Ruwallah
Description de l'image Men of the desert, near Tadmor, Syria.jpg.

Populations significatives par région
Autres
Langues Arabe bédouin
Religions Islam

Les Ruwallah (arabe : الرولة, singulier Ruweili/Ruwaili), également connus comme Roala, Ruwayla, Ruweilah ou Rwala[1], sont une grande et puissante tribu arabe du nord de l'Arabie et du désert de Syrie, incluant la Jordanie actuelle[1].

HistoireModifier

Durant la majeure partie de son histoire, cette tribu nomade accompagne des caravanes jusqu'aux zones marchandes de Syrie et d'Égypte[1]. La percée du canal de Suez leur fait perdre une grande partie de leur puissance économique, car leurs chameaux ne sont dès lors plus en demande[1]. Jusqu'à la démarcation des frontières du Moyen-Orient au début du XXe siècle, les Ruwallah étaient presque entièrement des guerriers centrés dans la région d'Al Jawf et de Wadi al-Sirhan, dans le nord de l'Arabie, bien que leurs territoires tribaux se soient étendus plus loin vers le sud, vers Al Qasim, et loin vers le nord, vers Damas. La tribu a toujours été rivale avec sa voisine les Chammar.

Les Ruwala prennent part à la Grande Révolte arabe de 1916-1918 contre les Ottomans pendant la Première Guerre mondiale, ils sont la dernière tribu en révolte à rejoindre ce conflit, et se déplacent depuis le désert de Syrie avec 5 000 à 6 000 tentes[2]. Nuri Sha'lan et ses troupes pillent Darʿā, sous le commandement de l'officier britannique Thomas Edward Lawrence, dit Lawrence d'Arabie[3].

Les Ruwallah de Syrie se tournent vers le nationalisme arabe après la chute de l'Empire ottoman, en soutenant les Hachémites et en s'opposant au protectorat français sur la région[4].

Les dirigeants de la tribu appartiennent à la maison de Sha'lan (ou Al-Sha'lan), et entretient des liens étroits avec le gouvernement libanais et la famille royale saoudienne.

ActivitésModifier

Historiquement, il s'agit d'une tribu d'éleveurs de chameaux[1]. Ils sont également éleveurs de chevaux arabes, conservant la connaissance des lignées via une tradition orale[5], et sont crédités de la sélection de la lignée du cheval Saglawi[6].

De nombreux membres de la tribu se sont sédentarisés ou vivent dans des zones urbaines en Arabie saoudite, en Jordanie et en Syrie.

Notes et référencesModifier

  1. a b c d et e Stokes 2009, p. 591.
  2. (en) Eliezer Tauber, The Arab Movements in World War I, Routledge, , 336 p. (ISBN 1135199787 et 9781135199784), p. 148.
  3. Barr 2008, p. 294.
  4. Muhammad Suwaed, Historical Dictionary of the Bedouins, Rowman & Littlefield, coll. « Historical Dictionaries of Peoples and Cultures », , 304 p. (ISBN 1442254513 et 9781442254510, lire en ligne), p. 219.
  5. (en) Samuel Sidney, The Book of the Horse, Cassell & Company, , 680 p., p. 21.
  6. (en) Erwin Adolf Piduch, Egypt's Arab Horses: History and Cultural Heritage, Kentauros-Verlag, , 285 p. (ISBN 3925069038 et 9783925069031), p. 47.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • [Barr 2008] (en) James Barr, Setting the Desert on Fire: T. E. Lawrence and Britain's Secret War in Arabia, 1916-1918, W. W. Norton & Company, , 400 p. (ISBN 0393070956 et 9780393070958)
  • [Lancaster 1997] (en) William Lancaster, The Rwala Bedouin Today, Waveland Press, coll. « Changing Cultures », (1re éd. 1981), 203 p. (ISBN 0881339431 et 9780881339437)
  • (en) E. Michael, Literature and Violence in Northern Arabia, Cambridge, Cambridge University Press,
  • [Musil 1978] (en) Alois Musil, The Manners and Customs of the Rwala Bedouins, New York, (1re éd. 1928), 712 p. (ISBN 0404602363 et 9780404602369, OCLC 3275283)
  • [Stokes 2009] (en) Jamie Stokes, Encyclopedia of the Peoples of Africa and the Middle East, Infobase Publishing, coll. « Facts On File library of world history », (ISBN 143812676X et 9781438126760), « Ruwallah »