Ritonavir

composé chimique

Ritonavir
Image illustrative de l’article Ritonavir
Identification
Nom UICPA N-[(2S,3S,5S)-3-hydroxy-5-[(2S)-3-méthyl-2-{[méthyl({[2-(propan-2-yl)-1,3-thiazol-4-yl]méthyl})carbamoyl]amino}butanamido]-1,6-diphénylhexan-2-yl]carbamate de 1,3-thiazol-5-ylméthyle
No CAS 155213-67-5
No ECHA 100.125.710
Code ATC J05AE03
DrugBank APRD00312
PubChem 392622
ChEBI 45409
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C37H48N6O5S2  [Isomères]
Masse molaire[1] 720,944 ± 0,046 g/mol
C 61,64 %, H 6,71 %, N 11,66 %, O 11,1 %, S 8,9 %,
Données pharmacocinétiques
Liaison protéique 98 à 99 %[réf. nécessaire]
Demi-vie d’élim. 3 à 5 heures[réf. nécessaire]
Excrétion

fécale

Considérations thérapeutiques
Voie d’administration orale, i.v.

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le ritonavir est un médicament antirétroviral, utilisé pour le traitement de l'infection par le VIH. C'est un inhibiteur de la protéase (IP). Cette molécule est commercialisée en France sous le nom de Norvir mais aussi, en association avec le lopinavir sous le nom de Kaletra. L'association est commercialisée dans certains pays sous le nom d'Aluvia.

Aujourd'hui le ritonavir est principalement prescrit non pas pour son action antivirale mais pour sa capacité à inhiber les enzymes qui éliminent d'autres inhibiteurs de la protéase, en qualité de booster. Cette inhibition mène à des concentrations plasmatiques plus élevées de ces dernières molécules, permettant au clinicien d'abaisser leur dose et fréquence et améliorant leur efficacité clinique[2].

PharmacocinétiqueModifier

Effets indésirablesModifier

Interactions médicamenteusesModifier

Le ritonavir est un inhibiteur des cytochromes P450 3A4 extrêmement puissant. Il en résulte une exposition, et donc une toxicité plus élevées des médicaments métabolisés et dégradés par le CYP 3A4 en temps normal.

C'est cette propriété qui est utilisée dans le traitement du VIH : les autres inhibiteurs de la protéase voient leur efficacité augmentée car le CYP 3A4, censé les métaboliser, est inhibé. Bien qu'étant initialement lui-même utilisé comme un inhibiteur de protéase, le ritonavir est aujourd'hui utilisé à des doses plus faibles, uniquement pour son action sur le CYP 3A4.

Lorsqu'il s'agit d'un pro-médicament, destiné à être transformé en métabolite actif par le CYP 3A4, il y a un risque de sous-exposition et donc d'inefficacité, laquelle pourra inciter le médecin à augmenter sa posologie.

Inversement, les autres molécules qui agissent sur le cytochrome 3A4 peuvent altérer le métabolisme du ritonavir et de l'inhibiteur de protéase qu'il accompagne, soit en diminuant soit en augmentant leurs concentrations plasmatiques, efficacité et toxicité.

Ces interactions peuvent survenir avec un grand nombre de médicaments mais aussi de substances naturelles, étant donné la participation du cytochrome 3A4 dans la métabolisation de très nombreuses molécules. On peut citer la rifampicine, le millepertuis, le jus et les boissons à base de pamplemousse, la carbamazépine.

DiversModifier

Le ritonavir fait partie de la liste des médicaments essentiels de l'Organisation mondiale de la santé (liste mise à jour en avril 2013)[3].

Notes et référencesModifier

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. Patrick Yéni, Prise en charge médicale des personnes infectées par le VIH : Recommandations du groupe d'experts, Ministère de la santé / Flammarion, , 412 p. (ISBN 978-2-2570-0062-0, lire en ligne), p. 41, Chapitre 5 "Traitement antirétroviral"
  3. WHO Model List of Essential Medicines, 18th list, avril 2013

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier