Regrets sur ma vieille robe de chambre

Regrets sur ma vieille robe de chambre
Image illustrative de l’article Regrets sur ma vieille robe de chambre
Édition princeps

Auteur Denis Diderot
Pays Drapeau de la France France
Genre Essai
Date de parution 1772

Regrets sur ma vieille robe de chambre ou Avis à ceux qui ont plus de goût que de fortune est un essai rédigé par Denis Diderot en 1768 et inséré l’année suivante dans la Correspondance littéraire.

ÉditionModifier

Il fut publié en volume in-8° en 1772 sans l'accord de l'auteur par Friedrich Dominicus Ring, sans indication de lieu. La préface de l'éditeur mentionne qu'il a reçu le manuscrit et l'a fait éditer, sans autre précision, or Diderot ne connaissant pas Friedrich Ring, ne pouvait le lui avoir envoyé.

Friedrich Ring est un intellectuel allemand né le 24 mai 1726 à Strasbourg, proche des milieux aristocratiques allemands russes et français, qui aurait pu se procurer le manuscrit de Diderot par l'un des destinataires de la Correspondance littéraire[1].

ContenuModifier

L’écrivain avait rendu un service signalé à Marie-Thérèse Geoffrin, fameuse par le salon littéraire qu’elle tint avec tant de distinction. Pour lui témoigner sa reconnaissance, elle fit un jour déménager tous les pauvres meubles du philosophe et les remplaça par d’autres qui, quoique plus beaux et meilleurs, ne méritaient pas cependant, parait-il, un éloge si pompeux. Le lecteur remarquera une admirable appréciation du talent du peintre Vernet. Le texte a parfois été considéré comme une introduction au Salon de 1769.

À plus grande échelle, ce petit texte, écrit sur un ton ironique, est prétexte à une réflexion douce-amère sur le destin des philosophes face à la prospérité et les compromis auxquels l’intellectuel vieillissant peut, l’âge aidant, se laisser aller : « Mes amis, gardez vos vieux amis. Mes amis, craignez l’atteinte de la richesse. Que mon exemple vous instruise. La pauvreté a ses franchises ; l’opulence a sa gêne ».

BibliographieModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) Jane B. McLelland, « Changing His Image: Diderot, Vernet and the Old Dressing Gown », Diderot Studies, 1988, n° 23, p. 129-41.
  • (en) Katie Scott, « The Philosopher’s Room: Diderot’s Regrets on Parting with My Old Dressing Gown », Oxford Art Journal, Volume 39, Issue 2 (2016), pp. 185-216.
  • François Moureau, « Friedrich Dominicus Ring, éditeur de Diderot », Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie, Apr. 1994, n° 16, p. 113-23.
  • Samuel Sadaune, « L’Ouverture excentrique du Salon de 1769 ou portrait du Philosophe en robe de chambre », Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie, oct. 2003, n° 35, p. 7-23.
  • (en) Stephen Werner, « Irony and the Essay: Diderot’s Regrets sur ma vieille robe de chambre », Diderot: Digression and Dispersion: A Bicentennial Tribute, Jack Undank et Herbert Josephs, Éds., Lexington, French Forum, 1984, p. 269-77.

Traduction en anglaisModifier

  • Denis Diderot's Regrets on Parting with My Old Dressing Gown, translated by Kate Tunstall and Katie Scott, Oxford Art Journal, Volume 39, Issue 2 (2016), pp. 175-184.

Liens externesModifier

Texte en ligne :

Notes et référencesModifier

  1. François Moureau, Persée, « Friedrich Dominicus Ring, éditeur de Diderot », Recherche sur Diderot et sur l'Encyclopédie, N°16,‎ (lire en ligne)