisien[12].

Admission et formations

Le recrutement des élèves se fait par différentes procédures d'admission sélectives, permettant l'accès en première année, ou en quatrième année.

En première année : suite à la réforme impulsée par Frédéric Mion (directeur de Sciences Po) en 2019 pour s'accorder au calendrier de la plateforme Parcoursup, l'Institut a décidé de supprimer ses épreuves écrites pour les remplacer par une évaluation totale des dossiers scolaires (bulletins de première et terminale) qui constituent l'épreuve d'admissibilité, suivie d'un oral d'admission d'environ 20 minutes permettant d'évaluer la capacité réflexive, logique, ordonnée et culturelle de l'étudiant.

En quatrième année (admission master) : la procédure de sélectivité diffère légèrement selon la spécificité de chaque Master, et notamment pour les doubles-diplômes. L'évaluation sur dossiers et l'oral d'admission constituent néanmoins la majeure partie du concours pour l'entrée en Master à Sciences Po Paris.

En ce qui concerne les Sciences Po de Province, l'admission demeure tout aussi sélective (n'excédant jamais plus de 14 % de réussite) mais diffère légèrement selon chacun quant aux modalités de sélection. Ces derniers ont également entamé des réformes à l'issue de la prise de position de Paris :

- Sciences Po Bordeaux a décidé de s'aligner sur une identique sélection par rapport à l'IEP parisien pour l'entrée en première année.

- Le Réseau des 7 Sciences Po (concours organisé communément entre plusieurs Instituts) a décidé également d'engager une procédure sur dossiers prenant en compte les notes des spécialités choisies en première et terminale, et certaines du baccalauréat, sans néanmoins supprimer les épreuves écrites.

- Enfin, Sciences Po Grenoble ne s'est pas encore fixé sur une possible réforme de son examen d'entrée, et a par conséquent décidé de maintenir ses épreuves écrites sans développer une procédure sur dossiers pour les premières années.

Le réseau des IEP en Province

Le réseau des Instituts d’études politiques (IEP) se répartit dans plusieurs grandes villes de France, instituts fondés après 1945 sur le modèle de l’IEP de Paris[13]. L’appellation « Sciences Po » a été déposée en 2007 par l'IEP de Paris qui en tolère toutefois l'utilisation par les Instituts d'études politiques de province en précisant le nom de la ville pour les distinguer[14], par exemple « Sciences Po Lyon ». Ces IEP sont rattachés à des universités locales, (par exemple, l’IEP de Strasbourg est rattaché à l’Université de Strasbourg) :

Depuis 2012, Sciences Po Rennes a ouvert un campus délocalisé à Caen. Le campus de Caen propose des enseignements sur le développement durable, le dialogue territorial et les transitions sous un angle pluridisciplinaire (sciences politiques, droit, géographie, histoire). Il dispose également d'une spécialisation géographique avec un parcours ouvert sur l'Europe du Nord (pays Nordiques, Baltique, Arctique).

En 2017, Sciences Po Lyon a lui aussi ouvert un campus délocalisé à Saint-Étienne.

Autres établissements supérieurs francophones de science politiques


Ces autres établissements supérieurs francophones de science politiques, n'ont en revanche aucun lien avec les 10 IEP (Aix, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Paris, Rennes, Saint-Germain-en-Laye, Strasbourg et Toulouse) de France. Mis à part ces derniers établissements, aucun n'est en droit de porter le nom de "Sciences Po" en France, marque déposée par la FNSP (l'IEP parisien) et octroyé de droit aux 9 autres IEP de France créés par décret, en ajoutant le nom de la ville à la suite du terme "Sciences Po" (ex : Sciences Po Aix, Sciences Po Bordeaux, Sciences Po Lille...).

Autres utilisations

Notes et références

  1. Anne-Sophie Beauvais, Pascal Cauchy, Sciences Po pour les nuls, First, (ISBN 2412016690)
  2. Marion Senant, « Comment entrer à Sciences Po Paris après le bac? », Le Figaro Etudiant,‎ (lire en ligne, consulté le 26 mai 2017)
  3. Marie-Caroline Missir, « Frédéric Mion : “Sciences po a assaini sa situation financière” », Educpros.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 26 mai 2017)
  4. « Sciences Po : des diplômés très demandés », sur Sciences Po (consulté le 8 août 2017)
  5. Géraldine Dauvergne, « À quoi mène vraiment Sciences po », L'Etudiant,‎ (lire en ligne, consulté le 26 mai 2017)
  6. Hulot, Le 25e anniversaire de la fondation de l'École libre des sciences politiques, Paris, Paris : [s.n.], , 34 p. (lire en ligne)
  7. Pierre Rain, L'École libre des sciences politiques (1871-1945), Paris, Presses de la FNSP, (ISBN 978-2-7246-0033-9)
  8. « Origine garantie : Sciences Po Toulouse soigne sa marque », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 26 mai 2017)
  9. Décret n° 2016-24 du 18 janvier 2016 relatif à l'Institut d'études politiques de Paris, (lire en ligne)
  10. Décret n° 2015-1829 du 29 décembre 2015 portant approbation des statuts de la Fondation nationale des sciences politiques, (lire en ligne)
  11. Nathalie Brafman, « Sciences Po acquiert l’hôtel de l’artillerie pour créer son campus parisien », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 26 mai 2017)
  12. « L’hôtel de l’Artillerie va accueillir le futur campus de Sciences-po », leparisien.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 26 mai 2017)
  13. Sciences Po, FNSP 27 rue Saint Guillaume 75007 Paris, « Sciences Po Stories - L'histoire de Sciences Po : la frise, les récits, les portraits et la carte », sur Sciences Po stories (consulté le 26 mai 2017)
  14. « Les IEP s'entendent pour défendre la marque Sciences Po », sur sciencespo.fr,