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L'expression extinction du Crétacé désigne l'extinction des dinosaures, à l'exception des oiseaux, à la fin du Crétacé, il y a 65 millions d'années environ. Ce sujet passionne le grand public et les spécialistes depuis des décennies

Il s'avère aujourd'hui que cette extinction n'a pas touché que les dinosaures, mais aussi une grande proportion d'espèces animales et végétales de l'époque.

Pour expliquer cette disparition, diverses théories ont été proposées. La majorité des paléontologues s'entendent pour dire que cette extinction de masse est due à une conjonction de ces facteurs:


Régression marine


Il semble que l’époque ait été marquée par un recul des océans. Il est donc supposé que ce recul a entraîné des modifications climatiques de grande envergure, qui ont provoqué la disparition des groupes sus-mentionnés.

Si cette hypothèse est la bonne, on doit donc assister à un déclin progressif des espèces concernées dans les derniers millions d’années avant la fin du crétacé.

Compte tenu du manque de données sur une courte période, il est difficile de trancher quant à l’évolution des populations animales et végétales sur quelques millions d’années seulement. Il semble cependant, en particulier en Amérique du nord, qu’existaient encore de vastes communautés Dinosauriennes peu de temps avant la fin du Crétacé. Une modification de ces faunes semble cependant s’opérer à cette période. Un changement climatique a donc peut-être bien eu lieu.


Volcans du Deccan

Article détaillé : Trapps du Deccan.

On a constaté qu’à peu près à la fin du Crétacé, d’énormes éruptions volcaniques ont eu lieu, sur une période estimée à 500 000 années, dans le Deccan, dans l’ouest de l'Inde actuelle.

On a en effet retrouvé des couches de lave gigantesques dans cette région (Trapps du Deccan) : il peut y avoir jusqu'à 2 400 mètres d'épaisseur de basalte, et la surface actuellement couverte dépasse les 500 000 km² (à partir d'une surface originelle sans doute supérieure à 1 500 000 km²).

Les simulations informatiques sur les effets de ces éruptions indiquent que les quantités de poussières, de cendres et de gaz carbonique (CO2) rejetées auraient pu avoir un effet climatique très perturbant pour les écosystèmes.

Néanmoins, comme pour toute simulation, il reste d’importantes incertitudes sur les effets environnementaux exacts de ce phénomène.


Météorite de Chicxulub

Article détaillé : Cratère de Chicxulub.

Vue d'artiste d'une chute de météorite

Dans les années 1980, il fut remarqué que dans certaines couches géologiques, on notait une couche d'argile noire de quelques centimètres d'épaisseur entre les strates du Crétacé et du Tertiaire. On parle d’elle sous le nom de limite Crétacé-Tertiaire (appelée aussi limite CT ou KT). Cette limite géologique, bien visible en certains points du globe, présente un taux anormal d'iridium. Celui-ci est rare sur Terre, mais est plus abondant dans certaines météorites. On a alors émis la théorie de la chute d’une météorite à cette période.

À la même époque, les scientifiques commençaient à réfléchir à la notion d’ « hiver nucléaire » : un hiver mondial de plusieurs années que provoquerait un échange de centaines d’armes nucléaires projetant des millions de tonnes de poussières dans l’atmosphère, et la refroidissant par une sorte de nuit artificielle. Par extension, le physicien américain Luis Walter Alvarez et son fils, le géologue Walter Alvarez, ont émis l’hypothèse d’un « hiver d’impact », aux effets similaires, provoqué par la chute de la météorite.

Mais le cratère de cette hypothétique météorite restait à être découvert. Quelques années plus tard, on découvrit le cratère de Chicxulub, au Mexique. Dans l’intervalle, de nombreuses autres traces de cet impact ont été découvertes, comme des quartz « choqués » (portant la marque d’un choc énorme). G. Keller a affirmé en 2007 que 300 000 ans sépareraient l'extinction des dinosaures de la chute de cette météorite gigantesque. Les études plus récentes indiquent une bonne concordance des dates.


Synthèse


Aujourd’hui, l’existence de la météorite de Chicxulub et le caractère cataclysmique de son impact font consensus dans la communauté scientifique. Mais son influence exacte dans l'extinction des dinosaures et des autres groupes disparus de la fin du Crétacé fait toujours débat :

  • rôle marginal, donnant le coup de grâce à une faune et une flore affaiblie par la régression marine et la « pollution » des volcans du Dekkan
  • rôle partiel, mélangé avec ces mêmes causes
  • rôle dominant ou exclusif.

La difficulté à trancher de façon définitive vient de l’impossibilité actuelle de définir un biotope sur quelques milliers ou même millions d’années de façon très précise. Seule cette précision permettrait de dire si les groupes d’espèces ont disparu en quelques jours (ce qui appuierait la thèse de la météorite comme cause dominante), ou en quelques centaines de milliers d’années (ce qui ferait plutôt pencher pour les trapps du Dekkan, ou pour un mixte Dekkan, régression marine et météorite).