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Olivier Dollfus
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Olivier Dollfus, né le à Paris et mort le , est un géographe français.

Il est d'abord un géographe spécialisé dans la géomorphologie. Il s'intéresse ensuite progressivement au « système-monde », qu'il théorise dans le cadre de son étude du phénomène de la mondialisation (il développe aussi le concept d'archipel mégalopolitain mondial). Il collabore avec de nombreux spécialistes d'autres disciplines telle que l'agronomie, rendant ainsi son œuvre très large.

Sommaire

CarrièreModifier

Avant de commencer sa carrière en tant que professeur et chercheur, il entreprend des études qui le conduisent à être agrégé de géographie. Il poursuit ensuite sur une thèse à propos des massifs montagneux des Andes. Il dirige par la suite, l'Institut Français d'Études Andines à Lima (Pérou).

Professeur à la Sorbonne en 1967, il est l'un des membres fondateurs de l'université Paris VII - Diderot en 1970. Il reste fidèle à ce pôle universitaire multidisciplinaire jusqu'à son décès, en tant que professeur émérite.

N'abandonnant jamais vraiment ses massifs montagneux, Olivier Dollfus se passionne depuis le début des années 1980 pour l'interdisciplinarité universitaire. Cette approche lui permet de proposer, le premier, une vision globale du monde, le fameux « Système Monde », il introduit aussi le concept d'archipel mégalopolitain mondial. Fernand Braudel avait décrit les « économies monde », mais il laissait de côté toutes sortes d'aspects et de territoires. Dollfus intègre tout ; c'est une approche « systémique ».

Parmi ses travaux, citons L'Espace géographique (1970) dont le titre est repris par la revue universitaire créée en 1972 où s'exprime toute la nouvelle vague de la géographie française, Roger Brunet au premier chef. Dollfus collabore activement avec Brunet ; ils cosignent notamment en 1990 l'important ouvrage « Mondes nouveaux ».

Dans l'ouvrage Géographes, génération 1930, à propos de Roger Brunet, Paul Claval, Olivier Dollfus, François Durand-Dastès, Armand Frémont, Fernand Verger, paru en 2009, on trouvera une mise en perspective de sa vie professionnelle au sein des collègues proches de la revue Espace géographique, ainsi qu'une réflexion de sa part sur deux « maîtres » qui furent ses amis, Jean Dresch et Pierre Gourou.

En 1984, il fonde avec Michel Vernières et Michel Beaud le GEMDEV pour répondre aux besoins de discussion entre disciplines scientifiques et d'adopter une démarche comparative dans un contexte de mondialisation.

Étude de la mondialisationModifier

Ce géographe introduit rapidement de nouveaux concepts géographiques à l'usage principalement d'un public restreint. On relève entre autres ses apports à la notion complexe de mondialisation au travers de termes simples. Ceux-ci permettent ainsi d'approcher davantage les contours souvent mal connus de ce processus et aussi les vastes enjeux qu'elle vise.

Tout d'abord, comme beaucoup d'autres auteurs, il insiste sur le fait que cette notion est souvent qualifiée de « bouc émissaire » car elle tend à expliquer des réalités mal connues. Pour sa part, il la fait correspondre simplement à l'échange généralisé entre les différentes parties du monde. Néanmoins, sa définition complète est quelque peu plus complexe. Il ajoute à cela qu'elle est marquée par l'importance de la vitesse de circulation notamment de l'information. Ensuite, il explique, comme l'a formulé Paul Valéry, que la mondialisation, comme nous la connaissons surtout depuis l'après Seconde Guerre mondiale, marque l'Histoire de l'Humanité, et que « le temps du monde fini commence » (publié dans la revue Actuelle). Il précise en outre qu'il y a un changement majeur de la perception du monde lié à cette mondialisation. Par exemple, on a tendance à penser que les éléments du passé pèsent et conditionnent en partie la situation actuelle et future et expriment une certaine « viscosité géographique des lieux ».

L'auteur tient à préciser l'importance du défi que représentent à ses yeux les distances entre les lieux dans ce cadre de la mondialisation.

D'autre part, l'auteur sépare très distinctement deux catégories dans l'organisation des activités, et même à l'échelle de l'individu, le local et le global. La première concerne la réalité quotidienne des individus, alors que la seconde, qui englobe tout, c'est-à-dire l'ensemble du marché mondialisé qui est formé non pas d'un ensemble homogène mais de plusieurs plus ou moins gros marchés hétérogènes. Ainsi, il existerait différentes règles et modalités qui permettraient à ces marchés de fonctionner ensemble, d'où le développement de la mondialisation.

Cependant, malgré des avantages, l'auteur souligne fermement qu'il s'agit d'une pratique qui comporte des dangers. On relève par exemple tout ce qui touche à la place de l’État. Qui plus est, on voit qu'il accorde également de l'importance à la question de la possibilité de pouvoir nourrir (en considérant l'augmentation de la population).

L'auteur et son œuvre dans la littératureModifier

Dans la Préface de la 3e édition de La Mondialisation, d'Olivier Dollfus, le géographe Jacques Lévy décrit ce travail comme une introduction à un nouveau mode de pensée qui rend désormais possible une intelligence concrète et conceptuelle du phénomène très complexe de mondialisation. Il reconnait dès lors à l'inventeur, dès 1984, du « système-monde », son caractère novateur. De plus, il le place dans cette préface non pas seulement comme passif face à la science qu'est la géographie mais comme étant actif dans ce domaine qui ne cesse d'évoluer.

L'ouvrage La Vie Scientifique : Olivier Dollfus : un homme tout terrain, constitue à ce titre une collaboration en son honneur, à laquelle prend part Jean Bourliaud, qui souligne le rôle important qu'a mené Olivier Dollfus pour la science géographique.

ŒuvresModifier

  • (1968), Le Pérou, Que sais-je?, PUF
  • (1970), L'espace géographique, Que sais-je?, PUF.
  • (1981), El reto del espacio andino, Lima, Instituto de Estudios Peruanos.
  • (1984), Le système monde. Proposition pour une étude de géographie, Actes du Géopoint. Systèmes et localisations, Université d'Avignon, 1984, pp. 231–240.
  • (1990), Système Monde, 2e partie de Géographie universelle Tome 1 (signé R. Brunet et O. Dollfus), Belin, Paris.
  • (1993), État des savoirs sur le développement. Trois décennies de sciences sociales en langue française (articles de C. Choquet, Olivier Dollfus, E. Le Roy et M. Vernières, Philippe Marchesin, Paris, Karthala.(fr)
  • (2007), La mondialisation, Presses de Sciences Po, 3e édition.

Liens externesModifier