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Le pilier ou rdo-ring de Shöl Lhassa en 1993.

Le pilier ou rdo-ring de Shöl à Lhassa, aussi connu sous le nom de doring chima (« pilier extérieur » [1],[2]), se dresse devant l'entrée sud de l'ancien village de Shöl, au pied du palais du Potala[3]. Érigé aux environs de 764, ou « tout juste un peu plus tard »[4], il porte les inscriptions les plus anciennes en tibétain connues à ce jour[5],[6]. Elles correspondent au tibétain ancien[7].

HistoriqueModifier

Le monument relate des campagnes tibétaines contre la Chine, dont le point culminant fut la capture de la capitale chinoise de Chang'an, aujourd'hui Xi'an, en 763[8], durant laquelle les Tibétains installèrent temporairement un empereur, parent de la princesse Jincheng Gongzhu (Kim-sheng Kong Co), épouse chinoise du père de Trisong Detsen, Tridé Tsuktsen[9],[10].

« Le roi Trisong Detsen est un homme sage et profond. La qualité de ses conseillers est reconnue, et ce qu’il fait pour le royaume est parfaitement réussi. Il a conquis et tient en son pouvoir beaucoup de provinces et forteresses chinoises. L’empereur chinois, Hehu Ki Wang (Daizong) et ses ministres ont été terrifiés. Ils ont offert un tribut annuel perpétuel de 50 000 rouleaux de soie et la Chine a été obligée de s’en acquitter. »

Changement d'implantationModifier

En 1982, Heinrich Harrer signale dans son ouvrage Retour au Tibet que le Pilier de Shöl se dressait initialement devant le palais du Potala mais qu'il a été déplacé et qu'un mur dissimule les textes gravés présentant l'histoire du Tibet »[11].

Le pilier se trouve actuellement de l'autre côté de la rue, sur la place du Potala[12].

GalerieModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Victor Chan, Tibet: guide du pèlerin, Éditions Olizane, 1998, (ISBN 2880862175), p. 211.
  2. (en) Knud Larsen et Amund Sinding-Larsen, The Lhasa Atlas: Traditional Tibetan Architecture and Landscape, Shambhala Books, Boston, 2001, p. 78.
  3. (en) Larsen et Sinding-Larsen (2001), p. 78.
  4. (en) Hugh E. Richardson, A Corpus of Early Tibetan Inscriptions, (1985), (ISBN 0947593004) p. 2 : « I suggest, therefore, a date around 764 A.D. or only a little later. »
  5. Nicolas Tournadre, L'ergativité en tibétain: approche morphosyntaxique, Peeters Publishers, 1996, 393 pages, p. 366.
  6. (en) Florian Coulmas, « Tibetan writing », Blackwell Reference Online, (consulté le 6 mars 2012)
  7. (en) John D. Bengtson, In Hot Pursuit of Language in Prehistory, p. 429
  8. (en) David Snellgrove et Hugh Richardson, A Cultural History of Tibet, 1995 edition with new material, Shambhala, Boston & London, (ISBN 1-57062-102-0), p. 91.
  9. (en) Hugh E. Richardson, Tibet & Its History, second edition, revised and updated, Shambhala Publications, Boston, 1984, (ISBN 0-87773-376-7), p. 30.
  10. (en) Christopher I. Beckwith, The Tibetan Empire in Central Asia, Princeton University Press, Princeton, New Jersey, 1987, (ISBN 0-691-02469-3), p. 148.
  11. Heinrich Harrer, Retour au Tibet, Arthaud, 1985, p. 40 et photographie p. 38.
  12. Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Petit Futé : Visite du Tibet, 2010-2011, p. 684 : « La colonne Shöl, érigée en 764, face au Potala, par un général de Tsongkhapa, se trouve à présent de l'autre côté de la route, sur la place. »

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Voir aussiModifier

(en) Guntram Hazod, Wandering Monuments: The Discovery of the Place of Origin of the Shöl Stele of Lhasa (Monuments itinérants : La découverte du lieu d'origine de la stèle Shöl de Lhassa), 2010, Hongkong : Pacific Magazines Hong Kong : Orientations Magazine (ISSN 0030-5448), vol. 41, no3, pp. 31-36,