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« Religion athée » est une expression récente qui sert parfois à désigner un ensemble de rites, croyances, règles ou dogmes adoptés par un groupe ou une personne, sans relation avec des dieux ou divinités quelconques. Les religions athées sont assimilables à des formes de philosophies ou de spiritualités.

Sommaire

Différentes interprétationsModifier

Dans la littératureModifier

L'expression a été utilisée par plusieurs auteurs, par exemple pour définir l'œuvre d'Auguste Comte[1], ou encore pour définir le bouddhisme, comme l'a fait Henri Arvon dans son ouvrage consacré au sujet[2], voire dans certaines analyses de la pensée de Nietzsche[3], toujours dans le cadre d'une définition du bouddhisme.

Dans la sociologie des religionsModifier

Charles Norton Edgecumbe Eliot (en), diplomate britannique et érudit, cité par Bryan Wilson, disait du jaïnisme qu'il était une religion athée : « Le jaïnisme est athée et cet athéisme n’est ni une excuse, ni une polémique mais est plutôt accepté comme constituant une attitude religieuse naturelle[4],[5] ».

Dans le bouddhismeModifier

Le bouddhisme ne décrit pas de processus de création de l'univers comme dans la Bhagavad-Gîtâ ou le récit de la Genèse. Le principe de création, et donc de divinité créatrice, est tout à fait absent du bouddhisme pour qui la spiritualité est essentiellement immanente. C'est donc une religion sans dieu, « dieu » étant entendu dans sa définition théiste ou déiste de principe d'explication de la création de l'univers. Pour le Bouddhisme mahāyāna, chaque créature possède en germe la nature de Bouddha. En ce sens, il ne serait question, pour expliquer ce qui existe, d'avoir recours à un dieu créateur omnipotent et omniprésent.

Usage chez les raëliensModifier

Le terme a également été repris par les raëliens qui l'utilisent pour définir leurs croyances, notamment par le biais d'articles diffusés sur leur site[6]. Cet usage est critiqué par des associations athées[7],[8].

Vis-à-vis de l'athéismeModifier

Mais il est également utilisé de manière critique envers l'athéisme pour laisser entendre que les athées auraient de fait fondé leur propre religion[9], ou a contrario de façon positive, par Michel Onfray, pour définir un mode de vie recentré sur le plaisir[10]. En 1922, un ouvrage intitulé La religion de l'athée, de Jules Sageret était paru sur le sujet[11].

Par ailleurs, aux États-Unis, la cour d'appel fédérale a jugé en 2005 que des gardiens de prison avaient violé les droits d'un détenu du nom de Kaufman en ne reconnaissant pas sa vision de l'athéisme comme une religion. Le détenu souhaitait tenir des « groupes d'étude », ce qui ne lui était autorisé que si son groupe était animé dans un cadre religieux[12]. La cour concluait que son groupe d'étude était « religieux par nature » malgré son rejet d'une croyance en « un être suprême », et que la forme d'athéisme du détenu devait être considérée comme une religion.

RéférencesModifier

  1. Accessible sur Google Books.
  2. Sur le bouddhisme, consulté le 18 février 2009.
  3. Ouvrage de Alphonse Vanderheyde.
  4. Article de Bryan Wilson.
  5. Sir Charles Eliot, Hinduism and Buddhism — An historical sketch, vol. I, Routledge & Kegan Paul Ltd., Broadway House, 68-74 Carter Lane, London, E.C.4. First published 1921 reprinted 1954 reprinted 1957 reprinted 1962 printed in Great Britain By Lund Humphries London, Bradford en ligne sur gutenberg.org.
  6. « Rael religion athee ».
  7. « Croire ou ne pas croire ».
  8. Interview de Raël par Karl Zéro — site Prevensectes.
  9. René Rémond, historien et académicien, déclare dans Le Monde en 2005 « Le philosophe a pris la tête d'une nouvelle religion : l'athéisme, dont il voudrait que l'État se fasse le propagateur. Une position « aux antipodes de la laïcité »[1].
  10. Dans plusieurs de ses ouvrages, le mot est repris, notamment dans Jardins épicuriens.
  11. Jules Sageret Payot, La religion de l'athée, 1922.
  12. « Atheism 101 : introduction to atheism and atheists ».

Voir aussiModifier